DSK : espoirs à gauche et prudence chez les politiques

Par latribune.fr  |   |  765  mots
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L'éventualité que Dominique Strauss-Kahn puisse voir s'effondrer les accusations d'agression sexuelle pour lesquelles il est actuellement inculpé à New York suscite déjà de l'espoir à gauche. De ses proches comme Pierre Moscovici à d'autres membres de la classe politique comme Jean-Louis Borloo, nombreux sont ceux qui, tout en se disant prudents, ont déjà commenté le "coup de théâtre" révélé par le New York Times.

Il venait de se rallier à François Hollande dans la course aux primaires socialistes, Pierre Moscovcici, ancien strauss-kahnien se refuse à se livrer aux conjectures. "C'est une nouvelle incroyable sans doute (...)", a déclaré le député du Doubs sur France Info. "Ma première réaction est une réaction de prudence. J'attends la décision de la justice. (...) Les spéculations à chaud, franchement ce n'est pas mon genre", a-t-il tempéré.

Une prudence partagée par Jean-Christophe Cambadélis, lui aussi strauss-kahnien et soutien de Martine Aubry pour les primaires. "Si les informations de New-York sont confirmées par l'audience de ce jour, il y a de quoi retrouver le sourire. Mais laissons la justice américaine agir et DSK dire sa vérité", a affiché le député PS du XIXe arrondissement de Paris sur son blog.

Lionel Jospin s'est aussi exprimé avec circonspection sur le sujet. "Dans l'hypothèse où Dominique serait lavé de toute charge, ce que je souhaite évidemment ardemment, ce serait d'abord à lui de se déterminer après un tel choc personnel. Après ce sera aux socialistes et aux responsables socialistes d'en décider", a expliqué l'ancien Premier ministre.

Les deux candidats les plus en vue pour remporter les primaires, François Hollande et Martine Aubry, ont tous deux exprimé leur espoir que Dominique Strauss-Kahn soit libéré. Aucun n'a émis de commentaire sur les conséquences politiques de ce possible rebondissement. Pour Ségolène Royal, qui s'exprimait en conférence de presse, "il est urgent que la vérité soit faite." La présidente de Poitou-Charente estime qu'il serait  "trop précipité" d'évoqur un retour politique de celui qui faisait figure de favori pour la candidature à la présidentielle avant son arrestation le 14 mai.

"Regarder les Français dans les yeus"

Pour d'autres socialistes, les dernières révélations dans l'affaire DSK sont de bon augure pour son retour sur la scène politique en France. Ainsi un autre proche de l'ancien patron du FMI, Jean-Marie Le Guen, s'est montré optimiste. "Le fait que les accusations terribles qui ont été portées contre lui s'effondrent prouvent que tous ceux qui ont spéculé sur sa disparition politique maintenant devront compter sur une personne, je l'espère, qui sera bientôt libre de ses mouvements et qui pourra regarder les Français les yeux dans les yeux", a-t-il déclaré au micro de France Info. Pour le député de Paris, Dominique Strauss-Kahn "sera présent dans la campagne présidentielle" de 2012 s'il est blanchi par la justice américaine.

Jack Lang  voit l'éventuelle levée des accusations contre DSK sur la campagne présidentielle au PS comme une opportunité. La présence de DSK  aux côté des socialistes "à quelque rang que ce soit serait un coup de booster assez extraordinaire", a souligné l'ancien ministre de la Culture sur BFM.

Plus radicale encore, Michèle Sabban, vice-présidente PS du conseil régional d'Ile-de-France, a demandé que le processus des primaires socialistes soit suspendu pour laisser à Dominique Strauss-Kahn "un temps de parole". Lui répondant sur LCP/Public Sénat, Benoît Hamon, porte-parole, a précisé qu'une suspension "n'est pas à l'ordre du jour."

Pour l"instant, la date limite de dépôt de candidature aux primaires PS est pour l'instant fixée au 13 juillet, le scrutin devant avoir lieu les 9 et 16 octobre.

"La tête que doit faire Sarkozy"

Le député PS de Seine Saint-Denis s'est réjouit des effets à ce dernier coup de théâtre dans l'affaire DSK. "Il y a un seul truc qui me fait plaisir, en dehors de cette espérance qui réapparaît dans la vie de Dominique Strauss-Kahn, d'Anne Sinclair et de toute leur famille, c'est la tête que doit faire Sarkozy aujourd'hui et toute la droite qui a voulu avec cette affaire éliminer le Parti socialiste au niveau moral", a ainsi signalé Claude Bartolone sur I-Télé.

Ailleurs sur l'échiquier politique, les réactions sont moins nombreuses. "On parle toujours trop et trop vit", a estimé Bruno Le Maire, actuel ministre de l'Agriculture qui avait été pressenti pour remplacer Christine Lagarde à Bercy après l'annonce de sa nomination au FMI.

Le centriste Jean-Louis Borloo s'est montré plus disert sur i-Télé et Radio Classique : "qu'est-ce qui l'empêche de revenir s'il en a la force et l'envie ?", s'est-il interrogé. "J'ignore absolument son état d'esprit mais je ne vois pas, s'il le souhaitait, ce qui l'en empêcherait en tous les cas", a ajouté le président du parti radical.