Pétrole : l'AIE mise sur un baril à 80 dollars à l'horizon 2020

Par latribune.fr  |   |  472  mots
L'Agence internationale de l'énergie n'exclut pas totalement le scénario d'une faiblesse durable des prix qui continueraient à évoluer autour de 50 dollars le baril jusqu'en 2020, avant de remonter progressivement jusqu'à 85 dollars en 2040. (Crédits : © Enrique de la Osa / Reuters)
Alors que les cours du pétrole dégringolent depuis 2014 pour stagner autour de 50 dollars le baril, l'agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit un rééquilibrage, mais pas avant 2020.

Le marché pétrolier devrait progressivement se rééquilibrer autour de 80 dollars le baril à l'horizon 2020 grâce à une offre moins abondante, a prédit mardi 10 novembre l'Agence internationale de l'énergie.

"Le processus d'ajustement du marché pétrolier se fait rarement en douceur, mais dans notre scénario central, le marché se rééquilibrera à 80 dollars le baril en 2020, avec une poursuite de la hausse des prix par la suite", écrit l'AIE dans sa grande étude prospective annuelle (en anglais)

Les prix du pétrole ont été réduits de plus de moitié depuis la mi-2014 et évoluent actuellement sous la barre des 50 dollars le baril. Ils sont pénalisés notamment par l'offensive commerciale de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), Arabie saoudite en tête, qui inonde le marché d'or noir pour contrer la concurrence des hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis.

Vers un rééquilibrage ?

Mais cette dégringolade des cours porte en elle les germes d'un rééquilibrage du marché, en encourageant la demande et en réduisant la production future, du fait des coupes opérées par les compagnies pétrolières dans leurs dépenses d'exploration-production, souligne l'AIE.

En conséquence, la production des pays non membres de l'Opep atteindra un pic avant 2020, avec un peu plus de 55 millions de barils par jour, tandis que celle du cartel pétrolier devrait être tirée par l'Iran et l'Irak.

La demande augmentera quant à elle de 900.000 barils par jour en moyenne chaque année jusqu'en 2020, et elle atteindra 103,5 millions de barils par jour (mbj) 20 ans plus tard, contre 92,7 mbj en 2014.

La baisse des prix ne profitera pas aux consommateurs

Pour l'Agence, il ne faut toutefois pas exclure la possibilité d'une période prolongée de prix bas qui accroîtrait la dépendance aux pays du Moyen-Orient.

Ainsi,  le scénario d'une faiblesse durable des prix qui continueraient à évoluer autour de 50 dollars le baril jusqu'en 2020 n'est pas exclure. Les tarifs pourraient ensuite remonter progressivement jusqu'à 85 dollars en 2040, dans l'hypothèse d'une croissance économique mondiale peu vigoureuse, d'une production de schiste américain résistante et d'un maintien par l'Opep de sa stratégie.

Contrairement aux apparences, cette situation ne profiterait pas nécessairement aux consommateurs, a-t-elle mis en garde:

"Les bénéfices économiques sont contrebalancés par une dépendance croissante du Moyen-Orient pour les importations de brut et par le risque d'un brusque rebond des prix si les investissements continuent à s'amenuiser".

Cela constituerait une menace pour la sécurité énergétique et porterait un coup aux efforts d'économie d'énergie nécessaires à la réalisation de la transition énergétique, dans un monde confronté au défi du changement climatique, prévient l'AIE.

(Avec AFP)

   | Lire aussi: Pétrole: la production des pays non Opep devrait connaître sa plus forte baisse en 24 ans