Location meublée : des avantages et des interrogations

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Louer son appartement en meublé peut présenter quelques avantages
Louer son appartement en meublé peut présenter quelques avantages (Crédits : REUTERS/Nigel Roddis)
Peu développé, le marché de la location meublée est plus flexible que celui de la location vide, ce qui présente des avantages pour les propriétaires. En revanche, quelques zones d'ombres concernant ce type de logements subsistent dans la loi Alur de la ministre du Logement Cécile Duflot.

Un propriétaire a-t-il intérêt à louer un appartement meublé ? Très peu répandue jusqu'alors (à peine quelques pourcents du parc locatif privé), la location meublée présente pourtant plusieurs avantages pour les propriétaires.
Le plus souvent destinés à des usages temporaires, ces logements génèrent en moyenne moins de problèmes d'impayés aux propriétaires que les logements vides. En effet, les locataires peuvent plus facilement "budgéter" leurs loyers car ils savent qu'ils vont occuper le logement pour une durée temporaire. De surcroît, "les impayés sont principalement dus à des accidents de la vie", explique Maud Velter, directrice associé de Lodgis, une agence immobilière spécialiste de la location meublée. Sur des durées courtes, il y a mécaniquement moins de chance d'en avoir.
En outre, "on touche à des clients dont les moyens financiers sont plus importants que ceux qui louent vide. Les loyers sont en effet en moyenne 15% supérieurs dans des appartements meublés", note Maud Velter.

Un parc plus fluide

La directrice du Lodgis constate également que plusieurs propriétaires ayant connu des problèmes avec leurs locataires se redirigent vers la location meublée.
"En location vide, cela peut prendre des années pour faire partir un locataire qui ne paie pas. En meublé, il est plus facile de récupérer l'appartement à court et moyen terme", fait-elle remarquer. Un bailleur louant en meublé pourra ainsi chaque année, avec un préavis de 3 mois, donner congé à son locataire -contre 3 ans et 6 mois de préavis en vide. Et ce, pour les mêmes motifs inscrits dans la loi que pour une location vide. Cette flexibilité accrue participe à rendre le marché plus fluide.

Des avantages fiscaux

Même si c'est rarement la raison initiale de l'investissement, selon Maud Velter, la fiscalité en location meublée peut aussi s'avérer avantageuse. "C'est en quelque sorte la cerise sur le gâteau", explique la directrice associé de Lodgis. Les revenus tirés de la location meublée sont en fait considérés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Jusqu'à 32.600 euros de recettes tirées de la location, un abattement forfaitaire de 50% du montant des revenus locatifs est donc applicable à l'impôt sur le revenu. Au dessus de ce niveau, le régime réel s'applique avec des déductions de certaines charges, comme la taxe foncière, les intérêts d'emprunt ou les travaux. Ce qui donne la possibilité "d'amortir les meubles et la valeur du logement", ajoute Maud Velter.

La loi Alur vient mettre un doute

Le sort réservé à la location meublée dans la loi pour un accès au logement et un urbanisme rénové (Alur) de la ministre Cécile Duflot n'est en revanche pas encore tranché.
Sur l'encadrement des loyers notamment, des interrogations perdurent.
Effectivement, les loyers en location meublée sont en moyenne plus élevés que dans les logements vides. Or, il n'est pour l'instant pas précisé dans la loi de traitement spécifique pour la location meublée. Le préfet devra, comme la loi le demande, déterminer des loyers médians par type de bien grâce à un observatoire de loyers, dont les bases de données en matière de logements meublés seront très restreintes.
Résultat, il y a un risque que les meublés soient à l'avenir davantage affectés par la loi Alur qui régulera les loyers qui sont 20% supérieurs au loyer médian du quartier. 

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