SNCM : une nouvelle grève le 26 mars ?

Par Adeline Descamps, à Marseille, Méridien Mag  |   |  543  mots
Face à l’attitude qualifiée d'"hostile” des principaux actionnaires et afin de “neutraliser toute ouverture de procédure collective”, les syndicats de la SNCM s’orientent vers un préavis de grève pour la journée du 26 mars. Soit entre les deux tours des élections municipales.

Lors des derniers conseils de surveillance, la direction de la SNCM avait été autorisée à signer la lettre d'intention pour la commande de deux navires, assortie d'une option pour deux autres, aux chantiers STX de Saint-Nazaire. La commande devait être formalisée avant le 30 juin, mais sous réserve d'un plan de financement, à établir lors d'un prochain conseil de surveillance fixé à la mi-avril. Échaudés, les syndicats ont décidé de réagir ce jeudi 20 mars, "refusant d'attendre les élections municipales pour une évolution éventuelle des positions de chacun."

Véolia veut sortir mais "ne veut pas" de nouveaux actionnaires

Le 18 mars, les actionnaires salariés (3 personnes), qui avaient in extremis demandé à ce que soit abordée la problématique de l'actionnariat, pièce maîtresse dans ce dossier très complexe, avaient été déboutés. Pour rappel, Veolia Environnement, actionnaire majoritaire aux côtés de la Caisse des Dépôts via Transdev, souhaite se retirer du capital de l'armement et se refuse en toute logique à tout forme d'investissement.

"Les actionnaires font savoir qu'ils veulent partir mais refusent d'aborder la question de l'entrée d'autres actionnaires. Nous demandons une neutralisation des parties hostiles et le respect des engagements pris le 22 janvier par Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, confirmés ensuite par le président de la République lui-même", explique Maurice Perrin, représentant la CFE-CGC.

Réaction de Jean-Pierre Jouyet

Un courrier avait été adressé le 12 mars dernier par l'ensemble des syndicats de la compagnie au directeur général de la Caisse des dépôts, Jean-Pierre Jouyet, sollicitant une clarification de sa position compte tenu de son implication qualifiée de "schizophrénique" (*) dans ce dossier. Ce jeudi 20 mars, les représentants synducaux ont donc obtenu leur réponse. Jean-Pierre Jouyet rappelle dans le courrier qu'il leur a adressé tout ce qui été entrepris par la Caisse pour assurer la survie de la société, à commencer par un renforcement de la trésorerie à hauteur de 30 millions d'euros. Tout en se gardant de commenter les propos publics "prêtés aux uns et aux autres". Il reconnaît toutefois qu'"il n'appartient pas à un actionnaire de prendre la décision de placer une société en redressement judiciaire ou d'initier une procédure collective", car une telle décision relève du seul fait du dirigeant d'exécutif.

Un rappel que le président du directoire de la SNCM, Marc Dufour, avait immédiatement notifié à l'issue d'une interview du PDG de Veolia diffuséee par BFM, et de l'interprétation qui en avait été faite. Le directeur général de la Caisse prend acte de la décision de négocier avec les chantiers STX, mais rappelle qu'elle est conditionnée à des modalités de financement. Deux structures travaillent sur ce financement et doivent rendre mi avril leurs conclusions.  

  (*) La Caisse des dépôts, qui est coactionnaire dans Transdev aux côtés de Veolia, est appelée à en prendre le contrôle un fois Veolia sorti. La Caisse est aussi premier actionnaire de Veolia Environnement. Jean-Pierre Jouyet préside en outre Bpifrance, censée plancher avec la Caisse des dépôts sur des solutions de financement de la nouvelle flotte.