Après le "Front républicain", le "Front social"

Par latribune.fr  |   |  792  mots
Les participants avaient répondu à l'appel de sections CGT, Sud ou Unef et d'associations qui n'ont jamais accepté la fin de la bataille contre la loi travail, et avaient décidé de marquer le coup quel que soit le président élu. (Crédits : JEAN-PAUL PELISSIER)
Plusieurs milliers de personnes, selon les organisateurs, manifestaient lundi après-midi dans le calme à Paris, à l'appel du collectif "Front social", pour marquer leur mobilisation dès le lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron.

> Papier mise en ligne le 8 mai 2017 à 14h40 | mise à jour 14h48

Encadrés par un gros dispositif policier, les manifestants (1.600 selon la police, 7.000 à 10.000 selon les organisateurs) ont défilé entre la Place de la République et la Place de la Bastille en scandant "anti-capitalistes" ou "Macron démission! un jour ça suffit".

La police a signalé quelques jets de projectiles et de légères dégradations sur le mobilier urbain, et a procédé à une interpellation. Les manifestants étaient en cours de dispersion vers 17h30.

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Des centaines de personnes ont défilé lundi 8 mai entre les places de la République et de la Bastille, à Paris, pour lancer un premier avertissement social à Emmanuel Macron, au lendemain de son élection à la présidence de la République.

En ce jour férié en raison du 8-Mai, plusieurs syndicats, dont la CGT, Sud et l'Unef, réunis dans le collectif Front social, ont appelé à lancer un message au fondateur du mouvement En Marche !, élu dimanche avec 66,1% des voix contre la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen.

"En Marche vers la guerre sociale", "Nos voix ne rentrent pas dans leurs urnes", pouvait-on lire sur des banderoles brandies par les manifestants, encadrés par un important dispositif de sécurité.

Le troisième tour social

Dès l'annonce des résultats dimanche soir, les centrales syndicales ont mis en garde le président élu contre un "troisième tour social", en particulier s'il légifère par ordonnances sur le droit du travail.

"S'il persiste dans l'idée de faire des ordonnances au mois de juillet, ça veut dire qu'il va balayer le dialogue social et la concertation : il y aura problème d'une manière ou d'une autre, donc on attend de voir", a déclaré sur franceinfo le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.

"Je ne vois pas quelle est l'organisation syndicale, quelle qu'elle soit aujourd'hui, sans parler du fond, qui peut accepter que ça passe à la schlague avec des ordonnances", a-t-il ajouté.

Les manifestants, rassemblés Place de la République se sont ensuite dirigés vers la place de la Bastille en criant "anti-capitalistes". "Urgence sociale et écologique", "pour l'égalité des droits contre un précariat généralisé" ou encore "En Marx", proclamaient des pancartes, tandis qu'une chorale improvisée chantait "Merci patron" ou l'hymne des femmes.

"Loi Travail XXL" , le retour sur le sujet qui fâche

Les participants avaient répondu à l'appel de sections CGT, Sud ou Unef et d'associations qui n'ont jamais accepté la fin de la bataille contre la loi travail, et avaient décidé de marquer le coup quel que soit le président élu.

Le collectif avait appelé entre les deux tours à "battre les deux candidats". Il avait encouragé à "participer à la première mobilisation sociale du quinquennat, que ce soit la peste ou le choléra qui arrive au pouvoir".

"Nous avons décidé de ne pas baisser la tête dans les premiers jours de mandature", assure Romain Altmann responsable du turbulent syndicat Info'Com, qui a souvent eu maille à partir avec la direction de la CGT "Ce qui nous attend est assez grave, comme une loi travail no 2 qui va voir le jour dans les prochaines semaines", observe-t-il.

Parmi ses premières mesures, Emmanuel Macron a prévu de réformer le droit du travail.

"Très peu de gens ont voté pour Macron par conviction", dit Michael Adam, 25 ans, non syndiqué et qui a voté pour Jean-Luc Mélenchon au 1er tour le 23 avril. "On est là pour montrer qu'on ne va pas lâcher", ajoute-t-il.

Pour Michael Wamen, CGT Goodyear à Amiens, "le Medef applaudit des deux mains", l'élection d'Emmanuel Macron.

"Ce n'est pas un président qui a été élu, c'est un président directeur général", dénonce-t-il .

"Quel que soit l'homme ou la femme politique élu, on aurait été dans la rue, car depuis 40 ans on n'a jamais autant subi de régressions sociales", a-t-il observé.

Les centrales syndicales au niveau national ne se sont pas associées à ce rassemblement, en dépit de leurs inquiétudes concernant la volonté du président élu de légiférer par ordonnance pour réformer le droit du travail, dès cet été.

Le 22 avril, à la veille du premier tour, le "Front social" avait déjà organisé une manifestation à Paris, à laquelle avaient participé près de 2.000 personnes selon la police.

(avec Agences)