Plus d'oxygène dans les toilettes des avions, les pilotes tirent la sonnette d'alarme

Par latribune.fr  |   |  351  mots
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Pour des raisons de sûreté, le système d'oxygénation des toilettes de certains avions est désactivé. Un risque qui peut être vital en cas de dépressurisation.

A bord de certains avions, les passagers devront désormais prier qu'il n'y ait pas une dépressurisation de l'appareil pendant qu'ils seront aux toilettes ! Ou qu'un des pilotes n'y soit pas. Car sur les avions des transporteurs américains, canadiens et français, le système d'oxygénation dans les toilettes des avions est désactivé pour des raisons de sûreté. Cela concerne uniquement pour les délivreurs d'oxygène chimique qui se situe juste au dessus des toilettes et non les délivreurs d'oxygène gazeux. Pour Air France par exemple, cela concerne uniquement la flotte d'A320 et trois A340.

Tous les avions sont conformes depuis le 7 mars. La FAA (la direction de l'aviation civile américaine) redoute en effet qu'un passager puisse démonter ce système pour se l'approprier et en faire une petite bombe selon le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Le Canada et la France ont suivi la consigne.

Pour le président du SNPL Air France Yves Deshayes, il y a un "risque vital". Sans oxygène dans les toilettes, une dépressurisation à 40.000 pieds entraîne une perte de connaissance. Voire un décès selon l'âge ou l'état de santé. Un tel scénario intervenant pendant qu'un pilote se trouve aux toilettes donne des frissons dans le dos si, explique Louis Jobar, président du SNPL national, "l'autre pilote se retrouve seul avec le manche pour descendre à des niveaux d'altitude inférieurs avec des tas d'avions en dessous de lui pour atteindre une altitude respirable, autour de 14.000 pieds".

Surtout, le SNPL dénonce " qu'aucune mesure palliative n'ait été prise en cas de dépressurisation". Il préconise d'installer le générateur en dehors des toilettes. Dans un premier temps, l'utilisation de petites bouteilles d'oxygène portatives pourrait dépanner. Aussi, le syndicat a-t-il demandé aux pilotes de ne pas voler à plus de 25.000 pieds pour ne pas prendre de risque en cas de dépressurisation.

Au cours des huit derniers mois, dix-neuf incidents de dépressurisation, dont quatre explosions, ont été recensés pour les compagnies européennes.