La flambée des prix de l'énergie devrait se calmer début 2022, selon la cheffe économiste du FMI

Par latribune.fr  |   |  516  mots
"Le scénario du pire serait d'avoir un hiver particulièrement rigoureux dans l'hémisphère nord avec une demande pour l'énergie qui grimpe" (Crédits : JAMES LAWLER DUGGAN)
Alors qu'en Allemagne, la première économie européenne, l'inflation, poussée par les prix de l'énergie, a atteint son plus haut niveau depuis "décembre 1993", le Fonds monétaire international s'est montré rassurant sur une hausse irréversible. Avec une inquiétude toutefois, celle d'avoir un hiver rigoureux qui pourrait déséquilibrer la production et entrainer des coupures.

Tandis que la confirmation de l'inflation inquiète les marchés, avec pour conséquence un probable durcissement de la politique monétaire de la banque centrale américaine à venir, le FMI (Fonds monétaire international) s'est montré rassurant sur la hausse des prix de l'énergie. Ceux-ci devraient connaître une modération "d'ici la fin du premier trimestre 2022", a estimé Gita Gopinath, l'économiste en chef du Fonds monétaire international au cours d'une interview avec l'AFP.

"Pour le moment, même si à court terme, (...) pendant les quelques mois d'hiver, les prix de l'énergie seront élevés, nous nous attendons à ce qu'ils redescendent d'ici la fin du premier trimestre de l'année prochaine et au cours du deuxième trimestre", a-t-elle déclaré.

Pour l'heure, la flambée se confirme partout dans le monde. En Allemagne par exemple, l'inflation s'est établi à 4,1% en septembre, son plus haut niveau depuis "décembre 1993, après avoir grimpé à 3,9% sur un an en août, a indiqué dans un communiqué l'institut fédéral des statistiques Destatis.

La cheffe économiste a toutefois tempéré son optimisme à l'approche de l'hiver : "le scénario du pire serait d'avoir un hiver particulièrement rigoureux dans l'hémisphère nord avec une demande pour l'énergie qui grimpe. Et parallèlement, nous n'aurions pas résolu le problème des perturbations des chaînes de production", a-t-elle ajouté.

Pour autant, Mme Gopinath ne s'attend pas à une crise telle que celle des années 1970 car "dans l'ensemble, le monde dépend beaucoup moins de l'énergie". Et "il faudrait une augmentation beaucoup plus importante des prix du gaz, par exemple, pour (...) que cela conduise à (...) une stagflation", c'est à dire une inflation très élevée et une croissance stagnante.

Le risque sur la croissance mondiale

Déjà, la Chine a connu ces dernières semaines des coupures de courant. Celles-ci ont entraîné des fermetures totales ou partielles d'usines, pénalisant la production et les chaînes d'approvisionnement mondiales.

Les conséquences du rationnement de l'électricité "se feront davantage sentir" en fin d'année en raison du traditionnel "pic de demande" en énergie en hiver, prévient aussi pour l'AFP l'analyste Rajiv Biswas, du cabinet IHS Markit.

En Europe, l'explosion des prix du gaz et de l'électricité ont poussé certains Etats à réagir. L'Union européenne doit d'ailleurs dévoiler ce mercredi un arsenal de mesures pour contrer la flambée des prix.

Reste qu'en période d'incertitudes, le dollar reste une valeur refuge. L'euro a ainsi touché mardi un nouveau plus bas depuis 14 mois face à la devise américaine.

La monnaie unique est descendue jusqu'à 1,1524 dollar pour un euro, pour la première fois depuis le 22 juillet 2020.

Aussi, depuis juillet, le FMI a révisé à la baisse certaines de ses prévisions de croissance. Pour le monde, celle-ci devrait atteindre +5,9% en 2022, soit -0,1 point de moins. Quant aux pays avancés, la croissance est attendue à +5,2%, soit -0,4 de moins que prévu pour 2022.

(Avec AFP)

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