Charlottesville : des patrons américains lâchent Trump après sa réaction tardive

Par latribune.fr  |   |  504  mots
Le rassemblement de suprémacistes blancs à Charlottesville a coûté la vie samedi à une contre-manifestante, tuée par un automobiliste. Donald Trump a jugé dans un premier temps que les responsabilités étaient partagées dans ces violences, avant de rectifier le tir lundi.
Les patrons de trois grands groupes américains ont tour à tour annoncé qu'ils quittaient la commission consultative de la Maison-Blanche. Leur décision fait suite à la réaction faible et tardive du président américain à la manifestation d'extrême droite à Charlottsville.

Les patrons de plusieurs grandes entreprises américaines ont démissionné lundi d'une commission consultative auprès de l'administration des Etats-Unis, après la réaction jugée trop faible et tardive de Donald Trump à la suite du rassemblement de l'extrême droite américaine au cours du week-end en Virginie.

Tour à tour, le directeur général du laboratoire pharmaceutique Merck, Kenneth Frazier, celui de l'équipementier sportif Under Armour, Kevin Plank, et celui du géant des semi-conducteurs Intel, Brian Krzanich, ont annoncé qu'ils quittaient cette instance, le "Manufacturing Council". La confédération syndicale AFL-CIO, qui représente 12,5 millions de travailleurs, a pour sa part déclaré qu'elle envisageait de retirer son représentant dans ce comité consultatif.

La réaction en deux temps de Trump après Charlottesville

Le rassemblement de suprémacistes blancs à Charlottesville a coûté la vie samedi à une contre-manifestante, tuée par un automobiliste, un homme de 20 ans soupçonné de sympathies nazies, ayant précipité sa voiture dans la foule.

Donald Trump a jugé dans un premier temps que les responsabilités étaient partagées dans ces violences. Vivement critiqué pour cette déclaration, le président américain a tenté lundi de rectifier le tir en qualifiant les néo-nazis et le Ku Klux Klan de criminels.

Donald Trump s'en prend à Merck sur Twitter

Kenneth Frazier a annoncé qu'il quittait le Manufacturing Council en raison de la nécessité de "s'élever contre l'intolérance et l'extrémisme".

"Les dirigeants américains doivent honorer nos valeurs fondamentales en rejetant clairement les expressions de haine, de sectarisme et de suprématie d'un groupe qui vont à l'encontre de l'idéal américain selon lequel nous naissons tous égaux", a dit le patron de Merck, lui-même noir.

Dans la demi-heure suivant cette annonce, Donald Trump a répliqué. "Merck Pharma est un leader de l'augmentation des prix des médicaments alors qu'au même même il délocalise des emplois hors des Etats- Unis. Ramène les emplois et LES PRIX BAS!", a tweeté le président américain.

"Under Armour est engagé dans l'innovation et le sport, pas la politique"

Kevin Plank a eu lui aussi recours à Twitter pour annoncer son départ du Manufacturing Council. "Nous restons déterminés dans notre potentiel et notre capacité à améliorer l'industrie américaine", a-t-il écrit. "Cependant, Under Armour est engagé dans l'innovation et le sport, pas la politique."

Kevin Plank a été critiqué l'hiver dernier par certaines stars de sa marque, comme le basketteur Stephen Curry, pour avoir exprimé sa satisfaction de voir Donald Trump à la Maison blanche.

Quant à Brian Krzanich, il a dit démissionner du Manufacturing Council "pour attirer l'attention sur les graves préjudices que notre climat politique de division porte à des thèmes essentiels".

(Avec Reuters)