Prix de l'immobilier : les notaires planchent sur un indicateur à la fois fiable et plus rapide

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Les notaires, réunis ce jeudi, pourraient décider de créer un indicateur national, non plus basé sur les transactions mais sur le document préalable, les promesses de vente et d'achat.

Les prix de l'immobilier en France ne cessent de donner lieu à polémique, notamment sur Internet. Dès qu'un acteur du marché - la Fnaim, fédération nationale de l'immobilier, PAP (de Particulier à Particulier), Century 21, Laforêt, Seloger.com et autres - donne des éléments, il est aussi accusé de plaider pour sa chapelle, de désinformer, de vouloir surtout encourager les transactions.

Les chiffres les plus fiables paraissent venir des notaires car ils s'appuient sur les transactions effectivement réalisées. Problème : du coup, ces chiffres datent forcément un peu - de trois à cinq mois - et ne transcrivent pas les plus récentes évolutions du marché, pourtant cruciales surtout en ces temps incertains et alors que les Français se ruent sur la pierre, considérée comme plus sûre, pour y placer leur épargne.

Les notaires vont donc essayer d'améliorer les choses et de gagner en réactivité. Ils se réunissent ce jeudi dans ce but. Ils pourraient ainsi décider sortir un nouvel indicateur, non plus basé sur les transactions mais sur le document préalable, les promesses de vente et d'achat.

Mais il ne sera pas facile de faire remonter rapidement les données des 9.000 études notariales de France, surtout avec 120 critères à remplir pour chaque opération. Et cela coûtera cher. Les notaires pourraient du coup demander l'aide de la Caisse des dépôts (CDC), bras armé financier de l'Etat. Car ce dernier est très demandeur de chiffres fiables et rapides sur le marché français de l'immobilier.

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Commentaires
a écrit le 09/12/2010 à 12:10 :
Pour le coût, je rappelle que le notaire est déjà rémunèré pour cela à chaque vente. Curieusement, il n'y a jamais assez d'argent, mais c'est vrai qu'avec la baisse des droits de mutations enregistrées ces dernières années, ils ne sont pas contents.

A quand les données librement disponible sur Internet comme aux Etats-Unis ?

On devrait au moins avoir accès aux transactions enregistrées par les impôts puisqu'il y a versement des droits de mutations. Friggit accède bien aux données. Donc, il n'y a aucune raison que ces données restent confidentielles et soient payantes. La seule raison pour cela, c'est que cette profession veut continuer à conserver le culte du secret, comme le fait la FNAIM et les autres corporations.
a écrit le 09/12/2010 à 9:11 :
Je suis d?accord avec les précédents commentaires.
Je reste dubitatif avec le souhait des notaires : la promesse de vente ne leur parvient qu?après le délai de rétractation de 7j, et ils ne pourront réellement remonter le prix qu?après l?obtention d?un prêt (retrait des promesses fantasques des acheteurs compulsifs n?ayant pas consulté au préalable leurs banquiers ? à voir quelle proportion ils représentent).

Par ailleurs, à ce jour, la base de données des notaires est uniquement remplie par volontarisme de ces derniers : s?ils ne souhaitent pas rentrer les transactions, ils le peuvent ; s?ils ne souhaitent rentrer que certaines transactions (je ne sais pas, les plus chères par exemple), ils le peuvent ; s?ils souhaitent rentrer toutes leurs transactions, ils le peuvent également.
Comme énoncé dans l?article, si l?entrée des transactions dans cette base devient obligatoire pour les notaires, il y aura un coût à supporter, et mon petit doigt me dit que je pense savoir qui va finalement payer ce coût supplémentaire afin d?avoir l?espérance d?une information plus transparente, et non plus biaisée et intéressée comme aujourd?hui.
a écrit le 09/12/2010 à 8:26 :
Aux USA, les indicateurs économiques spécifiques sont le plus souvent gérés par l'enseignement supérieur (les universités) : gage de sérieux, d'indépendance, excellent travail d'application pour leurs étudiants et professeurs ainsi confrontés au réel, et vecteur d'image pour les dites universités. Pourquoi une université ou école de management française ne pourrait pas concevoir et gérer ce nouvel indice "immobilier" avant qu'il ne devienne une usine à gaz corporatiste ?
a écrit le 09/12/2010 à 8:11 :
+1 pour Uffa, le prix est un argument de vente depuis plusieurs années, et on ne peut pas demander aux AI, notaires, vendeurs de crédit et autres de travailler contre leur corporation.
L'Etat, vu tout le pognon qu'il balance sur le marché immo, devrait être responsable de la diffusion des chiffres.
Et si les français se ruent sur la pierre, c'est bien parce qu'on leur bourre le mou depuis deux ans avec l'immo, à tel point qu'ils en oublient de compter...
Le comportement de l'ensemble des professionnels de l'immo depuis 2 ans est tout simplement HONTEUX.
a écrit le 09/12/2010 à 6:47 :
Où en est le projet du gouvernement sur la mise en place d'un indicateur de prix de l'immobilier ? Tant que les chiffres seront donnés par les professionnels, ils feront forcément l'objet de doutes quand à l'objectivité car on ne peut être juge et partie. En 2008 par exemple la FNAIM a reconnu avoir volontairement dissimulé la baisse des prix, par contre la hausse est toujours annoncée !

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