La qualité du management est génératrice de performance

Par Sophie Péters  |   |  663  mots
Les entreprises familiales représentent 75 % des opportunités fortes les mieux classées dans l'étude d'Oddo alors qu'elles constituent la moitié de l'univers étudié, soulignant la surperformance des entreprises familiales sur le long terme. (Crédits : Décideurs en région)
Une étude menée par la société financière Oddo montre le lien entre performance de l'entreprise et qualité du management. Avec le désengagement des salariés qui s'accroît d'année en année, les organisations, notamment les chefs d'entreprises, ne peuvent plus faire l'économie de la qualité du management au risque de plomber leur activité sur le long terme.

C'est un scoop en forme de lapalissade : pour faire grimper son cours de Bourse rien de tel que la qualité du management ! Oddo & Cie, spécialiste de l'analyse extra-financière, publie une étude mesurant la qualité du management sur 108 grandes entreprises françaises de taille intermédiaire cotées dont la capitalisation est comprise entre 400 millions et 10 milliards d'euros.

Résultat : les 20 entreprises les mieux notées ont réalisé une performance boursière de + 314 % sur les 10 dernières années à comparer à + 94 % pour l'indice de référence, confirmant que la qualité du management joue un rôle primordial dans la création de valeur sur le long terme. Monsieur de Lapalice n'aurait pas dit mieux si l'on considère ce que professe la théorie des organisations depuis un peu plus d'un siècle. A savoir que l'organisation n'est qu'une résultante des comportements au travail, c'est-à-dire de la façon dont les salariés y travaillent, s'arrangent, résolvent leurs problèmes. Ce que font les acteurs est donc bien essentiel à la bonne marche d'une entreprise et c'est bien de ce sujet que dépend le management.


Les entreprises familiales bien classées

Là où cette étude relève de l'exploit, c'est qu'elle donne enfin aux investisseurs des éléments de mesure ne leur permettant plus de passer cette question sous silence. Attachés depuis toujours à la fiabilité de la stratégie engagée par le ou les dirigeants, les actionnaires ont encore des difficultés à s'intéresser aux enjeux humains de l'entreprise. Pas étonnant d'ailleurs que les entreprises familiales représentent 75 % des opportunités fortes les mieux classées dans l'étude d'Oddo alors qu'elles constituent la moitié de l'univers étudié, soulignant la surperformance des entreprises familiales sur le long terme.

Les 21 critères élaborés et sélectionnés pour évaluer la qualité du management prennent en compte le dirigeant, l'équipe dirigeante, l'organisation et les ressources humaines. Mais avec une pondération plus forte accordée à la direction générale et à l'équipe dirigeante, où il est question de vérifier la fiabilité du dirigeant, et son investissement dans l'entreprise, surtout en ce qui concerne sa succession, élément où la préparation est mal anticipée dans nombre d'entreprises qui ne sont pas familiales.

A noter qu'Oddo pronostique à l'horizon 2015, les trois entreprises de taille intermédiaire de pointe en matière de qualité du management à l'achat avec un upside de plus de 20 % : Dassault Systèmes, ID Logistics, et Plastic Omnium.

Un facteur reconnu de la performance d'entreprise

Si l'on rapproche les éléments de l'étude d'Oddo de ceux réunis par Malakoff Médéric sur la qualité de vie au travail, il semblerait que la qualité du management soit en passe d'être un facteur reconnu dans la performance de l'entreprise. Pour preuve, la première raison invoquée par les dirigeants interrogés par Malakoff Médéric sur l'intérêt de la Qualité de vie au travail est à près de 50% (48%) : "augmenter la compétitivité de l'entreprise". Paradoxe, au deuxième rang on trouve "améliorer le climat social" quand "affirmer votre leadership managérial" et "nourrir les politiques RSE" ne récoltent que respectivement 9% et 4% de réponses ! C'est dire qu'il reste encore un fossé malgré tout : celui qui dédouane les dirigeants de s'impliquer personnellement dans ces sujets en levant l'injonction paradoxale dans lequel ils évoluent trop souvent : "intéressons-nous au management des autres, le nôtre n'est pas un sujet".

D'autant que l'engagement ne cesse de s'éroder et a perdu encore 4 points en 2014 par rapport à 2013, selon les statistiques de Malakoff Médéric. Quand on constate que le lien des salariés vis-à-vis de leur entreprise est stable et demeure élevé (74% sont fiers de travailler dans leur entreprise), il y a là matière à remobiliser les troupes à condition encore une fois pour les dirigeants d'être eux-mêmes plus engagés face à leurs équipes.