Covid-19 : la France va faire payer les tests de dépistage aux touristes étrangers

Par latribune.fr  |   |  559  mots
Les tests seront facturés "à hauteur de 49 euros pour les PCR et 29 euros pour les antigéniques", pour les touristes étrangers à partir du 7 juillet. (Crédits : VINCENT WEST)
A partir du 7 juillet, les tests de dépistage du Covid-19 ne seront plus remboursés pour les touristes étrangers. Une première étape avant d'arrêter totalement le remboursement des tests à la rentrée ? L'option est envisagée par le gouvernement afin d'inciter les récalcitrants ou hésitants vis-à-vis du vaccin à sauter le pas.

Mauvaise nouvelle pour les touristes étrangers qui souhaitent venir en France cet été. Dès le 7 juillet, ils devront payer les tests de détection du Covid-19.

Ils seront facturés "à hauteur de 49 euros pour les PCR et 29 euros pour les antigéniques", a expliqué aux Echos Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, pour qui "c'est une question de réciprocité sachant que ces tests sont payants dans la plupart des pays pour les Français qui voyagent". En effet, la France fait figure d'exception dans la prise en charge totale des tests de sa population. En Europe, le test PCR est également gratuit seulement au Danemark, en Norvège, au Monténégro et dans la région de Bavière en Allemagne. Ailleurs, le coût d'un test s'échelonne de quelques dizaines d'euros jusqu'à plus de 200 euros au Royaume-Uni.

Gabriel Attal a d'ailleurs rappelé que "les touristes qui viennent chez nous sont évidemment soumis au pass sanitaire".

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Vers un arrêt total de la prise en charge des tests ?

Plus largement, la question du déremboursement des tests PCR dits de confort "se posera autour de la rentrée" au gouvernement, a indiqué lundi Gabriel Attal. Le porte-parole du gouvernement a toutefois écarté cette option pour le moment, car des personnes attendent encore "pour avoir leur deuxième dose" et n'y "sont pour rien".

"Autour de la rentrée, c'est une question qui se posera, je ne fais pas ici d'annonce, évidemment, mais la question pourra se poser", a-t-il affirmé le 28 juin au micro de Franceinfo.

Une option envisagée pour accélérer le rythme de la vaccination, selon le gouvernement, alors que le cap de la moitié des Français primo-vaccinés vient d'être franchi.

Déjà le 23 juin, l'Académie nationale de médecine avait recommandé de "suspendre le remboursement des tests (...) pratiqués pour convenances personnelles (obtention d'un pass sanitaire, voyages internationaux, participation à des événements collectifs) chez les personnes non vaccinées""afin d'élever rapidement le niveau national de couverture vaccinale au cours de l'été".

Possibilité de rendre obligatoire la vaccination pour les soignants

D'autre part, le gouvernement se pose la question de rendre obligatoire la vaccination pour les soignants. "Nous avons fait jusqu'à maintenant le choix de la conviction plutôt que de la coercition, mais cela pourrait évoluer" car "on ne peut accepter aucune prise de risque pour les résidents des Ehpad liée à des soignants non vaccinés", a ajouté Gabriel Attal.

Olivier Véran dit de son côté avoir écrit aux directeurs d'Ehpad où, selon le ministère, "les professionnels sont 57% à avoir reçu une première dose" et seulement 44% à être protégés complètement.

Sur cette question, Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, a également indiqué le 30 juin avoir changé d'avis. "J'étais contre l'obligation mais il me semble que maintenant on a atteint le niveau où on va devoir envisager une obligation. A mes yeux, beaucoup se joue dès maintenant", a déclaré l'immunologiste.

Jean Castex a annoncé mercredi qu'il allait lancer "dans les jours qui viennent" une consultation avec les associations d'élus locaux et les présidents de groupes parlementaires autour de la vaccination obligatoire des soignants.

(Avec AFP)