Les renégociations de crédits immobiliers explosent

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La baisse des taux d'intérêts des crédits immobilier et le relais médiatique ont encouragé les Français à renégocier leurs crédits immobiliers en ce début d'année.
La baisse des taux d'intérêts des crédits immobilier et le relais médiatique ont encouragé les Français à renégocier leurs crédits immobiliers en ce début d'année. (Crédits : Reuters)
Près de la moitié de la production de crédits immobiliers en mai provient des renégociations, selon les chiffres de la Banque de France. Mais cela ne devrait pas durer...

Le niveau de taux d'intérêts nominaux historiquement bas a provoqué une vague de renégociations de leurs crédits immobiliers par les ménages français. Ainsi en mai 2015, « un prêt à l'habitat sur deux est un crédit renégocié (46 % contre 27 % en décembre 2014) », indique une note de la Banque de France. « Soutenue par les renégociations (7,2 milliards d'euros en mai, après 6,9 milliards en avril), la production de crédits à l'habitat conserve ainsi son dynamisme (15,5 milliards d'euros en mai, après 15,2 milliards) », est-il aussi expliqué dans la note.

Pas une surprise

A titre de comparaison, les renégociations ne représentaient que 3 des 11 milliards d'euros de crédits produits en décembre 2014. Et « dans des années où les taux ne baissent pas à des niveaux trop bas, moins de 10 % de la production de crédits se fait  en renégociations », explique Maël Bernier, porte-parole du courtier immobilier Meilleurtaux.com.

Une telle augmentation du poids des renégociations de crédits dans la production totale n'est cependant pas une surprise du point de vue des courtiers immobiliers qui, sur le terrain, ont pu constater une hausse significative des demandes de renégociations « en janvier et en février dernier », se souvient Maël Bernier. Or, « Il faut en général trois ou quatre mois pour que les demandes de renégociations se transforment en modification concrète », ajoute-t-elle.

Baisse des taux d'intérêt

Cet afflux de demandes du début d'année est attribuable à la baisse tendancielle des taux d'intérêt des crédits immobiliers (2,53 % en moyenne pondérée en février 2015 contre 3,2 % un an plus tôt, selon les chiffres de la Banque de France), ainsi qu'à un « traitement médiatique » incitant plutôt les emprunteurs à se précipiter au guichet des banques pour renégocier leurs prêts, juge Maël Bernier.

Cependant, cette situation ne devrait pas durer indéfiniment. « Les banques sont aujourd'hui surchargées de demandes de nouveaux crédits auxquelles elles ont du mal à répondre de manière exhaustive », explique la porte-parole de Meilleurtaux.com. C'est pourquoi la production globale de crédits immobiliers devrait se stabiliser dans les mois d'été.

Chute des renégociations à venir ?

Si l'on ne prend en compte que les demandes de renégociations, elles devraient de leur côté se réduire. « La part de la production en renégociation de crédits va beaucoup baisser dans les prochains mois, car elles ne représentent aujourd'hui qu'entre 10 % et 30 % des demandes selon les acteurs du marché », explique Hervé Hatt, président de Meilleurtaux.com.

Et si cette hausse du poids des renégociations n'est pas pérenne, c'est « d'une part parce que la plupart des ménages qui avaient intérêt à renégocier leurs crédits l'ont fait cette année, et que, d'autre part, beaucoup ont déjà renégocié à des taux déjà très faibles les deux années passées », ajoute-t-il.

Du reste, tant qu'il n'y aura pas de certitude que les taux remontent, il sera toujours temps pour les retardataires qui ont souscrit un prêt à un taux élevé de solliciter leur établissement financier.

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Commentaires
a écrit le 13/07/2015 à 11:29 :
Ce qui compte, c'est le taux réel

(TauxRéel=tauxEmprunt - Inflation)

Avec le Quantitative Easing, plus le temps passe, et plus le taux réel est à l'avantage des acheteurs.
Avec la hausse des taux, plus le temps passe et plus les prix de l'immo baissent - à l'avantage des acheteurs aussi.

Résumé: si vous voulez acheter, attendez.
a écrit le 11/07/2015 à 18:07 :
Il se pourrait bien que les taux diminuent encore plus bas que ceux de début d'année.

En tout cas, cela n'impacte pas les acheteurs. Que l'on donne notre argent aux banques ou aux baby-boomeurs qui ont eu la vie facile, peu importe!
Ce que l'on veut, c'est payer moins au total.

Les peu informés s'endettent aujourd'hui sur 280 mois contre 70mois à la fin des années 90. C'est vous dire si ils se font plumer.
a écrit le 09/07/2015 à 12:23 :
La part de la production en renégociation de crédits va beaucoup baisser dans les prochains mois, car elles ne représentent aujourd'hui qu'entre 10 % et 30 % des demandes selon les acteurs du marché contre 46% en début d'article
relisez vous
a écrit le 09/07/2015 à 0:20 :
Bonjour,
Tout cela est à corréler avec les statistiques prétendant que els crédits repartent à la hausse pour l'immobilier.
En fait c'est une technique de communication pour essayer de rétablir la confiance.
Etant donné que les USA sont suspecté de remonter leur taux d'ici 2016, c'est le moment idéal pour les français de renégocier leur emprunt de peur que la BCE se calque sur les positions US. Mais en observant bien il y a peu de risques que les taux remontent pendant les 24 prochains mois en Europe étant donné que le régime de rachat de dette souveraine par la BCE tourne à plein et que la Grèce contribue à remettre en question les chantres de l'austérité qui n'ont qu'un seul objectif : rembourser les créanciers. Hors c'est totalement incompatibles avec l'invstissement nécessaire aux réformes, à la modernisation de l'économie et à la relance de l'investissement productif (industrie, commerce etc...). On nous aurait mentit ? ;)

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