Le sidérurgiste français Ascométal au bord du dépôt de bilan

Par Nabil Bourassi  |   |  490  mots
(Crédits : FRANCOIS LENOIR)
Cette ancienne filiale d'Usinor de 1.550 salariés devrait se placer en redressement judiciaire la semaine prochaine, pour la seconde fois depuis mai 2014. L'entreprise a réalisé en 2016 un chiffre d'affaire de 377 millions d'euros, contre 500 millions l'année précédente...

Le groupe sidérurgique français Ascometal, en grandes difficultés financières, devrait déposer son bilan en début de semaine prochaine, en vue de son placement en redressement judiciaire, ont indiqué samedi des sources concordantes, confirmant une information du Figaro.

1.550 salariés concernés

Le fabricant d'aciers spéciaux (pour la mécanique, l'automobile, l'industrie des hydrocarbures) qui emploie près de 1.550 salariés, devrait "se déclarer en cessation de paiement dans les prochains jours" auprès du tribunal de grande instance de Strasbourg, a déclaré à l'AFP Cyril Brand, élu CFDT de l'entreprise.

Selon le responsable syndical, cette procédure judiciaire, synonyme d'un dépôt de bilan, pourrait être engagée dès lundi. Ascometal devrait être placée dans la foulée en redressement judiciaire, l'objectif étant de trouver "un repreneur sérieux" pour l'entreprise, a-t-il ajouté.

Selon une source proche du dossier, cette nouvelle a été annoncée par la direction vendredi en comité central d'entreprise (CCE). "Il y a encore des discussions" avec les partenaires, notamment "sur le calendrier", a toutefois précisé cette source.

La direction d'Ascometal, entreprise détenue par un consortium d'investisseurs majoritairement français, et qui possède des sites sidérurgiques à Hagondange (Moselle), Dunkerque (Nord) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), n'avait pas pu être jointe samedi midi pour confirmer l'information.

"Trois ans qu'on essaie de survivre"

Contacté par l'AFP, le ministère de l'Economie a assuré "suivre le dossier de près". "On travaille avec l'entreprise pour trouver un repreneur", a ajouté Bercy.

Ascometal, ancienne filiale d'Usinor, avait déjà été placée en redressement judiciaire en mars 2014, avant d'être reprise en mai 2014 par Frank Supplisson, associé à des investisseurs français et européens, sous la houlette du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Cette reprise n'a toutefois pas permis à l'entreprise - qui compte parmi ses clients Renault, Bosch, Fiat, Toyota, BMW ou la SNCF - de rebondir. "Cela fait trois ans qu'on se contente de survivre", a souligné Cyril Brand. "On est très inquiet. Il faut qu'on trouve un repreneur sérieux et qu'on sorte de cette situation".

Le groupe a changé de patron fin 2016 avec la nomination d'Alex Nick à la place de Frank Supplisson. M. Nick était auparavant directeur des produits longs d'ArcelorMittal North.

Un chiffre d'affaires en chute libre

Selon Le Figaro, le groupe a réalisé en 2016, 377 millions d'euros de chiffre d'affaires contre encore 500 millions d'euros en 2015, selon le site du groupe.

Lors d'une interview en octobre, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait évoqué la fragilité financière du groupe, critiquant les choix effectués en 2014 sous l'égide d'Arnaud Montebourg.

"Il y avait une proposition d'achat par des investisseurs étrangers solides". Mais il "a préféré bâtir de bric et de broc une solution franco-française qui est tombée quelques années plus tard" et "qui menace désormais les salariés", avait-il dénoncé.