Diagnostics immobiliers : une fiabilité qui laisse à désirer

 |   |  321  mots
Depuis 1996, le nombre de diagnostics exigés pour la réalisation d'une vente immobilière ne cesse d'augmenter. L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a mené l'enquête sur les prestations existant aujourd'hui : elle fait un état des lieux peu reluisant.

Les diagnostics immobiliers obligatoires constituent un marché en plein essor. "Ce marché représente 360 millions d'euros de chiffre d'affaires et croît de 15 % par an", indique Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir. Dans ce contexte, la concurrence fait rage sur fond de guerre des prix, une situation qui a attiré l'attention de l'association. Mais l'enquête qu'elle a menée montre que qualité et prix du diagnostic ne sont pas liés, loin s'en faut. Sur les 21 diagnostics réalisés sur trois pavillons, les résultats pointent des écarts de prix allant de 15 % à 51 % pour le même travail. Plus grave, l'expertise menée par la suite par un organisme officiel (Afaq-Afnor) révèle de grandes divergences dans les résultats et parfois même des erreurs flagrantes (plaques d'amiante ignorées, par exemple).

Or le vendeur peut penser que sa responsabilité est couverte par les diagnostics. "Il n'en est rien, souligne Marie de Prandières, juriste à l'UFC-Que Choisir. En cas de découverte de l'erreur, l'acheteur est en droit de demander l'annulation de la transaction et/ou des dommages-intérêts." D'où l'importance de la fiabilité des diagnostiqueurs.

Par ailleurs, ce nouveau métier se développant en lien intime avec les professionnels de l'immobilier pose quelques autres problèmes. "Le montant versé en commissions (chèques-cadeaux ou bons-essence généralement) à ces apporteurs d'affaires pourrait atteindre 15 % à 30 % du chiffre d'affaires du diagnostiqueur", note Marie de Prandières. Certains groupes, comme Foncia, ont une filiale d'agences immobilières, une autre de diagnostic ...

Les diagnostiqueurs peuvent être tentés de favoriser le déroulement fluide de la transaction. Et depuis le 1er novembre 2007, ils doivent être certifiés. Or il arrive qu'organisme certificateur et société de diagnostics appartiennent au même groupe. En parallèle de ses actions de lobbying habituelles, l'association a entamé une action en justice contre AlloDiagnostic pour tenter de faire condamner les pratiques de commissionnement.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :