Immobilier : la reprise de la construction est-elle solide ?

 |   |  604  mots
Les chiffres des mises en chantier publiés par le ministère du Logement ce mardi montrent une progression par rapport à l’année précédente. Une bonne nouvelle qui pourrait n’être qu’éphémère car les permis de construire accordés, eux, chutent…

Après l'annonce d'une reprise de la croissance par l'Insee pour le deuxième trimestre 2013 de 0,5%, plusieurs indicateurs clés de l'activité sont scrutés dans l'optique d'une reprise économique pérenne.
Parmi eux, l'indice de construction de logements a été plutôt bon en juillet : les mises en chantier de logements neufs en France ont en effet progressé de 5,9% sur un an entre mai et juillet à 75.081 unités, selon les statistiques du ministère du Logement publiées ce mardi. Elles progressent cependant moins vite qu'au deuxième trimestre, lors duquel la hausse avait atteint 9,0% par rapport au même trimestre de 2012 à 75.901 unités.
Cette croissance des mises en chantier découle notamment de la hausse des permis de construire constatée à la fin de l'année 2012 et au début 2013, avec notamment 113.356 permis accordés au premier trimestre 2013, soit 5,6% de plus qu'au premier trimestre 2012. Selon la Fédération française du bâtiment (FFB), les intempéries du début d'année ont également massivement différé les mises en chantier de quelques mois, ce qui a fait gonfler les chiffres entre avril et juillet.

Une reprise éphémère ?

La reprise des mises en chantier pourrait cependant n'être qu'éphémère. Le nombre de permis de construire accordés -qui représentent potentiellement les futures mises en chantier- a en effet accentué son recul entre mai et juillet 2013 par rapport aux mêmes mois de l'année précédente, soit une baisse de 22,9% à 89.218 unités. Ceci ne laisse rien augurer de bon pour les mises en chantier à venir.
La FFB tempère cependant ces chiffres, estimant qu'ils sont juste révélateurs d'un retour à la normale : "ces dernières années, les permis de construire accordés n'ont pas diminué, alors que les mises en chantiers elles reculaient", indique la Fédération. En 2011 par exemple, 125.000 permis de construire de plus que de mises en chantier ont été accordés. Beaucoup de projets n'ont en fait finalement pas vu le jour.
La faute principalement à des promoteurs qui avaient encore l'espoir d'une sortie de crise et qui lançaient massivement des programmes. Mais la crise durant et faisant fuir les acheteurs, beaucoup de projets ont été abandonnés. Désormais, les promoteurs semblent avoir compris le message. Face au recul des ventes, "il est logique que les promoteurs constructeurs réduisent leurs nouveaux programmes de construction", estime Olivier Eluere, au Crédit Agricole.

330.000 mises en chantier en 2013 selon la Fédération française du bâtiment

Il ne faut donc pas tirer de conclusion hâtive sur les futures mises en chantier à partir des chiffres des permis de construire, estime la FFB, qui prévoit d'ailleurs une année 2013 moins pire qu'imaginée, avec 330.000 mises en chantier contre 315.000 initialement prévues.
Ces niveaux restent tout de même bien inférieurs à ceux constatés ces dernières années. "La reprise de l'immobilier n'est pas pour demain", résume Benoît Heitz, économiste à la Société Générale, pour qui les chiffres du ministère publiés ce mardi dressent un tableau "cohérent avec l'environnement économique et le secteur du logement neuf qui a décroché début 2012".
Si le chômage persiste, "il y a des chances pour que ça reste mal orienté encore quelques trimestres", prédit-il. "Quand les perspectives d'emploi ne sont pas bonnes, les gens n'ont pas forcément envie de s'endetter, et s'ils ont envie de s'endetter, les banques n'ont pas forcément envie de leur prêter s'ils ne sont pas dans une situation très stable", explique l'analyste.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/08/2013 à 17:12 :
Une collègue de travail voulait s'acheter un appart à Paris. Je lui ai dit que les prix étaient trop hauts , la conjoncture etc. Evidemment , elle n'en a fait qu'à sa tête.
Conclusion : achat en 2011. Revente en 2013 suite à un départ à l'étranger : Perte 20 %. Net.
Réponse de le 28/08/2013 à 18:26 :
J'ai acheté debut 2011 et ai vendu le mois dernier : plus value de 37000 euros
Réponse de le 29/08/2013 à 9:55 :
Cette plus-value est virtuelle car elle passera dans l'achat de votre nouveau logement, qui a logiquement augmenté d'autant pendant cette période. A moins que ce soit une résidence secondaire, auquel cas la PV est justement taxée. Ou à moins que vous passiez en location en attendant de meilleures opportunités, et alors là, bien joué !
Réponse de le 29/08/2013 à 12:32 :
Il est possible de faire une plus-value individuelle à tout moment car c'est du gré à gré, mais logiquement la bulle spéculative 2010-2012 devrait se dégonfler et c'est apparement ce qui commence à se passer. Mais bon ça dépend aussi de l'économie et du gouvernement dans les prochains mois.
Réponse de le 01/09/2013 à 8:54 :
20% de perte entre 2011 et 2013 à Paris??? Les prix ont continué pourtant d'augmenter sur cette période dans la capitale. Sans vouloir présumer de la naïveté de votre amie, il me semble qu'elle a du rendre un vendeur très heureux il y a deux ans. D'ailleurs je pense qu'il en rigole encore...
a écrit le 28/08/2013 à 13:33 :
Et oui ! La politique du gouvernement confirme ses ravages dans l'économie... Il ne faut pas scier les branches qui font vivre le France? La finance, les investisseurs et les entrepreneurs,.
a écrit le 28/08/2013 à 13:24 :
Maintenant, l'immobilier rime avec mauvais placement. Faut être réaliste. Les conditions de prets sont revenu à la normale (10%-20%d'apport obligaroire), le chomage augmente, les impots et taxes aussi, le pouvoir d'achat est en forte chute, les aides ont été supprimées, les taux remontent.... dans cette situation, l'immobilier ne peut que baisser. C'est une question de temps avant que les vendeurs baissent vraiement les prix. Par contre, les acheteurs l'ont compris et n'achetent plus (surtout qu'ils ne peuvent plus).
a écrit le 28/08/2013 à 11:59 :
Le maire d'une commune voisine à la mienne (!) a réussi à faire passer quelques dizaines d'ha en constructible, à la suite d'une succession d'un gros agriculteur du coin. Que ce passe t il? Et bien tout est bloqué car les propriétaires du bourg sont intervenus car ils craignent une baisse de la valeur de leurs biens. Accueillir une centaine de famille ou bloquer les prix dans cette commune ils ont choisi ...
a écrit le 28/08/2013 à 10:52 :
Ajustements conjoncturels et désenchantements des investisseurs! vu un carcans supplémentaire ... des nouvelles règles Duflot...donc personne , n'a vraiment envie de perdre de l'argent actuellement ,vu que le fisc sous la férule des socialistes ... se charge de ne vous pas faire gagner....
a écrit le 28/08/2013 à 10:33 :
La reprise n'est pas solide....blague...il n'y a pas re reprise tout simplement Travaillant dans une grande enseigne immobilière, je peux vous dire que nous sommes sinistrés, le nombre de vente s'écroule, et les négos sont brutales. Il n'est pas rare que des biens se vendent à -15% de leur valeurs théoriques. Parler de reprise oui mais pour qui ? ?
Réponse de le 28/08/2013 à 12:40 :
Des biens qui se vendent 15 % sous leur valeur théorique gonflée de + 100 % , c'est toujours bon , non ???
Réponse de le 28/08/2013 à 14:27 :
Vous me faites marrer Iliana! En 2008 et 2010, donc avant le niveau profond de la crise, j'ai été amené à vendre deux biens dans le cadre de succession (dans le 94 pas prolo). Pour chacun, j'avais demandé une estimation à 3 agences et un notaire et avais pris comme base de vente la fourchette basse. Pour arriver à les fourguer (un peu pesant à la longue quand vous n'y habitez pas), j'ai dû consentir entre 10% et 15% de baisse. Ma conclusion est que vous ne faites pas votre boulot correctement en fournissant aux vendeurs des valeurs exagérées, en campant dessus et en essayant de persuader des acheteurs méfiants que c'est une affaire. C'est donc que les biens sont complètement surcotés et pour beaucoup de vote faute.
a écrit le 28/08/2013 à 9:15 :
c est pas une crise, c est juste une bulle speculative qui explose. Il est debile de vouloir construire alors qu on ne pourra plus vendre au prix fort. je suppose que de toute facon aucuen banque ne va preter de la rgent de peur que ca finisse comme en espagne (impressionant la bas, le nombre d immeuble a moitie fini abandonne)
a écrit le 27/08/2013 à 22:15 :
la reponse est la " soit une baisse de 22,9% à 89.218 unités."... et quand la loi alur sera votee et qu'il n'y aura plus aucun investisseur, ca sera encore mieux ( enfin, si je puis dire...)
Réponse de le 28/08/2013 à 7:24 :
oui ce sera mieux en effet: le marché sera moins investi par des gens qui ne pensent à rien d'autre que se remplir les poches en dormant et ils feront baisser la demande, le logement va revenir à sa vocation première qui est de se loger.

Et on connait le couplet habituel, on ne construira plus ou encore moins, bla bla bla bla : non: les constructeurs s'adapteront à la solvabilité de la demande, pas le choix.
Réponse de le 28/08/2013 à 9:18 :
@tron : les promoteurs s adapteront mais les prix ne baisseront pas ..envoyer moi un message en urgence quand le prix et l installation d une prise EDF 16 A baissera .
Réponse de le 28/08/2013 à 13:30 :
Prendre l'exemple du prix d'une prise EDF n'est pas représentatif. Le plus gros budget c'est le terrain et le prix du terrain est purement spéculatif. Si les promoteurs ne vendent plus, ils achèteront moins cher le foncier qui va nécessairement baisser (offre demande). Du coup, l'immobilier baissera même si la prise EDF reste au même prix.
Réponse de le 29/08/2013 à 10:05 :
+ 1 avec @proprio. Le coût de construction est de l'ordre de 1500? / m². La différence avec le prix de présentation, c'est le foncier sujet à la loi de l'offre et de la demande. J'ai vu récemment des appartements d'un programme neuf dans le 92 affichés à 700-750k EUR en début de commercialisation aujourd'hui proposés à 520-550k EUR... Voyez qu'il y a de la marge à la baisse.
a écrit le 27/08/2013 à 21:36 :
Les promoteurs immobilier anticipent simplement l'effondrement des prix à venir. Ils ne veulent pas que l'offre devienne trop importante par rapport à la faible demande solvable actuelle.
a écrit le 27/08/2013 à 18:43 :
Et que se passera t il quand les taux remonteront ? (ce qui est inévitable à moyen terme).
Une malheureuse hausse des taux de 1% (soit 4% au lieu de 3% sur 20 ans), c'est 8.5% de capacité d'emprunt en moins !
L'immobilier ne redémarre pas alors que les taux sont au plancher. La baisse des prix ne peut que s'accélérer, il n'y a pas d'autre issue.
Réponse de le 28/08/2013 à 13:31 :
Regardez les OAT 10 ans du mois d'aout, ils sont en forte hausse. Ca commence vraiment à sentir un gros crash immobilier en France.
Réponse de le 30/08/2013 à 11:53 :
Les taux remonterons lorsque la BCE remontera ces taux directeurs, or la stratégie de la BCE pour le moment est justement l'inverse: laisser les taux au plus bas pour réduire le cout du credit et à moins d'une sortie de crise européenne c'est pas demain la veille !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :