Au Burkina Faso, la belle perspective d'une bonne campagne cotonnière

Par Bruno Fanucchi  |   |  583  mots
Des ouvriers agricoles burkinabé chargeant un conteneur de coton, dans le village de Dibien, à 150 km au sud-est Ouagadougou, la capitale. (Crédits : Reuters)
Au Burkina Faso, avec 580 000 tonnes attendues, la récolte 2016 de coton - l'« or blanc » - devrait être supérieure à celle de 2015. Une bonne nouvelle pour ce pays qui, depuis la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre 2014, a connu de longs mois de soubresauts politiques, préjudiciables à l'activité économique.

« La campagne cotonnière s'annonce en hausse avec 580 000 tonnes attendues en 2016, contre 565 000 tonnes récoltées en 2015 », se félicite Bernard Zougouri, DG de la Sofitex (Société burkinabè des fibres textiles ), qui a signé avec un pool bancaire international le 12 janvier à Paris - au sein de l'ambassade du Burkina Faso en France - une convention permettant de financer la campagne cotonnière 2015/2016 à hauteur de 70 millions d'euros, soit 45,9 milliards de francs CFA.

Cet apport financier international, qui témoigne de la reprise économique dans ce pays de l'Afrique subsaharienne, vient compléter les 80 milliards de francs CFA déjà mobilisés au plan national avec la signature le 14 décembre à Ouagadougou d'un autre accord conclu par la même société avec Eco-bank, accord destiné à stimuler cette filière agricole, dont l'activité est indispensable au pays.

« C'est une véritable bouffée d'oxygène pour la campagne cotonnière 2015/2016 » et donc pour l'économie du pays, se réjouit le patron de la Sofitex, en rendant hommage aux deux acteurs principaux de ce pool bancaire international que sont la Société Générale et la Société internationale de financement (SFI), l'une et l'autre très présentes en Afrique.

Le coton fait vivre plus de 4 millions de Burkinabè

« La Sofitex se rejouit de cet accompagnement, car c'est toute la nation burkinabè qui va en profiter », observe-t-il en rappelant que « le coton est la principale source de financement du monde rural » et que cette convention va donc assurer le paiement de tout le processus de transformation (récolte, traitement et exportation) du coton graine jusqu'à en faire des tissus de grande qualité.

Pour sécuriser la filière et contribuer au redressement de l'économie nationale après de longs mois d'attentisme et de flottement, dûs à l'instabilité politique et à une transition politique difficile, tout ce secteur paraît d'ailleurs déterminé à essayer de produire davantage à chaque campagne.

« Le coton constitue un des poumons de l'économie burkinabé car il fait vivre plus de 4 millions d'habitants, contribue à 5 % du PIB du pays et représente 17 % des exportations, ce qui place l'or blanc au deuxième rang des sources de revenus, après l'or », n'hésite pas à rappeler Mamadou Sangaré, chargé d'affaires du Burkina Faso en France, et qui accueillait cette cérémonie de signature réunissant à Paris tous les amis du Burkina. Comme pour mieux signifier que ce pays voulait tourner la page des événements récents et repartir d'un bon pied à la conquête des marchés à l'export, après l'élection dès le premier tour, le 29 novembre dernier, du nouveau président Roch Marc Christian Kaboré.

« Que serait la Sofitex sans ses 1 600 employés permanents et ses milliers de saisonniers qui assurent l'écoulement de l'or blanc ? Et que serait la Sofitex sans ses 350 000 coton-cultivateurs assurant une production de qualité si prisée sur les marchés internationaux ? », soulignait le représentant français de la Société Générale, pour mieux rendre hommage au « dur labeur » de tout un peuple bien décidé à s'en sortir.

« Après des années de troubles, le Burkina commence l'année 2016 sous de meilleures auspices », remarquait pour sa part M. Maiga, représentant de la SFI. Un optimisme affirmé avant l'attaque terroriste de l'Hôtel Splendid et du Cappucino, qui a fait 30 morts le 15 janvier dernier à Ouagadougou. Un attentat sanglant qui pourrait - hélas - dissuader quelques investisseurs de revenir au Burkina.

Bruno Fanucchi

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