La Suède sous la menace d'une crise immobilière ?

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Le régulateur financier suédois s'inquiète du risque immobilier
Le régulateur financier suédois s'inquiète du risque immobilier (Crédits : © )
Inquiet, le régulateur financier suédois propose de prendre davantage en compte le risque immobilier dans les calculs de ratios de solvabilité des banques suédoises.

La Suède pourrait-elle subir une crise immobilière majeure ? Le régulateur financier suédois a en tout cas indiqué jeudi que le risque encouru par les banques du pays dans ce secteur était sous-estimé, et a proposé de le prendre davantage en compte.

"Le niveau élevé d'endettement des ménages suédois pose un risque pour les ménages pris individuellement et, sur le long terme, pour la stabilité financière. L'Inspection du secteur financier estime que le relèvement du plancher de la pondération du risque à 25% serait une décision sensée", a indiqué ce régulateur dans un rapport sur le risque.

Ce taux de 25% correspond à la part pondérée des prêts immobiliers que devraient avoir dans leurs fonds propres les banques suédoises.

La dette des suédois atteint 170% de leur revenu annuel

En mai, l'Inspection du secteur financier l'avait déjà relevé de 5 à 15%. D'après le régulateur financier, les ménages suédois supportent une dette équivalant à 170% de leur revenu annuel, ce qui "est élevé à la fois d'un point de vue historique et international". Et ils continuent de s'endetter, le volume des prêts immobiliers en Suède ayant gonflé d'"environ 5% sur l'année écoulée". L'échéance moyenne sur les prêts immobiliers est même estimée à …140 ans !

Les ménages vulnérables à une hausse des taux de crédits immobiliers

"Un ménage sur cinq a moins de 3.000 couronnes (330 euros) qui lui reste comme revenu disponible après avoir payé son logement et ses autres dépenses de première nécessité. Cela rend ces ménages vulnérables à une baisse de revenus ou à une hausse des taux d'emprunt immobilier", a souligné l'Inspection du secteur financier.

La Suède, qui a traversé une très grave crise financière au début des années 1990, impose à ses banques des règles parmi les plus strictes du monde en matière de ratios de fonds propres.

Des exigences en fonds propres accrues.. mais une fiscalité très avantageuse

Son gouvernement compte les renforcer encore. En août, il a ainsi dévoilé un plan pour élever les fonds propres obligatoires au delà des standards requis par Bâle III afin de protéger les Suédois "vulnérables" en cas de choc financier.

Reste que toutes les mesures nécessaires pour limiter un gonflement trop important du crédit à l'habitat n'ont pas été prises. La fiscalité immobilière reste notamment très attractive : 30% des intérêts des prêts immobiliers payés sont déductibles et il n'y a pas d'impôt sur la plus-value si on revend pour racheter dans la foulée. La mise en place d'une fiscalité plus dure est ainsi réclamée par Bruxelles, l'OCDE et le FMI.

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