Immobilier : faut-il encore favoriser l'accession à la propriété ?

 |   |  868  mots
Etre propriétaire réduit la mobilité sur le marché du travail.
Etre propriétaire réduit la mobilité sur le marché du travail. (Crédits : Reuters)
La culture de l'accession à la propriété immobilière induit des effets pervers sur l'économie française.

D'un point de vue macroéconomique, la France a -t-elle intérêt à entretenir sa culture de l'accession à la propriété ? Cette obsession d'une grande partie des ménages français de devenir dès que possible propriétaire de son logement a participé à tirer les prix de l'immobilier vers le haut durant les années 2000, et à les maintenir à un niveau élevé depuis. Aujourd'hui; 58 % des ménages français sont propriétaires de leur résidence principale selon l'Insee, contre 55 % en 1994 et 52 % en 1984.

Cette hausse de la part des propriétaires dans le temps s'est faite par l'endettement à des taux de crédits immobiliers qui ont continuellement baissé, atteignant à peine plus de 2 % en moyenne cette année. La dette immobilière des ménages français rapportée à leurs revenus a ainsi doublé depuis le début des années 2000, note l'économiste Jacques Friggit. Autant d'argent phagocyté par l'immobilier - il y a 840 milliards d'euros d'encours de crédits immobiliers aux ménages en France - qui ne va ni « dans la consommation, ni dans une épargne qui serait réinjectée dans l'économie », regrette l'économiste Michel Baroin. « Si l'on arrivait à réinjecter, ne serait-ce qu'une petite partie de cette masse d'argent dans l'économie, ce serait considérable ! », ajoute-t-il.

Plus de propriétaires en France, c'est possible.

La plupart des ménages français, dès qu'ils peuvent entrevoir la possibilité d'acheter, se penchent sur la question de l'accession à la propriété. Et si la baisse des taux d'intérêt de crédits y a grandement participé, l'Etat a aussi joué un rôle de soutien par le biais de prêts à taux bonifiés (Prêts à taux zéro, prêt d'accession sociale) ou d'aides directes (APL Accession) de fait principalement destinés aux jeunes qui ont des ressources en moyenne plus faibles que leurs ainés. Et selon l'avis de tous les experts du logement, il y a encore un fort potentiel de croissance en France pour la propriété immobilière, notamment au regard des taux de propriétaires plus élevés de pays voisins ( Royaume-Uni, Italie, Espagne...)

Des effets secondaires pervers

Cependant, cette culture de la propriété, notamment chez les jeunes, a des effets secondaires pervers sur l'économie française. Car la propriété immobilière implique des coûts de mobilité élevés qui entraveraient l'efficacité de l'appariement sur le marché du travail. Les travaux de l'économiste Andrew Oswald ont notamment démontré le pouvoir de nuisance d'un taux de propriété immobilière trop élevé sur le fonctionnement du marché du travail.

Selon lui, « associée à des coûts de mobilité élevés, la propriété restreint la zone de prospection d'un demandeur d'emploi qui peut renoncer à une offre située loin de son domicile si le gain associé à la reprise d'emploi est inférieur au coût engendré par son déménagement ». « Le coût de mobilité engendré par la propriété peut également rendre les propriétaires qui ont un emploi moins enclins à chercher des opportunités plus intéressantes ou plus adaptées à leurs compétences qui pourraient améliorer la qualité de leur appariement et donc la productivité de l'économie », ajoute-t-il.

Confirmant les propos de l'économiste, une fameuse étude de 2011 du Credoc en partenariat avec le Medef disant que les problèmes de logement des salariés affectaient 40 % des entreprises.

Le coût de transaction en France est élevé

Or en France le coût de la transaction immobilière est un des plus élevés des pays de l'OCDE. En effet, aux prix des biens immobiliers en moyenne élevés dans les zones urbaines, viennent s'ajouter pour l'acheteur les droits de mutation à titre onéreux, la rémunération et les frais de notaires, ainsi que les commissions pour les intermédiaires. Alors que le vendeur doit pour sa part prendre en charge un diagnostic technique avant la vente.

Toujours selon Oswald, la propriété immobilière peut aussi induire des effets pervers sur la productivité au travail des propriétaires. En effet, celle-ci est affectée par la baisse de leur bien-être au travail car dans les zones tendues où les prix de l'immobilier sont trop élevés, ils « ont tendance à accepter des temps de trajets domicile travail plus importants, ce qui accentue la congestion sur les réseaux de transport ».

Faire comme en Allemagne

Autre argument avancé par Oswald : le pouvoir de nuisance d'un surplus de propriétaires. « Les propriétaires ont davantage tendance à recourir à des actions collectives que les locataires. Ils peuvent donc plus facilement empêcher l'installation ou l'extension d'une entreprise dans une zone résidentielle », juge l'économiste.

D'un point de vue macro-économique, il vaudrait donc mieux pour les ménages français, à l'instar de ce qui se passe en Allemagne, viser l'achat immobilier après avoir accumulé suffisamment d'épargne dans le temps, plutôt que de s'endetter dès l'entrée sur le marché du travail. Car il n'est du reste pas contestable que la propriété immobilière apporte une sécurité supplémentaire pour la retraite. Un argument fondamental pour les ménages français.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 07/07/2015 à 10:17 :
Il ne fera pas bon être proprio pendant l'eclatement de la bulle.

L'état à bradé ses biens immobiliers, et les grands groupes vendent leurs patrimoine immobilier aussi... je sens qu'ils savent quelque chose que l'on ignore... le papy boom arrive, les loyers diminuent, les charges (taxe foncière + habitation) augmentent, l'emploi se précarise, les foyers solvables deviennent de plus en plus rares, hum... j'ai comme l'impression qu'à la fin de l'été, ça va être les soldes sérieuses... fini les -30%, on passe la vitesse sup pour les -65% comme l'avait prédit Frigitt...
a écrit le 23/06/2015 à 0:19 :
Qqu'un pourrait-il confirmer qu'à logement équivalent,les loyers allemands seraient moins élevés, comparer leurs parts dans les budgets des ménages qui ne recoivent pas ou plus d'allocations-logement.L'immobililer y étant moins cher,les loyers devraient l'être.Permettant alors de constituer une épargne ,ne provoquant pas le choix de l'achat avec des mensualités de prêts égales ou peu supérieures aux loyers.Bref,à situations différentes,stratégies patrimoniales différentes.
a écrit le 22/06/2015 à 22:14 :
Faut être idiot de louer hors de prix dans une cîté pourave sans parking ni jardin privatif alors que vous pouvez être proprio pour le même prix.
Etre locataire et à la retraite encore plus stupide.
Et considérer normal l'obligation d'une émigration interne dans le territoire pour le seul argument du travail ne tient pas.
Tout boulot ne mérite pas de perdre sa famille ses amis ses repères.
a écrit le 21/06/2015 à 18:08 :
La propriété n'est pas une fin en soi. Certains n'rêvent pas, et c'est leur droit.
Mais, il serait judicieux de permettre la location dans des conditions équilibrées, ce qui est loin d'être le cas.
Certains ont acheté faute de locations, et ne peuvent plus guère déménager sans perdre beaucoup d'argent au passage.
Réponse de le 22/06/2015 à 12:05 :
Le problème n'est pas de savoir s'il faut être propriétaire ou locataire, c'est dorénavant une question de survie. Ceux qui s'en sortent à la retraite sont ceux qui sont proprios de leurs biens, c'est aussi simple que ça. Et au vu de la situation des finances de l'état, de l'arcco et l'agirc, les pensions futures seront certainement amputées de 25 ou 30% tout régime confondu. Il ne sera bientôt plus possible d'être retraité et locataire en France.
Réponse de le 23/06/2015 à 22:30 :
c'est malheureusement de plus en plus faux parce tout a explosé à la hausse (sauf les loyers qui suivent l'inflation) :
- prix de l'énergie
- taxe foncière
- coût de la santé
- coût d'entretien du logement
- ...

Voir reportage récent sur Europe 1 qui indique que de plus en plus de propriétaires retraités revendent leurs biens pour être locataire car ils n'arrivent plus à faire face aux dépenses liées au logement.
a écrit le 21/06/2015 à 15:07 :
... pas de pb c'est juste pour constater le temps de validation de mon commentaire: REPOS donc ! rire
J'aime pas être baladée ...
a écrit le 21/06/2015 à 11:36 :
Il y a 15 ans une maison achetée a 180 000 €uros vaut selon le marché actuelle au même endroit 450 000 €uros, les salaires eux n'ont pas autant augmentés, cherchez l'erreur.

L'immobilier trop cher et trop elevé plombe l'economie francaise (qui est basé sur la conso interne).
En fait,il faut comprendre que les jeunes generations sont sacrifiées au profit des anciennes : plus de retraite, loyer et surtout achat trop elevé, futur precarité etc...
Réponse de le 21/06/2015 à 15:45 :
J'ai acheté deux biens immobiliers : un en 81 et un en 95.
Je ne les ai pas entretenu ou a minima ni jamais loué et ils ont actuellement une valeur qui avoisine l'inflation réelle (qui a été bien plus galopante que celle que nous dispense nos instruits de rien). Et il faut la corriger de la déflation des salaires qui est tout aussi dramatique quoi qu'en disent nos mêmes instruits manipulateurs si on veut vendre.
Ca me donne deux biens dont je me fiche totalement de la valeur de revente mais dont j'apprécie la simple valeur d'usage, la seule vraie valeur dans le temps.
Entretenir un bien immobilier devient irréaliste et pompe budget pour bien des modestes proprios sans espoir d'amortissement. Faut faire à minima pour transmettre le plus rapidement possible avec une réserve de droit d'usage et d'habitation et basta. ;)
Réponse de le 22/06/2015 à 17:17 :
Faut arrêter aussi un peu les fantasmes ... non ?
Il y a toujours d'excellentes affaires à faire à prix d'usage ! Mais bon ... il faut avoir le temps, l'envie et la pugnacité. Le reste il faut laisser tomber ça ne vise qu'à escroquer des escroquables !
a écrit le 21/06/2015 à 10:12 :
Face à deux candidats équivalents pour une offre d'emploi, un employeur choisira celui qui vit le plus près et qui est déjà intégré socialement dans le coin et c'est encore mieux si il est propriétaire et n'aura pas très envie de se barrer.
La mobilité a des effets très pervers aussi pour l'employeur qui n'a pas envie de recruter un salarié vite déprimé et cherchant à repartir dans sa région.
Ma fille a essayé la mobilité une fois et cela lui a suffi pour dire qu'on le l'y reprendrait plus. Elle est revenue à son point de départ, a acheté un bien immobilier sur 18 ans avec des mensualités inférieures de 70 € par mois par rapport à son ancien loyer et si elle doit bouger, ce qu'elle évitera à tout prix, elle louera son bien. Si elle se retrouve sans revenus, elle louera aussi et se fera héberger chez papa/maman en attendant au besoin.
Pour le reste je souscris totalement à la plupart des commentaires.
a écrit le 20/06/2015 à 23:08 :
Il manque une approche dans cette analyse. C'est le manque de logement à louer. Cela entraine une augmentation des loyers donc un cout de l'accession relativement plus intéressant. L'absence de biens à louer provoque une réflexion vers les solutions alternatives donc l'achat.
a écrit le 20/06/2015 à 9:12 :
J'ai peu être pas de gros diplôme mais moi au moins je vis pas sur la lune comme ceux qui écrivent ce genre d'article ou plutôt ceux qui soufflent derrière ce genre d'idée. Il n'y a qu'un marché cupide en France. Devenir propriétaire, c'est synonyme pour un pauvre de stabilité, de racine pour lui et ses descendants, c'est surtout un actif et non une dette ! C'est un refuge car beaucoup ne pourront pas payer de loyer vu que beaucoup se doute qu'il n'y aura plus de retraite pour notre classe sociale. la mobilité a tout prix ont la laisse aux riches qui ont plusieurs maisons partout en France et dans le monde (nous ont aura les bidons villes ou campings a l'année). Cela n 'empêchera pas les licenciements... Enfin il faut plutôt se poser la question de savoir comment a t' on pu autoriser un si grand dérapage des loyers qui coute plus cher que de devenir propriétaire avec des dossiers d'accession aussi lourds que pour un prêt immobilier. Mais chut ce qui dérange ont le cache sous le tapis et on fait diversion. Et oui les pauvres aussi lise la tribune.
Réponse de le 20/06/2015 à 14:02 :
+1
a écrit le 20/06/2015 à 8:11 :
Qu'est ce que c'est que ces âneries! Je fait parti de la catégorie socioprofessionnelle la plus exposée à la mobilité: 6 déménagements en 25 ans et ça ne m'empêche pas comme beaucoup de mes collègues d'être propriétaire. On a tout simplement acheté là où on aimerait passer une partie de notre retraite et mis en location en attendant. C'est extrêmement courant chez les militaires qui font pour certains le tour de France dans une carrière voir de l'outre mer pour plusieurs années. Quant aux prix de l'immobilier, le taux de propriétaires était sensiblement le même que maintenant et il s'est malgré tout effondré au milieu des années 90. Ce sont les investisseurs qui font le prix du marché en déplaçant d'énormes quantités d'épargnes d'un support à l'autre, pas le couple qui veut se loger.
a écrit le 19/06/2015 à 23:01 :
Article effarant mais en même temps tellement représentatif d’une certaine idéologie.
À en lire ces économiste, la seule chose qui compte est l’efficience du marché du travail et de l’économie. Le travailleur doit donc être mobile et disponible là où le capital l’appel afin de rapporter le plus possible. Dit autrement, le travailleur doit être au service de l’économie.
Il me semble pourtant que ce devrait être l’exact inverse : l’économie devrait être au service des sociétés et des hommes.

Oui, je suis propriétaire. Non, il est hors de question que je sois mobile pour le bon plaisir de l’entreprise. Celle-ci doit être à mon service, à celui de la collectivité. Pas l’inverse. Sur mon lieu de vie, j’y ai des amis, de la famille, bref, une vie sociale riche et agréable. Au nom de quel intérêt devrais-je détruire ma vie sociale et mes attaches en devant subir une mobilité ?

Ce monde marche vraiment sur la tête.
a écrit le 19/06/2015 à 16:03 :
Il faut rendre l'accession à la propriété plus facile pour la résidence principale et beaucoup plus difficile pour ceux qui spéculent ainsi on fera baisser les prix.
Réponse de le 19/06/2015 à 19:36 :
Spéculation...le mot est lâché,avec le flot d'aigreur qui l'accompagne.
Ce que vous désignez comme des spéculateurs ne sont sûrement pas jaloux de votre médiocrité.
Réponse de le 20/06/2015 à 19:30 :
c'est pourtant le mot qui correspond à la situation que nous vivons aujourd'hui et encouragée par la droite , tout ce beau monde qui nous a donné des leçons sur le se ever tôt, etc.Que ça vous plaise ou pas, on appelle un chat un chat.
a écrit le 19/06/2015 à 15:31 :
Je pense que cette analyse comporte beaucoup d'erreurs. Quand on est propriétaire de son logement, on l'entretient, l'améliore. On fait marcher l'artisanat local. Alors qu'un locataire laissera son logement en l'état, n'entreprendra pas de travaux d'amélioration. Le propriétaire est donc un gros consommateur de bien d'artisanat. De plus l'écart entre un crédit immobilier et un loyer est souvent faible (pour moi 50 € de plus seulement). En 20 ans ton bien t'appartient alors qu'un loyer c'est infini.
Pour la mobilité, il y a du vrai mai mais il est tellement difficile et onéreux de se reloger pour un locataire que bien souvent il hésite aussi à prendre un boulot à plusieurs centaines de km de son domicile actuel. Les garanties du nouvel emploi sont souvent insuffisantes car on signe rarement un CDI d'emblée pourtant indispensable pour trouver une location. Il serait sans doute plus simple de se loger si les locataires n'étaient pas surprotégés par la loi. De plus la location coûte chère à la collectivité, tant par le parc public que dans le privé (aides de toutes sortes APL...)
a écrit le 19/06/2015 à 15:29 :
l'auteur de l'article a oublié de prendre en considération que pour beaucoup devenir propriétaire est une façon de se garantir une retraite (pas de loyer à payer durant ses vieux jours) alors que le montant de ces dernières sera de plus en plus bas malgré des cotisations toujours plus élevées. Voilà le résultat des choix français d'une retraite basée sur la seule répartition. Devenir propriétaire est une forme de retraite par capitalisation honnie par tourtes les tendances politiques en France
a écrit le 19/06/2015 à 14:44 :
Cas vécu : un établissement bancaire vient de refuser un prêt à un commerçant qui souhaitait acheter un fond de commerce plus important que l'actuel et lui a conseillé d'investir dans de l'immobilier locatif. Ce n'est pas la première fois que j'entends des entrepreneurs freinés par les banques pour investir dans des activités professionnelles avec des salariés.
a écrit le 19/06/2015 à 14:00 :
Cette analyse n'est pas pertinente pour certaines catégories socio-professionnelles peu qualifiées vivant en province. Non seulement la mobilité ne présente aucun intérêt financier ou économique pour elles et la collectivité, mais en plus présente l'inconvénient de briser leur réseau social et toutes les aides qu'il leur procure (ex. garde d'enfants gratuite par un proche), obligeant la collectivité à y suppléer (pensons au coût d'une place en crèche...).
En outre, en province dans certains endroits, acheter son logement coûte moins cher que de le louer à un bailleur social et permet de se constituer le seul patrimoine possible pour ces personnes qui ne peuvent pas et payer un loyer, et épargner en actions. Etre propriétaire de son logement incite aussi les personnes à s'investir dans leur quartier et leur copropriété, car elles savent que la valeur future de leur bien dépendra de la qualité de leur environnement.
Malheureusement, les pratiques bancaires empêchent les nombreux travailleurs précaires et pauvres, dont les revenus ne changent guère qu'ils travaillent ou non, d'accéder à la propriété, car les banques ne tiennent compte que des revenus du travail ou du capital.
C'est regrettable pour le contribuable qui se retrouvent à financer une aide au logement durant toute la vie d'une personne alors que si cette personne pouvait accéder à la propriété, le contribuable n'aurait à financer une aide au logement que pendant les 20 ou 25 ans de la durée du prêt.
C'est regrettable aussi pour l'économie : une fois que ces personnes auraient payé leur logement, elles auraient de l'argent en plus pour consommer, sans qu'il faille augmenter les salaires ou les prestations sociales...
Réponse de le 19/06/2015 à 14:58 :
Votre commentaire en réponse est très intéressant. L'analyse de Mathias Thiépot n'en est pas moins extrêmement pertinente : la bulle immobilière est liée à cet engouement excessif pour la propriété, conjugué à la peur du chômage et à la crainte pour les retraites. Mettre un toit sur sa tête est clairement une façon de se sécuriser et de sécuriser sa famille. Mais c'est aussi un frein majeur à la mobilité, dans un pays où les frais de mutation sont extrêmement élevés, par rapport par exemple au Canada. En outre, c'est effectivement tout un volant de liquidités qui n'est ni épargné ni investi dans l'économie. Et la frénésie immobilière alimente la bulle et l'envolée des prix ou leur maintien à un niveau trop élevé dans les zones tendues. Le tout immobilier ne peut clairement pas servir de politique. Le tous propriétaires de Nicolas Sarkozy était une erreur. La plupart des Allemands sont locataires et s'en portent très bien - même si, il est vrai, l'Allemagne souffre d'une baisse de démographie et non d'une pression démographique comme la France.
Réponse de le 20/06/2015 à 8:08 :
Il va falloir changer d'exemple, puisque depuis 2012 la population augmente en Allemagne.
Réponse de le 20/06/2015 à 11:26 :
@1970made: précision concernant l'Allemagne
Il semble que soyez mal renseigné sur les tendances actuelles en Allemagne. Depuis plusieurs années les prix de l'immobilier subissent d'importantes hausses dans la majorié des grandes villes telles que Munich, Fancfort, Berlin etc. (l'Allemagne est un pays bien moins centralisé que la France). Les dernières évaluations statistiques montre une augmentation moyenne de 9% Munich (où le mêtre carré est dèjà le plus cher du pays), 15% à Berlin, 18% à Stuttgart... et ce pour la seule année 2014 ! Les année précédentes on a vu des hausses d'environ 5% à 7 %. Il s'agit bel et bien d'une tendance qui persiste et a tout l'air de conduire à une bulle spéculative en formation.
Je vois souvent cette erreur ("les prix immobiliers stables en Allemagne contrairement à d'autre pays européens") dans les articles de la presse francaise et les interviews d'experts immobiliers francais. A croire qu'ils se basent sur des données qui s'arrêtent en 2010-2011.
Réponse de le 23/06/2015 à 14:14 :
@1965made. Je ne dispose pas effectivement des dernières statistiques et je me fonde, il est vrai, concernant l'Allemagne sur des chiffres passés. Votre témoignage me semble donc très intéressant. Il reste que le tous propriétaires n'a pas été appliqué en Allemagne et que les Allemands s'en sont longtemps très bien portés... A quoi selon vous est liée cette hausse ? A la reprise économique ? A la crainte pour les retraites des Allemands vu le demo-krach à venir outre-Rhin ? Ce serait intéressant aussi de comparer la moyenne des loyers en France dans les grandes villes à la moyenne en Allemagne.
a écrit le 19/06/2015 à 13:41 :
lorsque j'achète un bien l'argent est encaissé par l'ancien propriétaire , il est dépensé ou placé ..
au contraire l'on injecte les 840 milliards dans l'économie puis ce que la banque crée en grande parti l'argent des prets.De plus lorsque l'on est propriètaire on entretien son bien, on a un sentiment de réussite ,c'est très bon pour le pays.
a écrit le 19/06/2015 à 13:29 :
"La culture de l'accession à la propriété immobilière". Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose mais il suffit de lire les commentaires ci-dessous pour ce rendre compte à quel point la propriété est effectivement une culture et sans doute plus... une passion, une raison de vivre.
a écrit le 19/06/2015 à 12:21 :
le crédit n est pas le frein !le prix du terrain l est tout autrement la spéculation immobilière l est aussi .a quand une régulation car plus c est rare plus c est cher , faisons comme certains pays le mixte c est a dire construisons pour avoir des locations ou acquisitions et le marché deviendra plus raisonnables .allez donc voir en haute savoie ,qui fait construire au prix demandé ?
a écrit le 19/06/2015 à 12:15 :
Quel le plus important?
- sacrifier le bien-être, la sécurité et les racines des individus, pour le bien-être des entreprises?
- ou mettre les entreprises au service du bien-être des individus?
Visiblement l'économiste a choisi:
- une main d'oeuvre de SDF, balloté de gauche à droite au gré des besoins de l'entreprise;
- un individu "consommateur" locataire, salarié puis retraité, pieds et poings liés, juste qu'à sa mort, tributaire d'un employeur puis de l'Etat;
- "un pouvoir de nuisance du taux de propriété"!!!!!!!
Où est le respect du l'individu?
Où est la priorité? Le salarié au service de l'entreprise, ou l'entreprise au service des individus et de la société?
Nos experts "économistes" ont perdu leurs repères, vassalisés qu'ils sont à la toute puissante finance!
Réponse de le 19/06/2015 à 14:09 :
L'entreprise agit pour le bien-être de ses clients et de ses actionnaires. Les salariés en profitent en se voyant offrir un emploi qu'ils peuvent refuser mais l'entreprise ne peut leur devoir que leur salaire.
Réponse de le 19/06/2015 à 14:47 :
L'entreprise n'est pas une fin en soi!!! C'est un moyen destiné à apporter la prospérité aux hommes!
C'est cette dérive qui est malsaine! A quoi servent une économie et des entreprises prospères et "heureuses", si c'est au détriment des hommes?
Le monde économique a oublié sa raison d'être!
L'entreprise est au service des hommes, ce n'est pas l'homme qui doit être au service de l'entreprise!
a écrit le 19/06/2015 à 11:59 :
Comparer la France et l'Allemagne n'a pas grand sens
Démographiquement ; la 1èere "gagne" 150 000 habitants chaque année, tandis que l'autre en perd à peu près autant, ce qui fait des logements vacants, donc des prix plus bas
Historiquement : l'Allemagne s'est unifiée au XIX°s. Avant : nombreux "royaumes" avec chacun leur "capitale". Il n'y a pas de métropole comme Paris. Berlin : 3,4 moi (vs Paris : 20 mio), Munich : 1,7 moi, Hambourg : 1,3 moi et ensuite, une bonne quinzaine de villes entre 0,9 et 0,3 ioi
En France : 4 ou 5 villes
Il est bien évident que + la population est importante, plus la demande est forte, plus les prix sont élevée
Aujourd'hui : en France, il y a
Réponse de le 20/06/2015 à 8:16 :
Quelques rectifications : l'aire urbaine de Paris, c'est 12 millions d'habitants pas 20, versus 5 pour Berlin. La population de l'Allemagne augmente en fait de 300000 habitants par an depuis 2011, plus que la France donc, sous l'effet du solde migratoire. Par ailleurs, la densité de population est deux fois plus importante en Allemagne qu'en France, et pourtant les terrains sont considérablement moins chers.
Réponse de le 20/06/2015 à 10:37 :
@ben : oui et vous oubliez une chose ..depuis 2/3 ans les prix explosent en allemagne
Réponse de le 20/06/2015 à 16:54 :
Je ne l'oublie pas. Quand à dire qu'ils "explosent", c'est bizarre. En se basant sur les mêmes chiffres de hausse en France, on nous soutenait que le marché était sain...
Réponse de le 20/06/2015 à 17:33 :
il était sain pour les gens qui avaient intérêts à ce que la bulle gonfle uniquement
Réponse de le 22/06/2015 à 8:37 :
@Ben
" En se basant sur les mêmes chiffres de hausse en France, on nous soutenait que le marché était sain..."

Bienvenue en France, où, quand les prix triplent, en désolvabilisant massivement les jeunes, les primo-accédants, ceux qui veulent s'agrandir, et en faisant gagner massivement de l'argent sans cause à des baby-boomers, on parle d'une "embellie".
Et quand les prix baissent, resolvabilisant un tout petit peu les actifs et faisant perdre une fraction de leur plus-value aux baby-boomers, on parle de "marché déprimé".
a écrit le 19/06/2015 à 11:50 :
Si on ne rembourse pas un crédit bancaire, alors on paye un loyer comparable (qui d'ailleurs sert souvent au propriétaire, qu'il soit particulier ou organisme d'HLM, à rembourser le crédit qu'il a lui-même souscrit pour acheter le logement loué). Et si on s'éloigne de son lieu de travail pour avoir les moyens d'acheter, alors on devrait sans doute aussi s'éloigner pour louer puisque les loyers et les prix de vente sont évidemment liés. Ce n'est pas parce qu'on ne peut acheter qu'en lointaine banlieue qu'une alternative possible serait de louer à Paris intra-muros... Pour résoudre la question de la mobilité, il y a d'autres solutions : louer le bien qu'on possède et faire baisser drastiquement les droits de mutation. Et comme le vrai problème en France (et c'est un frein à la compétitivité) le vrai problème est le coût trop élevé du logement, que ce soit à la vente ou à la location faute d'offre suffisante là où il y a de l'emploi, il faut construire, construire, construire, du très social au très haut de gamme, et aussi cesser d'alourdir les normes car ça grève sans arrêt les coûts de construction (est-il par exemple indispensable que dans un immeuble TOUS les logements soient aux normes d'habitabilité pour les handicapés ?).
a écrit le 19/06/2015 à 11:15 :
Voila un article qui ne va pas plaire a la secte des adorateurs du parpaing ... Pourtant il est vrai que l allemagne ou la suisse se portent bien mieux que bous et ont bien moins de proprietaires. Tout aussi vrai qu etre proprietaire est un handicap quand vous travaillez vu qu il restreint votre mobilite.
Je suis meme pas sur que ca soit une bonne idee de devenir proprietaire a la retraite. En effet, les pensions sont amenees a decroitre (on ne pourra pas éternellement tondre les actifs et s endetter). donc avec moins d argent, il sera plus logique soit de quitter la france pour aller dans un pays plus chaud et moins cher. De plus quand vous serez vraiment vieux et malade, il va falloir payer la maison de retraite. et comment faire si l essentiel de votre capital est immobilise dans une maison ? Il faudra tout vendre en une fois (contrairement a des actions que vous vendrez petit a petit en fonction du marché et des vos besoins). et si tous les vieux se mettent a faire pareil (vendre leur maisons en meme temps dans des zones economiquement peu dynamiques), c va juste faire un krach ...
Réponse de le 19/06/2015 à 11:52 :
les retraités propriétaires de leur logement sont bien heureux de ne pas avoir de loyer à payer alors que leurs revenus de retraités ont baissé par rapport à leur période d'activité. C'est une manière de conserver un pouvoir d'achat correct arrivé à la retraite.
Réponse de le 19/06/2015 à 12:29 :
Vous parlez des retraites ACTUELS qui ont beneficie de prix de l immobilier BAS et des 30 glorieuses et de pensions correctes voire elevees (les retraites ont un niveau de vie superieur aux actifs). Moi je parle des retraités FUTURS qui se posent la question d acheter maintenant. Pour eux, c est une heresie car c est un handicap professionnel (pas de mobilite), un mauvais placement (achat au plus haut) et un risque (achat a credit).
a écrit le 19/06/2015 à 11:10 :
Donc, si on lit un peu mieux, le fait que les gens deviennent propriétaires de leur résidence empêche les grands fermier généraux de l'Etat de les tondre a vie d'un loyer, et empêche les entreprises de les envoyer balader d'un site a l'autre au bon vouloir des désidératas du mandataire social du moment ?
Conclusion, continuons, et soyons encore un peu plus propriétaires de notre vie...
Réponse de le 19/06/2015 à 12:25 :
Bien d'accord. Ils veulent juste des corvéables a merci. Et si possible sans famille pour éviter d'avoir des enfants malades ou des congés de maternité ou paternité!
Vivement le retour a la belle époque ou les entreprises louaient des cages a poules a leurs employés, au moins ils les ont sous la main!
Réponse de le 19/06/2015 à 12:30 :
au contraire, un acheteur est pied et poing lie a son employeur car il doit rembourser le credit pendant 20 ans
a écrit le 19/06/2015 à 10:45 :
C'est l'impossibilité d'accéder à la propriété qui est un effet pervers de l'économie. L'économie devrait être organisé pour justement permettre au plus grand nombre de s'offrir un toit. Un logement en pleine propriété, c'est la sécurité, l'opportunité de se constituer un capital, un moyen d'intégration, de stabilité.
Ne pas pouvoir accéder à la propriété, c'est payer toute sa vie, à fonds perdus des locations à des propriétaires rentiers, organisés, puissants qui ne font pas de cadeaux. C'est l'insécurité permanente.
Réponse de le 19/06/2015 à 12:07 :
Il faudra forcément un propriétaire pour chaque locataire... Et ces propriétaires ne seront en aucun cas philanthropes.
Réponse de le 19/06/2015 à 15:03 :
Tout dépend du propriétaire. Les logements sociaux sont généralement abordables. C'est louer dans le privé qui est très onéreux. Et c'est bien pour cela que des observatoires des loyers ont été mis en place.
Dans l'idéal, être propriétaire est plus sécurisant... sauf qu'aujourd'hui, l'accès à la propriété est extrêmement onéreux dans les zones dites tendues, cad celles où il y a de l'emploi.
La vraie solution serait de débloquer enfin les freins à la construction de manière à construire plus de logements et ainsi à la fois favoriser l'activité économique d'un côté (un logement représente 1,5 emploi) et faire baisser les prix des logements de l'autre.
a écrit le 19/06/2015 à 10:38 :
Sur un emprunt, l'amortissement est de plus en plus important au fur et à mesure du temps.
Par exemple sur 15 ans, le capital remboursé au bout de 10 ans est faible, l'essentiel du remboursement se fait sur les dernières années. Pourquoi ne pas exiger des banques un remboursement plus fort les premières années. L'endettement des ménages serait moins long et le gain en capital serait obtenu plus rapidement.
a écrit le 19/06/2015 à 10:33 :
Excellente conclusion. En effet, quand on est un jeune cadre destiné à travailler dans des grosses structures localisés dans des grandes villes, s'endetter pour 25 ans n'est pas raisonnable: on est prisonnier de son emprunt, et donc de son job. De nos jours, il faut être mobile. Il faut donc louer la juste surface au coût le plus faible possible, proche de son travail pour ne pas se pourrir la vie dans les transports, bouger régulièrement (tous les 3 ans max) pour augmenter son salaire, et se constituer une épargne permettant, si on le souhaite, de devenir propriétaire lorsque l'on se retire du monde du travail.
La mobilité est incompatible avec l'achat immobilier, qui n'est intéressant que si l'on reste plus de 10 ans au même endroit car il faut amortir les frais d'acquisition (d'autant plus que les prix sont orientés à la baisse).

Et à la retraite, dans une ville moyenne de province loin des gros sièges sociaux, l'immobilier est vraiment accessible avec l'argent épargné.
Réponse de le 19/06/2015 à 11:13 :
Si on est amene a devoir demenager pour des raisons professionnelles, pourquoi ne pas mettre son bien en location (en particulier dans les zones tendues, ou la demande locative est forte)? Avec le loyer ainsi percu on est largement en mesure de pouvoir louer ailleurs... A moins que ce ne soit le risque de se retrouver avec des loyers impayes et de ne plus pouvoir soi-meme payer son loyer? Dans ce cas il y a une solution tres simple pour ameliorer la mobilite: mauvais payeurs, dehors en 3 mois maximum, hiver comme ete.
Réponse de le 19/06/2015 à 11:35 :
surtout si la retraite est portée a 70 ans : belle perspective de retraite , je ne suis pas de votre avis.
Réponse de le 19/06/2015 à 11:47 :
Donc un jeune cadre doit être mobile (3 ans max dites-vous), pour faire une belle carrière en gagnant toujours plus d'argent en vue de s'offrir une belle maison à la campagne pour sa retraite.

En résumé, une personne comme ça n'a aucune relation de voisinage construite (surement aucune relation entre collègue de travail ...), ne s'investit dans aucune association locale, ne sera jamais impliquée dans la vie politique (conseillé municipal par exemple).
Pour faire cours, c'est un autiste social et encore, je ne parle pas de la vie de ses éventuels enfants qui changent d'école tous les trois ans.

Je ne voudrais pas de cette vie.
Réponse de le 19/06/2015 à 13:55 :
Ce n'est pas le prix de l'immobilier qui est en soi génant sur la mobilité, ce sont les frais de mutations( et eventuellement d'agence ) qui se grèvent en pourcentage sur le prix de l'immobilier, et qu'il faut amortir. Enlever ces frais abusifs et il sera plus facile de déménager. Quand vous pensez que pour maison de 200K, il faut de l'ordre de 20/25 de frais lié au changement. C'est la dessus qu'il faut se battre...
Réponse de le 20/06/2015 à 17:31 :
les droits de mutation, si on les enlève , fera que les vendeurs tenteront de les capter par des hausses de prix, on sait ce qui s'est passé quand on a vu les subventions déversées massivement sur le marché, il en sera de même.
Ca pourrait se faire sur un marché où la demande est très très inférieure à l'offre, ce qui n'est pas encore le cas, et le retour immédiat en cas de retournement.
a écrit le 19/06/2015 à 10:12 :
A Sarkosy qui voulait une France de propriétaires, Hollande préfère une France de locataires... Ce n'est pas la même chose!
Réponse de le 19/06/2015 à 11:17 :
Aussi mauvais l'un que l'autre.
Réponse de le 19/06/2015 à 18:56 :
sarkozy a englouti le marché sous les subventions, subventions qui ont fait massivement monter les prix, rappelez-vous aussi du ptz pour l'ancien , de forte amplitude déversé avec les droits sans les devoirs derrière, avant d'être capable d'en redemander.
Réponse de le 21/06/2015 à 11:04 :
@non : il faudrait tout de même vous informer avant de rependre en permanence des idées reçues ..nous ne sommes pas dans des forum politiques ! Si friggit " s est planté" sur ses prévisions ses courbes restent une référence : l immobilier subit une baisse depuis 2008 ( en province qui représente 85%de la france , Paris tant qu il n'y aura pas décentralisation massive restera très spéculative) ..NS à été élu en 2007 il me semble ; j ajoute que le besson était très avantageux et que le pinel ou duflot ne sont pas des dispositifs sous la droite . Je répète que tous ces dispositifs ont certe participé à la hausse des prix mais cachent surtout l insuffisance de l etat en matière de creation de logements sociaux qui se décharge sur le privé
Réponse de le 22/06/2015 à 20:32 :
la gauche airait voulu stopper les frais, mais problème , si ils avaient tout supprimés on les aurait encore plus critiqués, car le bouc émissaire, bien entendu, c'est eux, il faut bien en trouver

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :