Projet Hollande : les réactions de ses opposants

Par latribune.fr  |   |  798  mots
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Retrouvez les réactions des adversaires de François Hollande à la présentation ce jeudi de ses "soixante engagements pour la France".

La candidate du Front national, Marine Le Pen, a ainsi dénoncé des "mesurettes" et un programme "totalement incohérent".

Pour François Bayrou, candidat du Modem, "on ne reviendra pas à l'équilibre avec ce programme-là". "Il n'y a pas dans ce programme une seule mesure d'économie", a-t-il dit sur Radio Classique.

Hervé Morin, candidat Nouveau Centre à l'Elysée : "après avoir martelé depuis des mois son souhait de changement, le candidat socialiste se contente de proposer aux Français de vieilles recettes socialistes déjà testées, et ce de façon à peine déguisée... Les emplois jeunes deviennent ainsi des contrats d'avenir, mais pour quel avenir ?". "Ce programme annonce un matraquage fiscal sans précédent dont les classes moyennes seront les premières victimes" (communiqué).

Axel Poniatowski (UMP), président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale: l'application du programme de François Hollande "se traduirait par l'affaiblissement de la France, l'aggravation des déficits et du chômage". "Sur le plan des relations internationales, il est une vue de l'esprit de penser pouvoir faire plier nos partenaires, notamment allemands, dans le seul intérêt de mettre en oeuvre le projet présidentiel socialiste" (communiqué).

Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, chargé de la sécurité à l'UMP: François Hollande "a confirmé la défiance qu'il porte à l'égard des forces de l'ordre en annonçant qu'il lutterait contre le "délit de faciès" (...). Enfin, longtemps opposé à la création de centres éducatifs fermés, M. Hollande propose aujourd'hui de doubler leur nombre alors même que les députés socialistes, dont fait partie M. Hollande , ont récemment voté contre le projet de loi de programmation relatif à l'exécution des peines qui prévoit notamment la création de vingt nouveaux centres" (communiqué).

Yvan Lachaud, président du Groupe NC à l'Assemblée, dans un communiqué: "Avec François Hollande , à gauche rien ne change, rien ne bouge. Avec François Hollande , la vieille gauche, c'est maintenant. A l'image du candidat, son programme est millésimé 1981"

Deux ministres à l'assaut

De son côté, la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a déploré jeudi que le programme du candidat PS à l'Elysée François Hollande ne comporte "aucun chapitre sur l'environnement", à part quelques propositions témoignant d'une "grande méconnaissance du sujet". Ainsi, le candidat PS "réclame la mise en place d'un tarif progressif de l'eau qui est aujourd'hui possible de manière volontaire", a-t-elle assuré. "La raison pour laquelle ça ne se fait pas de manière généralisée, c'est qu'il y a en France des milliers de services de l'eau, qui est un service local, et donc la tarification est une gestion locale", a poursuivi la ministre. "Donc soit il ne le sait pas, soit il y a une grande hypocrisie derrière cette proposition".

Par ailleurs, en affirmant vouloir fermer la centrale nucléaire de Fessenheim plutôt qu'une autre centrale, "François Hollande reste flou sur les raisons qui le poussent à faire ce choix", a-t-elle dit. "Pourquoi Fessenheim plutôt que Tricastin au titre du risque sismique, ou Le Blayais au titre du risque inondation ?". La ministre a ajouté ne pas comprendre "la cohérence d'un homme politique qui en 2009 a saisi le Conseil constitutionnel pour invalider la taxe carbone et qui aujourd'hui dans son programme défend la taxe carbone aux frontières de l'Europe".

La ministre du Budget Valérie Pécresse a jugé jeudi que le projet présidentiel du candidat socialiste François Hollande mettait "le modèle social" et "la crédibilité de la France en péril" et "menaçait les Français". "Il veut renoncer à 15 milliards d'euros d'économie sur la réforme des retraites. Tout ça n'est pas sérieux, tout ça mettrait la France dans le rouge. Le déficit budgétaire continuerait d'augmenter, la dette continuerait d'augmenter. Nous n'aurions plus qu'une seule solution, l'augmentation des impôts pour les classes moyennes", a poursuivi Valérie Pécresse.

Elle a critiqué l'ensemble du projet du socialiste marqué par une réforme profonde de la fiscalité: "Quand François Hollande dit: 'Les riches financeront la réduction du déficit', c'est totalement impossible (...) J'ajoute que d'ores et déjà, l'impôt sur le revenu en France est à 45% pour les plus riches, ce que François Hollande semble ignorer."

"Il faut augmenter les impôts de tout le monde si on veut réduire le déficit sans faire d'économies en dépenses. Economies en dépenses, c'est ce à quoi la France s'est engagée. C'est ce qu'elle a fait depuis 2007. C'est la seule façon de maintenir le cap du désendettement et la crédibilité de nos engagements", a-t-elle conclu.