Emploi  : Rennes et Brest confirment leur attractivité

Par Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes  |   |  853  mots
Rennes attire les compétences, les établissements et les emplois, mais Brest et son pôle d'emploi pour l'enseignement supérieur et la recherche séduisent de plus en plus d'actifs. (En photo: Rennes Atalante Beaulieu est un site d'implantation pour les entreprises du secteur des technologies de l'information et de la communication, installé au cœur de l'Université de Rennes-I, un campus scientifique de 15.000 étudiants. (Crédits : Rennes Atalante/Marc Loyon)
Les actifs qualifiés sont attirés par les agglomérations, les retraités et les touristes plutôt par le littoral : une étude de l'Insee sur l'attractivité économique de la Bretagne montre le poids des métropoles. Rennes attire les compétences, les établissements et les emplois, tandis que Brest et son pôle d'emploi pour l'enseignement supérieur et la recherche séduisent de plus en plus d'actifs. Lorient et Saint-Malo tirent leur épingle du jeu, Lannion en perte de vitesse.

Sur la carte, il n'y a pas photo : en termes d'emplois régionaux, Rennes confirme son rôle de capitale régionale. Alors qu'en 2030, la métropole devrait atteindre les 500.000 habitants, sa zone d'emploi capte toujours plus de compétences et d'établissements. Selon la dernière analyse publiée par l'Insee, la capitale bretonne figure au 21e rang national (sur 321) pour le taux d'arrivées d'actifs qualifiés en 2013, soit plus d'un millier d'installations, malgré un léger repli de son niveau d'attractivité. Avec 3.600 emplois productifs créés entre 2011 et 2013, Rennes fait mieux que les autres agglomérations bretonnes, qu'il s'agisse de Lorient (1.350), de Brest (1.080) ou de Quimper (590). Creusant son sillon dans les domaines du numérique et de la cybersécurité, elle concentre aussi, sur la période, 42% des arrivées d'actifs à compétences rares enregistrées par les zones d'emploi de la région. C'est au-dessus de la moyenne nationale.  Dans le secteur privé, l'emploi est toutefois particulièrement lié au développement des entreprises locales et au tissu de PME : Rennes ne se situe qu'au 67e rang pour le taux de création d'emplois (38%) productifs par des centres de décisions extérieurs.

Plus d'actifs qualifiés à Brest, moins sur Lannion

A l'autre bout du territoire,  « la zone d'emplois de Brest continue d'attirer des actifs qualifiés, intéressés par le pôle d'enseignement supérieur et la recherche », commente l'Insee. Résolument tournée vers la mer, Brest, qui concentre à elle seule 60% de la recherche maritime française, se maintient à ce titre au 49e rang des zones françaises. Forte de son nouveau statut de métropole, la ville et son territoire sont d'ailleurs en train de changer résolument de visage afin de créer les conditions d'accueil pour les entreprises à forte valeur ajoutée, la formation, l'enseignement supérieur et la recherche. Brest fait aussi le pari que, demain, les énergies renouvelables (EMR) seront pour elles un atout supplémentaire.

Ailleurs, ce n'est pas le désert, mais le pouvoir d'attractivité de certaines zones bretonnes en termes d'activités nouvelles, d'entreprises ou d'actifs qualifiés a marqué le pas entre 2008 et 2013. Malgré sa spécificité dans le domaine de  l'électronique et des télécoms, Lannion (22)  est ainsi passée du 7ème rang en 2008 au 32ème rang en 2013 pour ce qui est du taux de création d'emplois.

Comme d'autres territoires « n'abritant pas de grands pôles d'emploi ou concentrés sur quelques unités productives ou dans un secteur prépondérant », la ville s'avère plus sensible à la conjoncture. Lannion s'emploie pourtant à rebondir par l'innovation au travers de sa technopole Anticipa Lannion-Trégor et de son accélérateur de startups, le 222 Business Pool. Elle fait partie du réseau French Tech Brest Tech+ aux côtés de Brest, Quimper et Morlaix.

Saint-Malo, Lorient, Redon, attractives pour l'emploi

Elle-même adossée à la French Tech Rennes Saint-Malo, Saint-Malo espère que l'écosystème de la French Tech en Bretagne et le dynamisme du territoire rennais aura, dans les années à venir, un impact sur son bassin d'emploi. Au cours de la période 2011-2013, la progression des créations d'emplois productifs dans la cité corsaire (<500) étaient toutefois liés à l'installation d'établissements de fabrication d'engrais et de fertilisants. Or, depuis, le groupe Roullier y a installé son centre mondial de l'innovation, qui emploiera à terme 200 chercheurs.  L'Insee souligne également le dynamisme des créations d'emplo,s sur cette même période, à Redon (<500) dans les secteurs de l'électronique et de la fabrication de pièces techniques et à Lorient (1 350), prisée par les sièges d'entreprises extérieurs. « 60 % des effectifs créés sont le fait d'établissements déjà présents sur le territoire, principalement dans les secteurs du nettoyage ou de la construction navale. »

Touristes sur le littoral, nouveaux retraités à Pontivy

Saint-Malo se distingue aussi en termes d'attractivité touristique. La ville est demeurée en 2013 la première zone d'emploi bretonne dans ce domaine et parmi les 35 premières zones d'emploi françaises. « La part de l'emploi touristique est de 8,3 % contre 3,7 % en Bretagne et 4,4 % au niveau national » détaille l'Insee. Sur la même période, la zone d'emploi de Dinan ( 2 000 emplois touristiques, 6,9 % de l'emploi local) confirme son attractivité.

À l'inverse, Vannes et Lannion accusent une légère baisse de leur attractivité touristique mais attirent les retraités. Selon l'Insee, Vannes a plus la cote que Cannes-Antibes et Toulon !

Hors de la zone littorale, l'intérêt grandit pour les territoires intérieurs ou distants des grands pôles urbains. « Entre 2008 et 2013, l'effet conjugué des tensions sur les marchés immobiliers, littoral et urbain, a conduit à plus d'installation  de retraités en Bretagne intérieure, sur les zones d'emploi de Carhaix-Plouguer ou de Pontivy » souligne l'étude.

L'économie de certains territoires éloignés du littoral ou des grands pôles d'emploi comme ceux de Dinan, Redon, ou Ploërmel bénéficie aussi de la périurbanisation liée à l'éloignement des lieux de travail et de résidence pour les actifs.

Par Pascale Paoli-Lebailly

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