Migrants : Berlin va continuer de financer des ONG de sauvetage en mer, assure le ministère des Affaires étrangères

Par latribune.fr  |   |  636  mots
Olaf Scholz se désolidarise de cette mesure du parlement allemand. (Crédits : JOHANNA GERON)
Le gouvernement allemand réfute les affirmations du quotidien populaire Bild et assure que le financement des organisations caritatives de sauvetage des migrants en Méditerranée se poursuivra pendant trois ans. « Les articles de presse sont erronés », affirme le ministère des Affaires étrangères.

Mise à jour : article publié le 07/10/2023 à 7:00 et mis à jour à 17:30 avec la réaction du ministère allemand des Affaires étrangères

Berlin dément les affirmations du quotidien populaire Bild. Celui-ci affirmait que l'Allemagne songeait à cesser de financer les ONG de sauvetage des migrants en Méditerranée, après avoir été vivement critiquée par l'Italie. L'Allemagne continuera jusqu'en 2026 de financer les organisations caritatives de sauvetage des migrants en Méditerranée a assuré samedi le ministère des Affaires étrangères à l'AFP, rejetant les affirmations de Bild.

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Dans le budget allemand pour 2023, deux millions d'euros (2,1 millions de dollars) reviennent aux organisations de sauvetage en mer. Ces fonds ont disparu du projet de budget pour l'année prochaine, expliquait Bild. Il ne s'agit « pas d'un oubli », selon des sources à la commission du budget du parlement allemand. La Chancellerie et le ministère des Affaires étrangères sont tous deux favorables à l'annulation de ce financement.

« Les articles de presse sont erronés », une « erreur technique » expliquant l'absence des « ressources budgétaires correspondantes » dans le projet de budget, a affirmé samedi le ministère des Affaires étrangères, sollicité par l'AFP. « Il est prévu depuis plusieurs semaines de corriger ce problème dans le cadre de la suite du processus budgétaire », précise Berlin pour qui « un financement du sauvetage en mer est également prévu pour les années 2024 à 2026, avec les autorisations d'engagement du Bundestag ». Ces autorisations d'engagement seront « mises en œuvre », réaffirme le ministère.

La Première ministre d'extrême droite italienne Giorgia Meloni a récemment adressé une missive au chancelier allemand Olaf Scholz pour lui faire part de sa « stupéfaction » d'apprendre le financement par l'Allemagne d'ONG d'aide au sauvetage des migrants en situation irrégulière en Italie, pays très exposé aux flux migratoires illégaux sur sa rive sud.

Division dans la coalition allemande

Interrogé, Berlin a bien confirmé qu'il accordait entre 400.000 et 800.000 euros à chacune des deux ONG en relation avec le sauvetage des migrants. Pendant une conférence de presse la semaine dernière à l'issue de ses entretiens avec son homologue italien Antonio Tajani, la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a justifié le soutien de son pays à ces missions de sauvetage. « Les sauveteurs en mer volontaires ont une mission consistant à sauver des vies en Méditerranée », a-t-elle expliqué.

Des explications que n'a pas repris le Chancelier Olaf Scholz. Interrogé sur ces financements pendant une conférence de presse, il a défendu qu'ils avaient été approuvés par le Parlement et non par le gouvernement. « Je n'ai pas fait cette proposition », a-t-il assuré.

Le sommet de Grenade a ainsi été dominé par des débats sur les règles européennes en matière d'immigration. Pour exprimer leur mécontentement face à la situation actuelle, la Pologne et la Hongrie ont refusé l'adoption d'une déclaration commune sur l'immigration à l'issue de cette réunion. « Nous n'avons pas peur des diktats qui viennent de Bruxelles et de Berlin », a tonné le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki. Il a maintenu son refus de se voir imposer un système de « distribution de migrants illégaux », à dix jours d'élections législatives en Pologne.

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Le dossier des migrations, de plus en plus épineux entre les Vingt-Sept, a été abordé à ce sommet à la demande de Giorgia Meloni. Le récent afflux de migrants sur la petite île italienne de Lampedusa lui fait réclamer d'urgence une réponse européenne. « Aujourd'hui, nous nous sommes retrouvés dans un Conseil européen où 27 pays sont d'accord sur le fait que la priorité est d'arrêter l'immigration illégale », a salué la dirigeante d'extrême droite.

(avec AFP)