Immobilier : les jeunes et les retraités ont mieux résisté à la baisse des ventes

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L'année 2012 a été marquée par l'appétit décroissant des investisseurs privés dans l'immobilier. Les moins de 30 ans, les employés-ouvriers et les retraités ont de leur côté mieux "résisté" que le marché, selon l'agence immobilière Century 21.

Si les transactions dans l?immobilier ont globalement reculé de 25% en 2012 par rapport à 2011, certaines catégories de la population ont mieux résisté que d?autres. En premier lieu, les employés et les ouvriers qui sont "davantage des primo accédants achetant dans le but de se loger" indique Laurent Vimont, le président du réseau d?agences immobilières Century 21. Les acquisitions des employés-ouvriers ont ainsi moins baissé que les autres catégories socioprofessionnelles : ils ont fait 40% des acquisitions en France contre moins de 39,50% en 2011.
Dans un marché en berne de 200 000 transactions, le nombre d?acquisitions des employés et ouvriers a corroboré, par sa relative résilience, la place croissante prise par les acquisitions de résidences principales en France. Elles représentent aujourd?hui 68,8% des acquisitions, soit 1,6% de plus qu?en 2011.

Les jeunes bénéficient de la réduction annoncée de l?abattement sur donations

Plus surprenant, les jeunes de moins de 30 ans ont représenté 19,5% des acquisitions en 2012, contre 18,75% en 2011. Ils ont en effet "acheté pour profiter des taux de crédits bas", estime Laurent Vimont. Eux qui ont mécaniquement plus de temps que les autres catégories pour étaler les mensualités de leurs prêts. Autre raison, elle très conjoncturelle. Les plus chanceux d?entre eux ont en fait été aidés par leurs parents, qui de peur de voir l?annonce de François Hollande, début 2012, de réduire le plafond de la donation en franchise de 159 325 euros à 100 000 euros se réaliser, ont enrichi leur descendance.

Les retraités qui achètent comptant

A l?autre bout de la pyramide d?âge, les retraités ont logiquement, pour une partie d?entre eux, continué leur petit bonhomme de chemin sans être davantage affectés par la conjoncture. Ce, après une vie passée à amasser un patrimoine et des revenus. "Ils achètent parfois comptant pour leur usage personnel", constate Laurent Vimont. Dans des agglomérations comme Paris, les plus de 70 ans ont même pu vendre, et ainsi "réaliser des plus-values convenables ensuite réinvesties en cash dans des logements plus petits et mieux adaptés à leur besoins", explique le président de Century 21.

Les investisseurs victimes du contexte ambiant

Mais les grands perdants de l?année 2012, et probablement de 2013, sont les investisseurs privés qui réalisent des acquisitions à titre de placement. Leur part n?est plus que de 17,3% des acquisitions en France, en recul de 5,2% par rapport à 2011.  Tous ces investisseurs, qu?ils soient ouvriers, cadres supérieurs ou retraités, ont perdu l?appétit en 2012. Refroidis par "les annonces sur la taxation des plus-values immobilières, la fin du Scellier et la disparition du PTZ plus dans l?ancien". En plus des raisons fiscales, les investisseurs ont subi en 2012 "le climat un peu délétère qui s?est institué contre des gens ayant un peu d?argent et qui essaient de le conserver ; et contre des bailleurs souvent taxés d?exploiteurs", remarque Laurent Vimont. "Autant d?arguments qui peuvent refroidir les bonnes volontés", ajoute-t-il.
Ce qu?il regrette car, à sons sens, "beaucoup d?investisseurs occasionnels mettent en location". Le logement locatif a du coup pris du plomb dans l?aile. Avec 100 000 logements en moins en 2012, selon le réseau, répartis également entre l?ancien et le neuf.

Pas d'amélioration en 2013

En 2013, Century 21 ne prévoit guère d?améliorations. D?abord car le nouveau dispositif Duflot qui remplace le Scellier est "beaucoup moins intéressant car il implique de louer à 20% en dessous du marché et à la tranche de population la moins aisée, soit les gens qui par leurs revenus peuvent le plus difficilement garantir les paiements des loyers". Et ensuite car les placements en bourse semblent partis pour se redresser en 2013, "ce qui va attirer vers les marchés actions des investisseurs aujourd?hui réfugiés dans l?immobilier", redoute Laurent Vimont.

 

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a écrit le 15/01/2013 à 21:59 :
Pourquoi l'état ne veut pas prendre en compte le coefficient d'érosion monétaire Regardez 1 FF en 1970 c'est 1 euros donc 6,5 fois plus pour faire zéro de plus value. dans mon quartier Kaufman & broad vendait 100 000 FF ses maisons neuves elles se revendent a ce jour 350 K? au lieu de 100K? Imaginez celui qui en a acheté 2 dont 1 pour se loger elles sont finit de payer depuis 1990 (prêt de 20 ans) et plus de plus value
a écrit le 15/01/2013 à 16:23 :
L'achat d'un logement par les moins de 30 ans est un point positif. Il en va de même pour la catégorie "employés/ouvriers".
En revanche, la frilosité des investisseurs n'augure rien de bon pour l'avenir. Ce détournement est effectivement lié à un climat délétère entretenu par nos politiques à l'encontre des bailleurs privés. A ce climat défavorable s'ajoute les débordements de la fiscalité de l'état (dont la part due aux prélèvements sociaux) et des collectivités locales.
Il faut craindre une pénurie de logements destinés au marché locatif dans les 4 ou 5 années qui viennent avec son corollaire : une hausse du prix de la pierre ( logements et loyers) dont les classes moyennes et les jeunes seront les victimes....
Réponse de le 15/01/2013 à 17:03 :
Craindre une hausse des prix au vu de ce qu'on a pu prendre ces 10 dernières années ? Et le fric on le trouve où ? On demande à la banque de nous prêter sur trois générations ? On restreint nos exigences et on s'entasse à 4 enfants compris dans l'équivalent d'un WC ? Mieux : on distribue des planches à billets à l'ensemble de la population pour pouvoir soutenir la hausse des prix ! Et sinon, faire le lien entre niveau d'éducation économique, accès à l'information et CSP, ça vous dirait pas ?
Réponse de le 15/01/2013 à 19:03 :
Mais oui,c'est cela, vous rêvez tout éveillé...
La ralité c'est que la chute de l'immobilier qui a débuté réellement en 2007-2008 (avant que l'ami nico déverse nos impôts pour soutenir pros et rentiers), a repris mi 2011 ( plus de cartouches). Sous les socialistes, cela prend de l'ampleur, mais cela aurait été identique sous un gvt de droite, comprenez vous : y a plus d'argent.
Y a plus d'argent pour soutenir une hérésie économique qu'est l'immobilier cher.
Y a plus d'argent dans la poche des primo pour continuer le ponzi immo.
Y a plus d'argent pour les secundo qui veulent faire la bascule.
Les gens aisés riches et investisseurs qui sont dans bien des cas des personnes avisés sortent du jeu en essayant de récupérer leurs mises avec le moins de pertes.
C'est comme à la bourse, comprenez vous, il y a hausse, puis baisse. Une hausse ininterrompue comme vous l'imaginez ( vers l'infini et au delà) cela n?existe pas.
Comme cette soit disant stagnation qu'essaient de nous vendre les sympathiques notaires.
L'immo comme à la bourse, cela prend toujours une tendance, à la hausse ou à la baisse.
Aujourd'hui, la hausse de l'immo est derrière nous.
Réponse de le 15/01/2013 à 21:31 :
1980 revente 1990 Plus value idem en 2000 idem en 2010 en 1980 la hausse était aussi derrière nous Tous ceux qui ont revendu trop vite et trop tôt entre temps ont perdu de l'argent
a écrit le 15/01/2013 à 16:05 :
"Mais les grands perdants de l?année 2012, et probablement de 2013, sont les investisseurs privés"
Faux : ce sont les grands gagnants car ils se dégagent d'un secteur qui va perdre en valeur.
Augmenter sa part n'est pas forcément signe de gain. La preuve, les catégories les moins informées (jeunes, ouvriers/employés) voient leur part augmenter car les catégories informées et éduquées (cadres, investisseurs) se tiennent à l'écart de l'immobilier pour ne pas perdre lors de l'éclatement de la bulle.
a écrit le 15/01/2013 à 9:36 :
"Les acquisitions des employés-ouvriers ont ainsi moins baissé que les autres catégories socioprofessionnelles" : ils se sont endettés à vie pour des biens de médiocre qualité ... attention à l'orthographe !
a écrit le 15/01/2013 à 8:18 :
L'analyse qualitative que peuvent faire ces grands réseaux d'agence confirme ce que tout un chacun ressent : achètent ou revendent ceux qui ont un vrai besoin, en résidences principales, au détriment de l'immobilier de loisirs et surtout de l'immobilier locatif dont le plongeon dans une grave crise de l'offre s'accélère.
Réponse de le 15/01/2013 à 14:44 :
Cela révèle surtout ce que l'on se tue à répéter : "Dans des agglomérations comme Paris, les plus de 70 ans ont même pu vendre, et ainsi "réaliser des plus-values convenables ensuite réinvesties en cash dans des logements plus petits et mieux adaptés à leur besoins"...Donc il y a TRANSFERT DE RICHESSE des jeunes vers les plus âgés. La Classe, la grande classe pour un pays d'avenir !
a écrit le 15/01/2013 à 1:21 :
"Les investisseurs victiment du contexte ambiant "
a écrit le 14/01/2013 à 23:46 :
Que pensez vous de la grammaire du sous titre suivant : "Les investisseurs victiment du contexte ambiant " ??? Moi, ça me choque profondément.
a écrit le 14/01/2013 à 22:50 :
que de fautes dans cet article sans fond...
Réponse de le 15/01/2013 à 10:46 :
Article écrit sous les bombes au Mali

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