Assistants parlementaires du FN : le préjudice est évalué à 5 millions d'euros

Par latribune.fr  |   |  577  mots
La candidate du FN à l'élection présidentielle a refusé de se rendre à la convocation du juge d'instruction le temps de la campagne électorale en arguant de son immunité parlementaire. (Crédits : VINCENT KESSLER)
Le Parlement européen estime désormais à près cinq millions d'euros le préjudice potentiel qu'il a a subi dans l'affaire des assistants parlementaires des députés européens. Marine Le Pen, Louis Alliot et Florian Philippot entre autres sont visés par cette enquête.

L'addition risque d'être salée pour le Front national. Le Parlement européen a évalué le préjudice subi à près de 5 millions d'euros dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national pour la période allant du premier avril 2012 au premier avril 2017. Interrogé par Reuters ce vendredi 28 avril, le service de presse de l'institution européenne a indiqué que :

"Nous avons fait une mise à jour du préjudice potentiel subi en fonction de l'évolution de l'enquête et des éléments mis au jour et l'avons transmise aux autorités judiciaires françaises".

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Une estimation plusieurs fois réévaluée

La dernière estimation du Parlement qui datait de septembre 2015, évaluait ce préjudice potentiel à 1,9 million d'euros. Avant cela, l'ancien président de l'assemblée Martin Schulz faisait état d'un potentiel de 7,5 millions d'euros dans un courrier adressé à l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira que Marianne a révélé.

La nouvelle estimation qui s'élève exactement à 4,978 millions d'euros fait suite à la découverte d'éléments nouveaux dans le dossier ces derniers mois et elle peut encore changer a déclaré à l'AFP l'avocat du Parlement européen Patrick Maisonneuve.

17 députés FN dans le viseur

Dans la note transmise à la justice française cette semaine, 17 élus européens du Front national sont visés parfois pour plusieurs assistants - dont la candidate du parti d'extrême droite qualifiée pour le second tour de la présidentielle en France, Marine Le Pen, a expliqué l'une des sources à l'AFP. Autant de cas que l'enquête judiciaire en France, dans laquelle le Parlement européen est partie civile, devra confirmer.

Un système de financement du parti au détriment du Parlement

Dans une lettre longuement citée vendredi par Le Monde, les juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke, chargés de l'affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, décrivent un système de financement du parti de Marine Le Pen au détriment de cette institution.

Selon ce courrier, cité par Le Monde, les investigations menées à ce stade sur une partie des collaborateurs des 24 députés européens du FN "permettent de constater l'absence totale de tout travail d'assistant parlementaire et au contraire un travail effectif au profit du Front national en France".

Les deux juges évoquent également dans leur lettre des documents découverts dans le bureau du trésorier du FN, Wallerand de Saint Just. Ces documents révèlent "la volonté du FN de réaliser de substantielles économies au détriment du Parlement européen par la prise en charge par celui-ci de salariés du parti au titre d'assistants parlementaires", écrivent-ils. Selon Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke, "des notes manuscrites saisies, attribuées à Wallerand de Saint Just (font) le lien entre le nombre de députés européens FN et un certain nombre de recettes pour le parti".

Marine Le Pen est arrivée deuxième, dimanche, au premier tour de l'élection présidentielle française et affrontera Emmanuel Macron au second tour organisé le 7 mai. Si la procédure va à son terme, la seule chance pour la candidate d'extrême droite d'échapper à la justice serait d'acquérir une autre immunité, présidentielle cette-fois ci.

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