Ces locataires HLM exaspérés par l'état de leur logement...

 |   |  784  mots
Un bailleur social exerçant notamment dans les Hauts-de-Seine a été condamné à verser près de 215.000 euros à 60 locataires.
Un bailleur social exerçant notamment dans les Hauts-de-Seine a été condamné à verser près de 215.000 euros à 60 locataires.
Les locataires d’un HLM dans le Val-de-Marne ont assigné leur bailleur, excédés par de trop ambitieux travaux qui transforment leur habitat en chantier permanent. Début décembre, d’autres locataires de logements sociaux vivant à Asnières-sur-Seine ont obtenu gain de cause en appel pour des locaux délabrés.

Un bailleur qui pratique des loyers modérés n'a pas moins d'obligations vis à vis de ses locataires. C'est la raison du combat des 74 locataires d'un HLM de Fresnes (Val-de-Marne) qui ont décidé d'assigner leur bailleur devant la justice, las de ne pas voir le bout de trop ambitieux travaux qui ont fait de leur résidence un "chantier permanent". "J'ai tellement honte que je n'invite plus personne chez moi (...) Tout l'appartement est à refaire intégralement", témoigne ainsi Astrid.

Infiltrations d'eau au sol et sur les murs

Cette jeune mère de famille détaille au visiteur les différents désagréments et malfaçons dont fait l'objet son logement HLM: infiltrations d'eau au sol et sur les murs, installation baroque de tuyaux, chauffage par intermittence, moisissures et champignons dans la chambre des enfants. "On nous manque de respect, mais ce n'est pas grave car nous sommes de simples locataires HLM", grince la trentenaire.

Avec 73 autres locataires de cette résidence qui compte 251 logements, elle a décidé d'assigner devant le tribunal d'instance de Villejuif le bailleur, Toit et Joie, une filiale du groupe La Poste, en vue d'une indemnisation. Une audience est prévue le 30 janvier.

Un projet ambitieux à l'arrêt

L'objectif des travaux de réhabilitation de l'immeuble, entamés à l'été 2012, ne manquait pourtant pas d'ambition et de promesse: isolation des façades, suppression des balcons pour agrandir les salons, remise aux normes de l'électricité, économies d'énergie, suppression des demi-étages et adaptation des ascenseurs, construction de huit maisons sur le toit.

Mais le plan complexe de cet immeuble construit par André Chatelin à qui l'on doit le musée de La Poste à Paris, l'ampleur des travaux réalisés dans des logements occupés et la multiplication parfois stupéfiante des malfaçons, ont fait de la résidence "un chantier permanent" selon Valérie Morin, à la tête du groupement de locataires. Un "cauchemar intégral" pour Maguy Deck, responsable départementale de la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie).
"C'est Bagdad", ironise une locataire, alors que les travaux sur la façade ont été stoppés en octobre et devront probablement être entièrement refaits, retardant de plusieurs mois la fin du chantier.

Le bailleur du côté des locataires ?

La directrice générale de Toit et Joie, Michèle Attar, regrette la situation. "Nous n'avons jamais souhaité que ces difficultés passent en justice. Nous faisons face à des malfaçons. Je suis du côté des locataires. L'assignation ne change rien", commente celle qui est l'objet de toutes les récriminations des locataires mécontents.

"Je passe plus de 30% de mon temps sur cette affaire. Je suis exaspérée et désolée des malfaçons. Je ne crois pas être le seul bailleur à avoir des problèmes. J'essaye de faire reprendre le chantier et ma priorité est de finir les travaux", ajoute-t-elle.

Une condamnation rare pour un bailleur social

D'autres bailleurs sociaux louent effectivement des logements insalubres. C'est le cas de France Habitation qui a été condamné par la cour d'appel de Versailles (Yvelines) à verser près de 215.000 euros à 60 locataires de trois barres d'immeubles d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), excédés de vivre dans des locaux délabrés et vétustes.

La première chambre civile a confirmé le jugement de première instance, estimant que le bailleur n'avait "pas respecté son obligation de mise en conformité avec la règlementation en matière de salubrité et d'hygiène et de réalisation des réparations occasionnées par la vétusté", selon un arrêt consulté par l'AFP.

"C'est une grande victoire pour les occupants d'HLM: elle confirme qu'un loyer modéré ne signifie pas que le bailleur aurait des obligations modérées", a réagi auprès de l'AFP l'avocat des locataires Me Arnaud Métayer-Mathieu. "C'est une condamnation rare pour un bailleur social mais qui aura vocation à se reproduire", a-t-il encore assuré.

État avancé de vétusté

Malgré la réhabilitation réalisée depuis septembre 2009, "l'ampleur et le montant des travaux mis en oeuvre impliquent que les lieux se trouvaient dans un état avancé de vétusté voire de dangerosité depuis plusieurs années", avait relevé le tribunal. "Fils d'électricté dénudés, pas d'électricité dans les parties communes, électricité à l'état vétuste, murs tagués, saleté, odeurs de poubelle pestilentielles dans les caves, boîtes aux lettres abîmées, poubelles pleines devant l'immeuble", relevait également un huissier dans un procès-verbal en septembre 2010.

 

>> Pour aller plus loin, retrouvez nos services immobiliers :

Consultez les dernières annonces immobilères

Découvrez le prix du m2 dans votre rue 

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/09/2017 à 10:15 :
et quand l appartement s est transformé en taudis a la suite de fuites (moisissures, champignons ) et par manque de chauffage et que les (i) responsables hlm ne veulent rien faire : on peut faire quoi ??

je paie un loyer !!! encore beaucoup trop cher pour vivre dans un taudis !
a écrit le 15/09/2015 à 3:29 :
Et nous même avons fait les travaux je regrette d avoir quitter mon ancien logement dite moi quoi faire avec un logement plain de punaise alors que je viens de n installé avec ma famille ils ont donné un appartement avec plain de punaise
a écrit le 16/01/2014 à 10:31 :
Ces locataires HLM exaspérés par l'état de leur logement... jovfcgb <a href="http://www.remelscedric.be/css/YPF2S/doudoune-moncler-pas-cher.html">doudoune moncler femme site officiel</a>
moncler daunenjacke damen schwarz http://www.cos2biz.fr/cpi/AY20H8T/moncler-jacken-outlet.html
a écrit le 05/01/2014 à 12:35 :
Je m adresse aux locataires d'HLM qui bénéficient déjà d'un loyer très modéré: il faudrait tout de même que vous entreteniez à minima les locaux dont vous bénéficier sinon il faut les quitter
a écrit le 27/12/2013 à 15:38 :
moi meme dans la profession je peut vous dire que un immeuble s amortie en 30 ans minimum j ai des programme neuf et peut vous dire que les dégradations son souvent faites par les locataires et question entretien c est pas majoritaire mes les clients on du mal a etretenir se que l on leurs loue et ne pas confondre le loyer de base et loyer avec charge la part du bailleur est seulement le loyer de base et sur cela enlever l impot froncier et la sécurité incendie
Réponse de le 28/12/2013 à 9:49 :
Visiblement c'est un métier qui ne requiert pas d'études.
Réponse de le 15/07/2014 à 18:22 :
par contre quand votre appartement se dégrade par des entretiens faits tous les dix ans on s'entend souvent dire que l'on est des cas sociaux c'est tellement plus simple et moins onereux que de faire les travaux qui incombent bien souvent au bailleur.
a écrit le 27/12/2013 à 9:53 :
les locations des HLM sont très souvent gratuites (indemnité de logement) . quand elles ne sont pas gratuites, elles sont minimes pour des surfaces très avantageuses. les locataires ne veulent jamais payer les travaux à faire ou en sont très souvent exemptés.se prendre par la main et lessiver ses peintures ne nuit pas. rafraîchir ses peintures tous les 15 ans n'est pas insurmontable pour qui que ce soit. en clair, il ne faut pas demander le beurre et l'argent du beurre. heureusement certains locataires sont des gens raisonnables et respectueux et savent bien qu'on ne leur doit pas tout.
a écrit le 26/12/2013 à 20:54 :
Les Offices d'HLM ont très largement amorti la construction de leurs bâtiments. L'argent va bien quelque part....!!!! Un plan de rénovation devrait être étudié et provisionné sans surcoût pour le locataire, même si ça sera des travaux tous les 15 ans. Sinon c'est de l'escroquerie!
Réponse de le 27/12/2013 à 16:38 :
Il faut bien financer les nouveaux logements sociaux pour les français de substitution fraîchement débarqués. Le beurre, l'argent du beurre, etc
a écrit le 26/12/2013 à 19:38 :
dans mon 23,5 m² d’Asnières à 600 € mensuel + chauffage électrique, je rêve de ce chantier permanent...
a écrit le 26/12/2013 à 19:27 :
il faut virer tous ces raleurs et refaire l'immeuble une fois vidé pour le louer a des gens plus solvables pour amortir le cout de la rénovation
Réponse de le 09/09/2017 à 10:21 :
"virer les raleurs" ? y compris quand les "responsables" ne font pas leur boulot ???
a écrit le 26/12/2013 à 19:27 :
il faut virer tous ces raleurs et refaire l'immeuble une fois vidé pour le louer a des gens plus solvables pour amortir le cout de la rénovation
Réponse de le 27/12/2013 à 7:52 :
On note que vous êtes volontaire pour loger les insolvables : bravo !
a écrit le 26/12/2013 à 19:24 :
Un rouleau de peinture sur les murs ça ne mange pas pain. Pourquoi se fatiguer quand d'autres peuvent le faire pour vous? J'ai vu personnellement des logements sociaux avec la peinture et le lino de construction alors...
Réponse de le 27/12/2013 à 7:54 :
Ça doit faire longtemps que vous n'avez pas acheté de peinture, mon bon : déjà ça ne se vend pas en rouleau mais en pot et ensuite ça coûte un bras ...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :