La crise politique à Hong Kong expliquée en quatre points-clés

Par latribune.fr  |   |  499  mots
Les jeunes générations sont plus actives que leurs parents, souvent des réfugiés communistes ou nationalistes.
Les partisans de la démocratie à Hong Kong ont lancé lundi leur campagne de riposte à la décision de Pékin de limiter la portée du suffrage universel dans l'ancienne colonie britannique. Ils ont hué un haut responsable chinois.

Tensions entre Hong Kong et Pékin. Les militants pro-démocratie menacent de paralyser le quartier financier pour protester contre le refus de Pékin de lui accorder le plein suffrage universel. L'ancienne colonie britannique connaît l'une de ses plus graves crises politiques depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Voici les points-clés pour comprendre cette crise.

  • Un auditorium évacué

Venu défendre la politique chinoise vis-à-vis de ce territoire autonome, le vice-président de la commission législative de l'Assemblée nationale, Li Fi, s'est exprimé sous les huées de députés et de manifestants, comme le montrent les images de la chaîne de télévision locale Cable TV. Les forces de l'ordre sont intervenues ce lundi matin à l'aide de sprays au poivre pour faire évacuer un auditorium où s'étaient rassemblés les manifestants.

  • Ingérence croissante

Depuis que Hong Kong est passé sous pavillon chinois, ses habitants jouissent d'un système judiciaire et politique distinct du reste de la République populaire, mais les Hongkongais s'inquiètent d'une mainmise croissante de Pékin sur les affaires du territoire.

Les inégalités croissantes, l'afflux de Chinois du "continent" auxquels est en partie imputée la hausse du coût de la vie expliquent en partie ce sentiment.

  • Quels sont les enjeux de la réforme?

Le chef de l'exécutif hongkongais est actuellement élu par un comité électoral pro-Pékin, la Chine avait fait miroiter l'instauration du suffrage universel en 2017. Les militants pro-démocratie estiment toutefois que Pékin se dédie.

En effet, si chaque Hongkongais en âge de voter devrait pouvoir participer à la prochaine élection, seules deux ou trois personnalités sélectionnées à la majorité des voix par un comité de nomination seront habilitées à se présenter. À ce compte, les candidats susceptibles d'émettre des critiques à l'égard du Parti communiste chinois seront écartés, plaident les partisans de la démocratie.

Pour entrer en vigueur, la réforme électorale doit encore obtenir le feu vert des deux-tiers du Parlement de Hong Kong. Au moins 25 députés (sur 70) ont fait savoir qu'ils voteraient contre. En cas de rejet du texte, Pékin a averti que le prochain chef de l'exécutif serait désigné selon les dispositions actuelles, à savoir sans la participation des cinq millions d'électeurs potentiels.

  • Qui sont les manifestants?

Il s'agit de parlementaires, d'universitaires, d'étudiants et de citoyens ordinaires. Dirigé par deux universitaires et un prêtre, le mouvement le plus en vue est "Occupy Central with Love and Peace" (OCLP). Ce dernier a appelé à l'occupation de Central, le quartier d'affaires de la ville dont les gratte-ciel sont devenus l'emblème et qui héberge les sièges de nombreuses banques internationales dont Citibank, HSBC et Bank of China, rappelle sur son site internet la chaîne américaine CNN. Une partie des Hongkongais s'oppose toutefois à la stratégie de confrontation d'Occupy, craignant une détérioration du climat des affaires.