Dengue : le vaccin de Sanofi est sur la sellette

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Le vaccin, pour lequel Sanofi dit avoir dépensé 1,5 milliard d'euros en R et D, n'a rapporté que 22 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année et 55 millions d'euros en 2016.
Le vaccin, pour lequel Sanofi dit avoir dépensé 1,5 milliard d'euros en R et D, n'a rapporté que 22 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année et 55 millions d'euros en 2016. (Crédits : Romeo Ranoco)
Sanofi déconseille l'injection du Dengvaxia aux personnes n'ayant jamais été infectées. Suite à cette annonce, les Philippines ont décidé de suspendre leur campagne de vaccination. Le vaccin contre la Dengue était déjà très loin d'atteindre ses objectifs financiers....

Publié le 01/12/2017 à 15h31. Mis à jour le 05/12/2017 à 10:50.

En pleine épidémie de dengue, en Amérique du Sud, le Dengvaxia, un vaccin de Sanofi contre ce virus, avait été lancé en grande pompe. Il avait donné lieu à de vastes campagnes de vaccination. Notamment au Brésil, en août 2016, ou encore aux Philippines en mars de la même année. Depuis, Sanofi déchante. Ce vaccin, pour lequel il dit avoir dépensé 1,5 milliard d'euros en recherche et développement, n'a rapporté que 22 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année et 55 millions d'euros en 2016. Le laboratoire français l'explique rencontrer des problèmes pour "mettre en œuvre de vastes programmes publics de vaccination dans un environnement politique et économique difficile", et souligne un contexte moins favorable "de faible incidence de la maladie en particulier en Amérique latine".

Sanofi, loin des centaines de millions d'euros attendus

L'objectif du laboratoire du milliard de dollars (890 millions d'euros) annuel semble être désormais inatteignable. D'autant que les Philippines ont annoncé la suspension de leur campagne de vaccination contre cette maladie transmise par les moustiques et potentiellement mortelle. Jusqu'à aujourd'hui, le pays avait vacciné plus de 700.000 enfants.Mardi 5 décembre, les Philippines ont même décidé de suspendre la vente et la distribution du produit thérapeutique. Le gouvernement a fait ce choix après la publication d'un communiqué de Sanofi sur son produit thérapeutique. Le laboratoire déconseille l'injection du Dengvaxia, premier vaccin contre la dengue autorisé dans le monde, aux personnes n'ayant jamais été infectées.

Le "Dengvaxia apporte un effet protecteur persistant contre la dengue, aux individus déjà infectés par le passé", dit Sanofi. Mais pour les autres personnes ne présentant aucun antécédent de dengue "davantage de cas sévères de dengue pourraient être observés en cas d'exposition au virus, à la suite de la vaccination". Le laboratoire pharmaceutique veut toutefois rassurer sur l'intérêt de prescrire son produit à une majorité de personnes. Sur les 390 millions de personnes infectées par an, " 70% et 90% de leurs habitants auraient déjà été exposés à la dengue au moins une fois avant l'âge de l'adolescence".

Quelques jours après la publication du communiqué du laboratoire, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé lundi 4 décembre qu'elle mènera d'ici à la fin de l'année un examen complet des données sur le Dengvaxia. L'institution a toutefois renouvelé sa recommandation du 30 novembre préconisant que le Dengvaxia ne soit administré qu'aux personnes dont on sait qu'elles ont été infectées par la dengue préalablement à toute vaccination.

Inquiétude des syndicats

La question de l'avenir du vaccin, vendu dans 20 pays, tous en développement, excepté l'Australie, se pose. Le  groupe pharmaceutique pourrait réorienter la production de son usine de Neuville-sur-Saône près de Lyon concevant des vaccins Dengvaxia, selon les syndicats. Ces derniers craignent un plan social. Ils assurent que l'objectif était de vendre 100 millions de doses par an, mais que Sanofi en vendrait dix fois moins. Le stock d'invendus atteindrait ainsi 400 millions de doses.

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Commentaires
a écrit le 01/12/2017 à 19:34 :
ils n'ont qu'a retirer ce produit, on va voir qui va hurler que c'est pas normal que les multinationales ne protegent pas les gens avec leurs medicaments........ tout le monde a compris que les etats concernes ne veulent rien verser, ils ont certainement d'autres priorite, un peu comme au venezuella, quoi...
a écrit le 01/12/2017 à 15:53 :
Pfff... Sanofi, encore et toujours.

Au secours.

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