Immobilier : le marché du luxe de nouveau plébiscité par les Français aisés

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Le premier semestre 2015 est marqué par le retour des expatriés et leur regain d'intérêt pour l'immobilier de prestige, en particulier à Paris où ils profitent de l'assagissement des prix.
Le premier semestre 2015 est marqué par le retour des expatriés et leur regain d'intérêt pour l'immobilier de prestige, en particulier à Paris où ils profitent de l'assagissement des prix. (Crédits : Reuters)
Une étude réalisée par Lux-Residence.com, un portail d’annonces immobilières haut de gamme - sur un panel de 141 Français - dresse le portrait et le profil des acheteurs aisés. Les résidents français signent leur retour sur un marché dont la morosité, plusieurs années durant, s'explique par la conjoncture économique et la pression fiscale. Pour 73% d’entre eux, c’est même le bon moment pour acheter.

Les hyper-riches, un temps attentistes, sont-ils en train de revenir sur le marché de l'immobilier de luxe ? Si l'étude de Lux-Residence.com ne concerne que 300 ménages en France, soit moins de 0,5% de la population, elle dresse le comportement et le profil de ces acheteurs pour un segment de l'immobilier qui regroupe des biens d'exception - par leur architecture, leur emplacement ou encore leur histoire.

Le retour des expatriés

Alors qu'ils avaient déserté l'Hexagone, les amateurs d'immobilier haut de gamme signent leur retour. Parmi les sondés de l'étude Lux-Residence.com, ils sont 74% à résider en France, contre 64% en 2014.

"Les expatriés reviennent et achètent en France. Ils profitent de l'assagissement des prix à Paris."

Avec la baisse des prix, les acheteurs le savent : ils ont la main, n'hésitent pas à négocier, et lorgnent de nouveau  la capitale.

S'ils disposent de revenus confortables, ils sont en revanche réalistes sur les prix, plus que les acheteurs potentiels sur le marché classique. L'étude remarque que 72% de ce public en quête d'un bien de luxe estime que "les prix ne sont pas réalistes, contre 55% sur le marché classique".

Les riches de nouveau à l'affût d'un investissement locatif

Le principal enseignement de l'étude, c'est le retour de ces acheteurs aisés en particulier dans l'investissement locatif, après l'avoir déserté "faute de confiance et d'un climat anxiogène", comme le note Laurent Demeure, Pdg de Coldwell Banker France et Monaco, spécialisé dans l'immobilier haut de gamme. Ainsi, 23% des intentions d'achat concernent désormais l'investissement locatif contre 13% en 2014.

Dans la capitale, ils sont à la recherche de biens avec une valeur ajoutée. « A Paris, ils plébiscitent les quartiers centraux, près de la Seine et le Marais », détaille Laurent Demeure. Avec un investissement moyen de l'ordre de 1 million d'euros, ce public exigeant place le critère de la vue comme premier dans leur projet d'acquisition.

"Une vue, c'est un privilège, et c'est surtout l'assurance de revendre avec une plus-value de 20% à 25%", assure le Pdg de Coldwell Banker France et Monaco.

Cette clientèle mise aussi sur la stabilité :

"Ils achètent un 60-100 m2, qu'ils louent en meublé à un cadre international qui vient s'installer pour une certaine durée."

Portrait-robot de l'acheteur

L'étude s'intéresse également au profil des sondés, et dresse leur profil type : ainsi 60% des sondés ont un revenu annuel supérieur à 160.000 euros, avec 43% qui atteignent plus de 200.000 euros par an. C'est aussi une clientèle nettement plus âgée que celles des acquéreurs de biens classiques : 78% de plus de 50 ans, contre 24% de plus de 50 ans sur le marché classique.

L'étude montre qu'il ne s'agit pas exclusivement d'héritiers, puisque cette population dispose de revenus élevés par leur patrimoine et leur activité professionnelle. Ils sont une majorité à être actifs, 67% d'entre eux, avec une surreprésentation de cadres et de professions intellectuelles supérieures ou libérales. Les autres sont retraités (25%) ou sans activité professionnelle (6%).

Contrairement aux Etats-Unis et à la Chine par exemple, cette aisance financière est aussi plus tardive dans l'Hexagone : « En France, la constitution des patrimoines met plus de temps, et c'est une exception française par rapport au reste du monde », indique Laurent Demeure.

Les riches très opportunistes

L'autre enseignement de l'étude, c'est le dynamisme de ces acheteurs de l'immobilier de prestige :

« Ils sont très opportunistes. Ils ont une gestion très active de leur patrimoine : 38% des sondés ont acquis un bien de prestige au cours des deux dernières années.  61% ont revendu il y a moins de 2 ans ou ont l'intention de revendre dans les deux prochaines années », commente Laurent Demeure.

Ce public dispose d'ailleurs très largement  (77% d'entre eux) de plus de deux biens immobiliers. Ils sont aussi à l'affût des bonnes affaires en Europe.

Lisbonne, dopée par une fiscalité allégée pour les étrangers

Parmi les villes les plus attractives à l'étranger, c'est Lisbonne au Portugal qui recueille le plus de suffrages avec 14% d'intentions d'achat chez les sondés pour un investissement. Les prix attractifs sont un argument, mais l'engouement pour ce pays du sud de l'Europe (qui détrône désormais le Maroc chez les retraités) s'explique surtout par son système fiscal avantageux.

Un statut fiscal, instauré en janvier 2013, permet aux retraités étrangers qui séjournent 6 mois et un jour par an au Portugal (ou qui disposent d'un logement  considéré comme leur résidence principale) d'être exonérés de l'impôt sur le revenu pendant 10 ans.

Enquête réalisée sur un échantillon exclusif de 141 personnes interrogées du 18 au 21 mai 2015, qui souhaitent acquérir un bien immobilier de prestige en France d'ici à 2 ans.

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Commentaires
a écrit le 07/06/2015 à 13:30 :
Mort de rire,c'est vrai tous les français expatriés en Belgique et en Suisse sont revenus ,même les joueurs de tennis.
a écrit le 07/06/2015 à 13:27 :
Les riches français sont tous revenus et investissent en masse depuis que Valls et Macron ont fait baisser l'impôt sur le revenu ,supprimer l'ISF et la CSG.
a écrit le 06/06/2015 à 6:58 :
Combien de logements à Paris sont detenus par des banques et des compagnies d'assurance?
a écrit le 05/06/2015 à 8:44 :
Je rêve de classes aisées beaucoup plus philanthropiques: ils devraient investir dans des logements à loyer modéré pour faire un geste pour les personnes qui travaillent, gagnent leur vie mais ne peuvent plus se loger décemment (à Paris notamment.) Mais apparemment, ils préfèrent investir dans un but purement lucratif.

Enrichissez-vous, je n'y vois pas d'inconvénient, mais pas sur le logement!
a écrit le 05/06/2015 à 7:49 :
ca y est on peut revenir ,il ne prennent plus l argent ....
a écrit le 05/06/2015 à 3:12 :
Bonjour : a priori, 0,5% de la population française, c'est un peu plus que 300 personnes.
Réponse de le 05/06/2015 à 6:32 :
300.000 tu veux dire
Réponse de le 05/06/2015 à 10:38 :
permettez moi d'être sceptique (sur l'éternel retour !), sauf sur LISBOA. Le systeme fiscal francais est notoirement contre le développement de la propriété privée et de l'enrichissement personnel, le premier commentaire en est bien un témoignage.
Réponse de le 05/06/2015 à 15:19 :
L'enrichissement basé sur la spéculation sur un bien de première nécessité dans une zone de carence manifeste est humainement médiocre, vous en conviendrez.

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