A quoi ressemble le plan de lutte contre la maladie de Lyme annoncé par Touraine

Par Jean-Yves Paillé  |   |  515  mots
27.000 nouveaux cas de borrélioses de Lyme sont recensés chaque année. Un chiffre qu'il faudrait multiplier par dix selon une association. (Crédits : Reuters)
Alors que les tests proposés par les laboratoires pharmaceutiques sont accusés d'être peu fiables, le gouvernement prévoit de développer de nouveaux outils de diagnostics via l'Institut Pasteur. Il s'engage également à mieux suivre les patients touchés par les maladies transmises par les morsures de tiques.

Sous la pression des médecins et des patients, qui demandent une meilleure reconnaissance de la maladie de Lyme, la ministre de la Santé a annoncé un plan d'action, jeudi 29 septembre.

Il vise à "éviter le sentiment d'abandon et l'errance thérapeutique auxquels sont confrontés des malades de Lyme. Il permet de mieux comprendre la maladie, de soigner plus efficacement les patients et de mobiliser tous les outils disponibles pour prévenir la maladie", assure Marisol Touraine.

Si le montant de l'investissement alloué à ce plan n'est pas dévoilé, la ministre précise  qu'un comité de pilotage ad hoc, accueillant les associations de patients et l'ensemble des acteurs, se réunira deux fois par an.

Fiabilité des tests: Pasteur développera de nouveaux outils de diagnostic

Le gouvernement prend plusieurs mesures concernant les laboratoires pharmaceutiques, sans les citer. Plusieurs d'entre eux, dont le français BioMérieux et la biotech italienne Diasorin, sont accusés par des patients atteints de la maladie de Lyme de proposer des tests qui ne sont pas fiables. Pour mémoire, 150 patients ont porté plainte en juin contre plusieurs sociétés pharmaceutiques pour ce motif.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et le Centre national de référence (CNR) continueront "l'évaluation de la performance des kits déjà disponibles sur le marché", annonce le ministère de la Santé.

Par une autre mesure, le gouvernement met en doute la fiabilité des tests déjà proposés sur le marché. "L'Institut Pasteur engagera, en lien avec les laboratoires de la recherche en santé animale, des travaux pour développer de nouveaux outils de diagnostic", est-il annoncé. Une mesure qui répond en partie au cri d'alarme d'une centaine de médecins en juillet. Ces dernier réclamaient "des financements publics pour améliorer les tests de diagnostic, actuellement non fiables".

Des mesures pour améliorer le suivi des patients

En outre, parmi les principales mesures, le ministère de la Santé s'engage à mettre en place une "cohorte prospective de suivi des patients" pour améliorer les connaissances sur les maladies transmises par les tiques.

La ministre s'engage à mettre en place un bilan standardisé des infections transmissibles par les tiques et un protocole national de diagnostics et de soins.  Plusieurs centres spécialisés de prise en charge des personnes touchées par les maladies transmises par les tiques seront désignés dans chaque région.

Du pain sur la planche, d'autant que les chiffres seraient sous-estimés

Par ailleurs, le gouvernement veut "prévenir plutôt que guérir" en élaborant une cartographie du risque et de la répartition des tiques en France et en cherchant à améliorer la diffusion et la qualité des répulsifs contre les tiques, notamment pour les travailleurs. Il prévoit également de renforcer les campagnes d'information.

Le gouvernement aura donc fort à faire. Si 27.000 nouveaux cas de borrélioses de Lyme sont recensés chaque année, les malades seraient en réalité dix fois plus nombreux, avance l'association Lyme sans frontières.