Aléna : Justin Trudeau prêt à se retirer s'il juge l'accord "insatisfaisant" pour le Canada

Par latribune.fr  |   |  320  mots
Pour le Premier ministre canadien Justin Trudeau, "il vaut mieux, pour le Canada, qu'il n'y ait pas d'accord [sur l'Aléna], plutôt qu'un mauvais accord". (Crédits : Reuters/Chris Wattie)
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a réaffirmé, lors d'une visite aux États-Unis, mercredi 7 février, que son pays était prêt à se retirer de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna), si les renégociations actuelles ne débouchaient pas sur un accord satisfaisant pour les Canadiens.

En visite aux États-Unis depuis le 7 février et ce, pour quatre jours, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré, à Chicago, « qu'il vaudrait peut-être mieux, pour le Canada, qu'il n'y ait pas d'accord, plutôt qu'un mauvais accord ». Des propos qui arrivent juste après un nouveau round de négociations entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, à Montréal pour redéfinir cet accord commercial en vigueur depuis 1994 et notamment qualifié "de mauvaise blague" par Donald Trump.

Le président américain a déjà menacé de retirer les États-Unis de l'Aléna, mais les dernières discussions entre les trois pays se sont finies le 29 janvier sur une note optimiste, le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer soulignant que "quelques progrès ont été faits".

"Nous avons des inquiétudes légitimes sur le futur de l'Aléna, parce que le président (américain, ndlr) a déclaré que ce n'était pas une bonne chose", a détaillé Justin Trudeau à l'université de Chicago.

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Une clause d'abrogation de l'Aléna au cœur du blocage

Le Premier ministre a cependant souligné les bienfaits de l'Accord de libre-échange nord-américain sur les économies américaines et canadiennes. "Nos économies ont prospéré lors des 25 dernières années", a-t-il asséné.

Les discussions entre les trois pays ont jusqu'ici bloqué entre autres sur une proposition américaine jugée "inacceptable" aussi bien par le Canada que par le Mexique, à savoir l'introduction d'une clause "crépusculaire" ("Sunset", en anglais) permettant d'abroger l'Aléna au bout de cinq ans.

"Nous avons des doutes profonds sur tout ce qui ajoute de l'incertitude, comme une clause "crépusculaire" par exemple", a rappelé M. Trudeau.

Le prochain round de négociations sur l'Aléna doit se tenir fin février au Mexique.

(Avec AFP)