La Belgique a nationalisé Dexia Banque et endossé le reste du groupe

Par L'Echo (Bruxelles)  |   |  687  mots
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L'Etat belge prend le contrôle de Dexia Banque Belgique pour 4 milliards d'euros. "Les clients et épargnants sont donc sûrs à 200% que leur argent est en sécurité", ont assuré les ministres. Le conseil d'administration de Dexia a accepté l'offre de reprise de l'Etat belge, dans "l'intérêt social" du groupe. La Belgique garantira aussi 60,5% (54 milliards d'euros) des besoins de liquidités de la "bad bank". En échange, Dexia SA doit immédiatement verser à la Belgique une prime de 270 millions d'euros. Un article de notre partenaire belge L'Echo (Bruxelles).

Le Premier ministre et le ministre des Finances ont officialisé vers 3h30 ce lundi la nationalisation à 100% de Dexia Banque Belgique. "Les clients et les épargnants peuvent donc être sûrs à 200% que leur argent est en sécurité", ont-ils souligné lors d'une conférence de presse.

"Nous sommes contents d'avoir réussi à libérer Dexia Banque Belgique de toute charge et de tout risque qui pourrait provenir de l'environnement au sein de la holding Dexia SA", a affirmé Yves Leterme, considérant que cette mesure allait "sécuriser" la banque de détail présente sur le sol belge.

Les ministres ont ensuite précisé que le principal objectif restait les clients et les épargnants de Dexia, mais qu'avec "cette solution, le personnel de Dexia est également sauvé".

Yves Leterme a par ailleurs indiqué que le gouvernement portera "une attention particulière pour les actionnaires" de Dexia. Ainsi, des contacts seront notamment pris dans les prochaines heures avec le Holding communal, Arco ainsi que les ministres-présidents des trois Régions.

Didier Reynders a par ailleurs affirmé que, si dans les 18 mois, Dexia Banque Belgique était vendu "100% de la valeur reviendrait aux actionnaires, après une retenue sur transaction pour l'Etat".

Quant aux taux d'intérêts des dettes belges, le Premier ministre a déclaré qu'il n'y avait aucune raison d'observer une augmentation de ces taux en réponse au démantèlement de Dexia.

L'Etat belge rachètera donc Dexia Banque Belgique pour 4 milliards d'euros. Un prix jugé "raisonnable", par le ministre des Finances Didier Reynders, "la Belgique voulait 3 milliards, la France 8...". Un prix situé dans la fourchette basse évoquée par Yves Leterme, pour lequel "le contribuable (belge) ne sera pas trop mis à contribution puisque le risque est maîtrisé et le coût de l'opération est relatif".

"Dans cet accord, la volonté du gouvernement belge n'est pas de rester indéfiniment dans sa banque ni d'en sortir rapidement mais d'en assurer la continuité", a réaffirmé ce lundi Didier Reynders lors d'une conférence de presse.

Dans un premier temps, l'Etat possèdera ainsi 100% du capital. Dans un deuxième temps, les Régions pourraient monter dans le capital de la banque, comme elles en ont manifesté l'intention.

Et la "bad bank" ?

Le reste du groupe Dexia devient donc une banque résiduelle ou bad bank dont la valeur comptable est de 180 milliards d'euros.

Ses besoins de liquidité, de 90 milliards d'euros contre 150 milliards en 2008, seront effectivement garantis par la Belgique, la France et le Luxembourg selon la clé de répartition qui était déjà en vigueur il y a trois ans. A savoir: 60,5/36,5/3. La Belgique garantira, pour une durée de 10 ans, le financement de cette banque résiduelle du groupe Dexia à hauteur de 60,5%, ce qui correspond à un montant maximum de 54 milliards d'euros, a annoncé lundi matin le ministre des Finances Didier Reynders.

La band bank devra payer des primes sur ces garanties. Cela rapportera 270 millions à l'Etat belge, a rappelé Didier Reynders. Dexia SA va payer immédiatement aux Etats belge, français et luxembourgeois une prime de 450 millions d'euros pour la garantie offerte, dont 60% iront à la Belgique.

Cette banque résiduelle de Dexia abritera une série d'actifs risqués du groupe pour un total de quelque 90 milliards d'euros.

L'effort belge

L'État belge estime ainsi que l'accord reste dans les lignes de son objectif de négociation, à savoir ne pas débourser plus de 1% du PIB (3,6 milliards) pour l'achat de DBB. Même si le montant des garanties consenties par la Belgique représente 15% du PIB, alors qu'il ne vaut que pour 2% de celui de la France.

La vente de DBB est l'un des volets de l'accord sur le démantèlement de Dexia conclu ce dimanche midi à Bruxelles entre les Premiers ministres belge et français, Yves Leterme et François Fillon.

Le groupe perdra également son aile française, DMA, rachetée par l'Etat français pour un prix de 650 à 700 millions. La Caisse des dépôts et consignation rechignerait cependant toujours face à un tel prix.

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