L'OCDE d'accord avec Paris sur la croissance, mais pas sur les dépenses publiques

Par latribune.fr  |   |  597  mots
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La croissance française devrait être "de l'ordre de 2%" en 2011, "voire un peu plus", a déclaré ce lundi le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, révisant ainsi à la hausse sa précédente prévision qui n'était que de 1,6%. L'OCDE invite Paris à mieux contrôler ses dépenses publiques, quitte à augmenter certains impôts, comme la TVA.

"Nos projections indiquent une croissance réelle de l'ordre de 2% cette année, voire un peu plus" (en France), a affirmé ce lundi Angel Gurria, en présentant la derrnière étude-pays de l'OCDE sur l'Hexagone lors d'une conférence de presse à Paris aux côtés de la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde.
Selon lui, cette croissance "ne permettrait, même à 2%, qu'un lent recul du chômage". "La reprise est enclenchée, c'est un fait avéré. Mais elle reste modérée relativement à l'ampleur du choc subi", a poursuivi Gurria. A ce niveau de croissance de 2%, l'OCDE rejoint en tout cas les prévisions officielles de Paris.

Mais l'OCDE estime aussi que la France doit mieux contrôler ses dépenses publiques, réduire les niches fiscales inefficaces et envisager d'augmenter certains impôts comme la TVA pour réduire son déficit. L'Organisation de coopération et de développement économiques insiste d'autre part sur la nécessité de poursuivre la réforme du marché du travail dans un pays qui souffre d'un fort déficit d'emplois pour les moins de 25 et les plus de 55 ans.

L'OCDE presse le gouvernement de préciser comment il compte réduire le déficit public à 4,6% du PIB fin 2012, 3% en 2013 et 2% en 2014, à quelques jours de la présentation par Paris d'une nouvelle trajectoire macroéconomique pour la période 2011-2014. Selon l'OCDE, la baisse du déficit doit d'abord venir d'une action sur les dépenses et d'une réduction des niches fiscales et sociales.

Mais l'organisation ajoute qu'il faut aussi "envisager de relever les impôts les moins nocifs, notamment les taxes sur les externalités environnementales, la propriété et la TVA". "A long terme, les marges d'action semblent plus importantes en France du côté des dépenses que des recettes, mais à court terme l'effort devra sans doute porter sur les deux volets."

Pour assainir ses finances, la France doit améliorer l'efficacité des administrations publiques, maîtriser les dépenses de santé, prolonger l'effort sur les comptes de retraite et élargir les bases fiscales, estime l'OCDE. Elle plaide aussi pour l'adoption d'un cadre budgétaire à valeur constitutionnelle, ce que vise le gouvernement.

L'OCDE note que le rythme de croissance actuel ne permettra pas de faire refluer rapidement le chômage et que la France accuse un déficit de 1,5 million d'emploi pour les moins de 25 et plus de 55 ans par rapport à la moyenne des pays de l'OCDE. Elle souligne le haut niveau de fiscalité sur le travail en France, le salaire minimum élevé, la difficulté à s'adapter aux chocs économiques et la faible qualité du dialogue social.

Elle invite Paris à continuer à s'inspirer du système danois qui combine bonnes prestations de chômage, accès renforcé à la formation et à la recherche d'emploi, "en échange d'une protection de l'emploi limitée et d'une obligation stricte à accepter des offres valables d'emploi".

L'OCDE recommande d'autre part d'améliorer le fonctionnement du marché du logement. Elle suggère la mise sous condition de ressources des aides personnelles, un soutien direct à l'offre en zones tendues, le relèvement des loyers du secteur social pour ceux qui ont des revenus supérieurs à la médiane et la révision de l'indice d'indexation des loyers du secteur privé.

Elle prône aussi la mise à jour des valeurs locatives cadastrales, la réduction des avantages fiscaux liés à la résidence principale, le basculement de la fiscalité sur les transactions vers la taxe foncière, la libération des terrains constructibles et la révision du mode d'allocation des logements sociaux.