Les Français font dans le cuir

Par Sara Sampaio  |   |  490  mots
Les achats de textile-cuir ont augmenté de 4,2% en février.
Les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés ont augmenté de 0,9% en février : c'est le textile-cuir qui a marqué la plus forte progression. Les économistes anticipent cependant une baisse la consommation au premier semestre, en raison de l'inflation des produits énergétiques.

La consommation des ménages s'est accélérée en février, en augmentant de 0,9% en volume, après une baisse de 0,3% en janvier, selon les statistiques publiées ce mardi par l'Insee.

Ce sont les dépenses dans le textile-cuir qui ont enregistré la hausse la plus spectaculaire : 4,2%, après deux mois de baisse. Le secteur connaît-il un changement de fond de conjoncture ? L'explication de cette progression est plutôt à chercher du côté de l'effet calendaire des soldes. Ces dernières ayant porté plus que d'habitude sur le mois de février, les achats se sont effectués ce mois-là plutôt que le précédent. On peut également penser que les consommateurs ont privilégié la période de fin des soldes, où les rabais sont plus importants. "Les comportements de consommation ont évolué vers des dépenses plus opportunistes", souligne Alexander Law, économiste chez Xerfi.

Autre statistique trompeuse dans la publication de l'Insee ce mardi, les achats d'automobile ont repris (+1%), après avoir baissé de 6,4% en janvier. "Leur maintien à un haut niveau s'explique par l'effet retardé des nombreuses commandes de fin d'année dernière pour bénéficier de la prime à la casse avant la fin du dispositif", précise l'Insee. En d'autres termes, les consommateurs n'ont pas acheté plus de voitures en février mais ont payé celles commandées à la fin de l'année dernière.

Les achats de biens d'équipement du logement sont également restés soutenus, en hausse de 0,9% en février après une progression de 2,5% le mois précédent. Ils "ont bénéficié du basculement vers la télévision numérique en Ile-de-France", qui a stimulé la demande pour les décodeurs et les téléviseurs avec récepteur TNT intégré, selon l'analyse d'Alexander Law.

Inflation et baisse du pouvoir d'achat

Sur un an, les achats des ménages français en produits manufacturés affichent une hausse de 5,5%. La consommation globale (dont le quart est composé de ces achats) a été la principale contribution à la formation de richesse en 2010, selon les chiffres détaillés du PIB pour le quatrième trimestre publiés par l'Insee. Elle reste donc le premier moteur de la croissance française.

Cependant, selon la plupart des analystes, elle devrait marquer le pas au premier semestre 2011, en raison de l'inflation des produits énergétiques, qui, depuis l'année dernière déjà, ampute le pouvoir d'achat. La hausse des prix du gaz de 5,2% au 1er avril ne devrait rien aranger. Le moral des ménages, en baisse en mars, appuie également ce scénario d'une baisse de régime de la consommation. L'hypothèse des économistes est par ailleurs que les ménages seront obligés de puiser dans leur épargne pour contrebalancer la baisse du pouvoir d'achat. Le taux d'épargne a déjà commencé à fléchir : il est passé de 16,2% en 2009 à 15,8% en 2010.