Une croissance américaine anémique fin 2015

Par latribune.fr  |   |  541  mots
Avant même la tempête de neige, qui a paralysé une partie des Etats-Unis, la croissance était lourdement retombée
La croissance est tombée à 0,7% en rythme annuel, soit moins de 0,2% d'un trimestre sur l'autre, selon les normes de calcul européennes. Sur l'ensemble de 2015, le PIB a crû de 2,4%

La croissance économique des Etats-Unis a nettement marqué le pas au 4e trimestre, ralentie par une chute des investissements des entreprises notamment dans le secteur énergétique et une décélération des dépenses de consommateurs, selon la première estimation du département du commerce publiée vendredi.

Au quatrième trimestre,  le Produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 0,7% en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières contre 2% au 3e trimestre. Si l'on compare simplement le quatrième trimestre au troisième -comme on le fait en Europe, sans annualiser la croissance- on obtient une progression très faible du PIB, inférieure à 0,2%.

Les analystes s'attendaient à un ralentissement mais dans une moindre mesure, leur prévision médiane tablant sur +0,9%. Pour l'ensemble de 2015, la croissance a été de 2,4% comme en 2014.

Investissements dans le rouge, notamment en raison de la chute du pétrole

Malgré un hiver exceptionnellement doux jusqu'en décembre, les dépenses de consommation qui constituent les deux tiers du PIB américain, n'ont progressé que de 2,2% après avoir gagné 3% au trimestre précédent.

Pour le deuxième trimestre consécutif, les investissements des entreprises ont été dans le rouge, creusant leur retrait au 4e trimestre à -2,5%. Ce secteur a coûté 0,4 point de croissance sur les trois derniers mois de l'année. L'impact de la chute des prix du pétrole a frappé de plein fouet le secteur extractif dont les investissements dans les infrastructures industrielles ont dégringolé de 38,7% sur le trimestre, a précisé une porte-parole du ministère. Sur l'année, ces investissements dans le secteur minier et pétrolier ont chuté de 35%, le plus fort repli depuis 1986.

Les entreprises ont aussi puisé dans leurs stocks plutôt que d'en produire de nouveau ce qui a aussi pesé sur l'expansion, faisant perdre 0,45 point de croissance.

Le commerce extérieur a lui aussi pesé sur la croissance, handicapé par un renforcement du dollar. Les exportations américaines ont reculé de 2,5% après +0,7% au 3e trimestre. Les importations ont aussi déceléré gagnant seulement 1,1%. Le solde du commerce extérieur a coûté 0,47 point de croissance sur le trimestre et 0,66 point sur l'année.

A cela s'ajoute au dernier trimestre un affaiblissement de la progression des dépenses publiques, surtout au niveau des Etats et des collectivités locales, qui n'ont augmenté que de 0,7% contre 1,8% au trimestre précédent.

La Fed inquiète

Cette médiocre performance du dernier trimestre fait écho à l'inquiétude de la Réserve fédérale (Fed) qui, mercredi, a noté le ralentissement de l'économie et fait une pause dans le relèvement des taux d'intérêt. La banque centrale s'est également gardée d'indiquer clairement à quel rythme elle comptait poursuivre sa normalisation de la politique monétaire qui a été extraordinairement accommodante pendant plus de sept ans.

Le ministère du Commerce publiera le 26 février sa deuxième estimation du PIB au 4e trimestre. Dans un rapport séparé, le ministère du Travail a aussi publié vendredi l'indice du coût de l'emploi au dernier trimestre qui a modestement gagné 0,6% comme au trimestre précédent et 2% sur l'année.

 AFP