L'ambitieux plan de Pierre-Henri Gourgeon pour faire grossir Air France-KLM

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Le directeur général de la compagnie aérienne a récemment annoncé à ses troupes qu'une nouvelle organisation du groupe pourrait voir le jour. Objectif : accueillir de nouvelles compagnies mais mieux intégrer les gros joint-ventures dans lesquels Air France-KLM est impliqué.

Air France-KLM prépare l'avenir. Après avoir gelé tout projet d'acquisition pendant la crise, le groupe français réfléchit à une nouvelle organisation qui permettrait d'accueillir en son sein de nouvelles compagnies mais aussi de mieux intégrer les problématiques posées par certaines très grosses joint-ventures comme celle mise en place avec Delta et Alitalia et demain vers les grands pays émergents. Le principe a d'ailleurs été présenté par le directeur général d'Air France-KLM, lors d'un discours en interne mi-janvier que La Tribune s'est procuré.

Dans un passage intitulé « Poursuivre la construction du groupe », Pierre-Henri Gourgeon, après avoir rappelé les dernières synergies réalisées entre Air France et KLM, a déclaré : « D'autres projets de convergence (....) sont en cours, pour nous permettre de poursuivre la consolidation; il faut que le groupe soit capable d'accueillir de nouvelles compagnies comme ses deux grands concurrents (Lufthansa et British Airways, Ndlr). Nous devons avoir une vision plus internationale de notre organisation. L'horizon des managers ne doit pas être seulement celui d'Air France ni celui de KLM. C'est celui, plus large, du groupe Air France-KLM, voire peut être davantage lorsque nous aurons franchi de nouvelles étapes avec d'autres compagnies ». Pierre Henri Gourgeon est même allé jusqu'à parler « d'intégrer des responsables d'une compagnie dans une autre et à procéder à des échanges de cadres ». 

Le projet sera mis en place si Pierre-Henri Gourgeon se succède à lui-même en juin

Aujourd'hui Air France-KLM est un holding coiffant deux filiales à 100 %, Air France et KLM. Depuis sa naissance en 2004, le binôme a d'abord fonctionné autour d'un comité de management stratégique qui exprimait la position commune des deux compagnies sur tous les sujets clés, avant de laisser place en 2007 à une instance plus fonctionnelle. La réflexion pour une nouvelle étape qui maintiendrait toujours les marques commerciales n'en est qu'à ses balbutiements. « Ce sera un chantier important du deuxième semestre et de l'année 2012 », assure un connaisseur du dossier.

En effet, Pierre-Henri Gourgeon, dont le mandat s'achève en juin, attend d'abord d'être renouvelé. Ce qui devrait être le cas, sauf coup de théâtre. Par ailleurs, si Air France-KLM regarde tous les dossiers, la préférence du groupe serait en effet de bouger en 2012, au mieux « une fois les marges rétablies », selon un membre du comité exécutif. Selon un analyste, Air France serait incapable de financer une acquisition importante (hors échange de titres) aujourd'hui sans augmentation de capital. Pour Pierre-Henri Gourgeon, en effet, le niveau de rentabilité attendu dans trois ans « permettra de faire de la croissance externe ».

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a écrit le 10/03/2011 à 11:13 :
Face à Lufthansa et British Aiways, AF-KLM a intérêt à se muscler. Surtout que la compagnie nationale a totalement loupé le phénomène "bas coût".
a écrit le 03/03/2011 à 21:37 :
l'analyste a raison. AF-KL, qui sort de la crise à genoux, est trop endetté. plus de 6 mde.
a écrit le 03/03/2011 à 0:27 :
Encore une grenouille géante qui va éclater ? Et on va devoir payer la facture de la démarche dans combien de temps d'après vous ?
Réponse de le 03/03/2011 à 6:44 :
Ah, cette tendance franchouillarde à penser que l'état va s'occuper de tout, voilà une nouvelle victime en la personne de "boeuf ou grenouille". Je lui conseille de prendre connaissance de la répartition du capital d'AF-KLM avant de nous asséner de telles remarques!
Réponse de le 03/03/2011 à 8:38 :
Cher Felipe ; avez vous observé un seul instant la répartition du capital des banques ces dernières années ? Qui a payé la facture de leurs actes ? Pas de panique.. ce sera pareil dans ce cas au moindre faux pas... typiquement Français, en effet...
Réponse de le 03/03/2011 à 12:54 :
Ne pas confondre prêts et subventions. Les subventions généralement sont destinées à la SNCF ou à EDF. Quant aux banques elles n'ont besoin que de prêts ponctuels, car elles sont passées maîtres dans l'art de plumer leurs "usagers".
Réponse de le 03/03/2011 à 12:55 :
Pourquoi tout de suite "une grenouille qui va éclater"? Air France fait partie des entreprises française, qui ont réussit leur internationalisation, et montrée leur capacité à créer un grand groupe de manière efficace. On peut les critiquer, mais Renault ou Air france ont parfaitement réussi cette étape. Mais en France on souhaite avant tout se casser la figure, et être jaloux (car c'est de la jalousie et de la mesquineri) plutot que de se soutenir. On veut rester la petite épicerie du coin, que toutes les tentatives d'être gagnant se casse la figure, pour pouvoir encore mieux critiquer après. Mais on peut souhaiter rester petit, se faire racheter, pour qu'ensuite un groupe étranger récupère tout et licencie en France (même si là aussi, Renault semble avoir réussi son internationalisation "jusqu'au bout" ...)
Réponse de le 03/03/2011 à 16:38 :
Air France peut éclater,par exemple,si Marseille,continue sa course folle à la revendication,entrainant les autres Airports.
Alors Oui externaliser les terminaux est à envisager,car KLM,comme Raynair ne supportent pas les Gauloiseries.
a écrit le 02/03/2011 à 22:54 :
Heuh, c'est qui l'analyste ? Quant on regarde les capitalisations boursières des compagnies cible; qu'on se rappelle des lignes de crédit consenties à Air France depuis des années, sans qu'elle en fasse usage, on peut s'interroger sur la pertinence de l'analyse... Ceci dit, le ciel n'est pas complètement dégagé, et les besoins de trésorerie actuels incitent peut être à la prudence.
Réponse de le 03/03/2011 à 16:03 :
L'analyste a raison. AF-KL est trop endetté (plus de six milliards)

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