"La balle est dans le camp de Jean-Paul Huchon"

Par Propos recueillis par Fabien Piliu  |   |  498  mots
Olivier Duha / DR
Présidé par le président de la région Ile de France, le syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF) a décidé de ne plus travailler avec Webhelp, jugé trop cher par rapport à un prestataire ayant délocalisé une partie de ses activités au Maroc. Dans un entretien accordé à La Tribune, Olivier Duha, le co-président de Webhelp, également à la tête de l'association Croissance Plus, se dit révolté par cette décision qui pourrait menacer 80 emplois en France. Selon lui, Jean-Paul Huchon a encore la possibilité de revenir sur son choix.

Le syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF) a décidé de ne plus travailler avec Webhelp mais avec un prestataire ayant délocalisé une partie de ses activités au Maroc. La décision du STIF vous surprend-elle ?

Elle ne me surprend pas, elle me révolte. Alors que gouvernement tente par tous les moyens de sauver le tissu productif tricolore, de favoriser les créations d'emplois, je suis amer de constater qu'un opérateur de l'Etat ne prenne pas en considération l'environnement économique actuel. Si Jean-Paul Huchon, le président du STIF signe le contrat retenu, nous estimons que 80 emplois sont menacés dans nos centres d'appels de Fontenay le Comte en Vendée et à Saint Avold en Moselle. Ce ne sont pas vraiment des bassins d'emplois hyper dynamiques. Les conséquences sociales peuvent être dramatiques.
 

Lorsque ce type d'événement se produit, on a coutume de dire que le dirigeant ne savait pas, que c'est la direction des achats à qui l'on imposé des objectifs de rentabilité, qui a pris la décision. Est-ce le cas dans cette affaire ?

Jean-Paul Huchon était au courant car je lui ai adressé un courrier lui expliquant la situation. Je sais que les débats tenus pendant le conseil d'administration au cours duquel notre concurrent a été retenu ont été houleux. Egalement prévenus par nous, de nombreux députés étaient au courant et ont tenté de faire passer des messages à Jean-Paul Huchon.
 

Que peut faire Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif ?

Le dialogue est en cours entre le gouvernement et le STIF. Il peut convaincre Jean-Paul Huchon de ne pas contractualiser l'offre retenue il y a treize jours. La balle est dans son camp. Il y encore de l'espoir.
 

Le STIF était-il satisfait des prestations offertes par Webhelp ?

Les rapports réguliers des comités de pilotage l'indiquent. Le tarif, parmi les nombreux critères de sélection, a joué en notre défaveur car nous proposions des emplois sur le sol Français. Notre concurrent était simplement le mieux disant au niveau du prix grace a une localisation au Maroc. Sur tous les autres points du dossier, hors prix, Webhelp a eu les meilleures notes.
 

Cette affaire ne nuit-elle pas à Webhelp ?

Je ne crois pas. C'est un combat sociétal plus qu'un combat économique. Webhelp a déjà perdu des contrats, c'est le jeu de la concurrence. Heureusement, elle en a gagné beaucoup plus.

 

Votre concurrent pourrait faire valoir que vous êtes également délocalisé, au Maroc notamment ?

Evidemment, comme l'ensemble des entreprises de ce secteur ultra-concurrentiel. Nos clients privés ont des contraintes de coûts qui nous obligent à transférer une partie de nos activités dans des pays où les coûts de la main d'?uvre sont moins élevés. Si nous ne faisons pas, ce sont les emplois en France qui disparaîtront un jour. Mais la commande publique ne subit pas la même pression de la part du marché.