Goldman Sachs perd 5 milliards de dollars avec la réforme fiscale de Trump

Par latribune.fr  |   |  414  mots
Goldman ajoute cependant que cette estimation peut encore varier en fonction de l'impact de la nouvelle législation. (Crédits : © Brendan McDermid / Reuters)
La réforme du code des impôts américain prévoit une taxe exceptionnelle, pour le rapatriement d'argent stocké à l'étranger. L'opération implique des dépenses fiscales de plusieurs millions, voire milliards de dollars, pour les grands groupes concernés.

Goldman Sachs a annoncé vendredi prévoir une baisse d'environ 5 milliards de dollars (4,17 milliards d'euros) de son bénéfice au quatrième trimestre, imputable à la réforme fiscale signée la semaine dernière par le président américain Donald Trump.

Environ les deux tiers de ces 5 milliards sont liés à l'impôt dû en cas de rapatriement des bénéfices de la banque réalisés hors du pays, a déclaré Goldman dans un avis à la Securities and Exchange Commission (SEC), l'autorité des marchés financiers aux Etats-Unis. Goldman ajoute cependant que cette estimation peut encore varier en fonction de l'impact de la nouvelle législation.

Taxe exceptionnelle

Donald Trump a signé le 22 décembre à la Maison blanche la loi sur la réforme de la fiscalité aux Etats-Unis, votée par le Congrès, apportant la touche finale au premier succès législatif majeur de sa présidence. Cette réforme, qui prévoit 1.500 milliards de dollars d'allègements fiscaux pour les particuliers et les entreprises, est la plus importante votée aux Etats-Unis depuis 30 ans.

Cette loi abaisse notamment de manière significative le taux d'imposition des sociétés américaines, de 35% à 21%, et fixe un taux exceptionnel d'imposition de 15,5% pour la trésorerie et ses équivalents, et de 8% pour les actifs moins liquides, en cas de rapatriement des liquidités stockées à l'étranger.

Cette taxe exceptionnelle permettra par exemple à Apple de rapatrier son énorme trésorerie de 252,3 milliards de dollars sans devoir s'acquitter d'un important taux d'imposition, un objectif de longue date du groupe.

Dépenses fiscales

Le laboratoire pharmaceutique Amgen a aussi indiqué la semaine dernière tabler sur des dépenses fiscales de 6 à 6,5 milliards de dollars au fil du temps, en raison du rapatriement des liquidités accumulées à travers le monde.

Plusieurs autres groupes ont attiré l'attention sur l'impact exceptionnel qu'ils subiraient à cause de la réforme. Delta Airlines a évoqué la possibilité d'une charge fiscale exceptionnelle de 150 millions à 200 millions de dollars.

De grandes banques européennes comme Barclays, UBS Group et Crédit Suisse ont déclaré que la nouvelle loi d'imposition leur coûterait chacune entre 1,3 milliard et 3 milliards de dollars de dépréciations d'actifs.

Bank of America a indiqué la semaine dernière qu'elle prévoyait un résultat net amputé de 3 milliards de dollars pour le trimestre à fin décembre 2017, essentiellement en raison de certaines dépréciations d'actifs d'impôts différés.

(Avec Reuters)