Le scandale Mittal

Par Article partenaire "MonFinancier.com"  |   |  385  mots
Marc Fiorentino (Crédits : MonFinancier.com)
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Il y a 10 ans, l'OPA sur Arcelor était lancée par Mittal. Et à l'époque, il y avait deux camps. Ceux qui défendaient cette OPA au nom de la globalisation et de la liberté des capitaux, et ceux, dont je faisais partie, qui considéraient que laisser partir un fleuron européen était une erreur dramatique.

UN HOLD-UP

Il y a dix ans Arcelor était une entreprise solide. À force de restructurations et de recapitalisations entièrement financées par les contribuables français et européens, l'entreprise était devenue rentable, son endettement était limité et son positionnement à valeur ajoutée. Seul bémol, sa direction était peu encline à une croissance forte, notamment par croissance externe, de peur d'un retour à un nouveau cycle baissier, ce qui avec le recul était une crainte justifiée. Mais c'est quand même Mittal qui a réussi cette OPA... Grâce à une magnifique campagne de communication et une exceptionnelle ingénierie financière, Mittal a réussi à s'emparer de ce joyau, sans débourser un sou, en payant avec des actions Mittal, des actions de papier et en contractant une dette abyssale. Le gouvernement n'était pas intervenu, l'Europe non plus, de peur d'être taxés de protectionnisme.

LE MASSACRE MITTAL

Aujourd'hui la messe est dite. Mittal a publié des résultats catastrophiques. Son endettement est supérieur à 15 milliards d'euros et a peu de chances d'être remboursé, ses pertes atteignent les 7 milliards d'euros rien que pour 2015. Les actionnaires qui ont suivi cette fusion il y a dix ans ont perdu les ¾ de leur argent. Et on reparle évidemment de possibles licenciements en France et en Europe. Rappelez-vous les promesses non tenues de Mittal de ne pas fermer ses hauts fourneaux en France. Des licenciements seront inévitables encore en Europe et en France alors que le groupe fait déjà massivement usage du chômage partiel. Le paradoxe c'est que 10 ans après, malgré le massacre et le pillage opérés par Mittal, l'Europe est la seule partie du groupe qui est encore rentable. ET l'autre paradoxe c'est que Mittal viendra peut-être obtenir de l'aide financière de l'Europe contre une promesse qu'il ne tiendra pas de...

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