Pétrole : la production russe bat un nouveau record

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Le total de la production russe a atteint 10,776 millions de barils par jour en octobre, selon des statistiques publiée lundi par le ministère de l'énergie russe.
Le total de la production russe a atteint 10,776 millions de barils par jour en octobre, selon des statistiques publiée lundi par le ministère de l'énergie russe. (Crédits : Forex)
Malgré la stagnation du cours du brut, les groupes pétroliers russes n’ont jamais autant produit depuis la fin de l’URSS. Mais le sous-investissement et les sanctions occidentales menacent cette résurgence.

Moscou pompe frénétiquement son sous-sol pour compenser la déprime du marché pétrolier. Les groupes pétroliers russes sont parvenus à augmenter leur production en dépit de la faiblesse prolonger des cours du baril. Le total de la production russe a atteint 10,776 millions de barils par jour en octobre, selon des statistiques publiée lundi par le ministère de l'énergie russe. C'est une progression de 0,3% par rapport au mois précèdent et 1,3% de mieux que qu'au mois d'octobre 2014. La Russie se maintient dans le trio de tête des pays producteurs de pétrole, avec les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite.

Environ la moitié de la production de brut russe est exportée, soit 5,42 millions de barils par jour en octobre. En glissement annuel, les exportations ont progressé de 9% par rapport à 2014, atteignant 202,7 millions de tonnes, toujours d'après le ministère de l'énergie russe.

Effets bénéfiques de la dévaluation du rouble

Cette résilience à la baisse des cours du pétrole s'explique par plusieurs facteurs. Les groupes pétroliers bénéficient d'un allègement fiscal, car les taxes à l'exportation sont indexées sur le prix du baril. D'autre part, la baisse des cours du pétrole ayant fait dévisser le rouble, les pétroliers en tirent avantage, car leurs coûts de production et d'exploration sont chiffrés en roubles.

C'est le gouvernement russe qui a donc encaissé le choc, avec une réduction drastique des recettes budgétaires. Or, le budget russe dépend pour la moitié des recettes de l'industrie du pétrole et du gaz. Le Kremlin à l'automne à accentuer la pression fiscale sur l'industrie pétrolière, avant d'y renoncer face au lobbying intense des groupes pétroliers. L'arbitrage s'est fait au dépend des dépenses sociales. Les retraités, par exemple, verront leurs retraites fondre alors que le Kremlin a décidé de ne plus les indexer sur l'inflation, qui devrait atteindre 14% cette année.

Des experts soulignent également un effet d'inertie. L'industrie pétrolière russe poursuit sur sa lancée grâce aux gros investissements dans de nouveaux gisements réalisés lorsque le prix du baril dépassait les 100 dollars.

Sous-investissement et déclin

La perspective d'un maintient des cours du pétrole dans la fourchette 40 à 60 dollars le baril inquiète le gouvernement et les groupes pétroliers russes. Le mois dernier, le vice-premier ministre russe Akady Dvorkovich a admit que "Si les prix du baril restent à un bas niveau sur une très longue période, disons plusieurs années, une réduction de 5 à 10% de la production pétrolière est tout à fait envisageable". Pour lui, la baisse de la production ne sera pas provoquée par des mesures gouvernementales, mais par une conséquence "naturelle" : la réduction des bénéfices des compagnies pétrolières se traduira par une baisse des investissements. Depuis le début de la baisse des prix du pétrole, les compagnies pétrolières russes ont réduit de 15 à 30% leurs investissements dans la production, estime Alexeï Gromov, de l'Institut de l'énergie et des finances.

Les sanctions bloquent tous les gisements prometteurs

L'autre facteur menaçant la production russe sont les sanctions internationales imposées dans le cadre de la crise ukrainienne. Ces sanctions frappent tous les transferts de technologies liés à l'exploitation ou l'exploration en zone offshore. Or, la Russie reste très dépendante de technologies concentrées entre les mains de groupes occidentaux. Conséquence, tous les nouveaux projets prometteurs en zone arctique, menés avec des groupes étrangers, sont gelés. Ils doivent remplacer progressivement les gisements de Sibérie occidentale, qui s'épuisent rapidement.

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a écrit le 04/11/2015 à 11:38 :
Nous serons bien les derniers à lever des sanctions qui n'ont pu de raison d'être. Nos éleveurs et nos agriculteurs sont les premiers a en payer le lourd tribut.
Réponse de le 06/11/2015 à 8:50 :
Vous oubliez qu'en France , on n'a pas de pétrole . Alors si les Russes controlent le moyen-orient, vous pouvez dire adieu au pétrole, à votre voiture, à votre chauffage, au plastique, à votre niveau de vie...
Réponse de le 06/11/2015 à 11:57 :
Détrompez-vous poutine n'aspire qu'à une chose rétablir de bonnes relations avec la France.
Oh,certes pas avec le Président Hollande mais avec celui qui suivra.
Les bonnes relations"France-Russie" sont gravées dans le marbre.
a écrit le 04/11/2015 à 0:22 :
L'article est correcte. Juste pour souligner:
1. La croissance de l'offre ne fera pas surement monter le prix du baril. Déjà il y a une bataillesur les parts du marché.
2. En tous cas la limite des capacités de la production du pétrole en Russie est très proche. Dans une bonne part des régions pétroliers il y a une stagnation ou une baisse de la production. La surexploitation massive dans plusieurs gisements risque aggraver la situation.
Réponse de le 06/11/2015 à 10:47 :
.......1/...Il y a une offre excédentaire.
2/En Russie nous atteignons la capacité maximum de production. Dans certaines régions la surexploitation risque d’aggraver la situation....

Je suis d'accord avec vous mais cela est vrai dans tout les pays et il faut sérieusement penser à d'autres formes d'énergies.
a écrit le 03/11/2015 à 20:01 :
Sanctions vous avez dit sanction ???? Qu'allez faire Margerie à Moscou lorsqu'il y a trouvé la mort !!!!!!!!Mais au fait Total n'est il pas a majorité anglo-saxone les fonds de pensions y sont majoritaires !les fonds de pensions US !!!Le privé americaine mais aussi et surtout le '''''public'''' americain c'est à dire les fonctionnaires americains ,politiques ,militaires ext.....!Et oui ,ils cotisent eux aussi et leur argent est placé en bourse dans les sociétés au meilleur rendement c'est à dire les petrolieres ........Sanctions vous avez dit sanctions ha ha ha ............
a écrit le 03/11/2015 à 13:37 :
Interessant, mais il seraite ncore plus interessant de connaitre les reserves russes et leur duree de production à cadence actuelle.
a écrit le 03/11/2015 à 11:49 :
Le journaliste devrait relire son texte, c'est plein de fautes d'orthographe.
Réponse de le 04/11/2015 à 10:03 :
Je me suis fait la même réflexion. Une honte.
Réponse de le 11/11/2015 à 6:01 :
+1000, c'est désolant..
a écrit le 03/11/2015 à 11:38 :
Informations pertinentes. Il faut toutefois noter qu'une hausse de 0,3% représente 30.000 barils jour.... et que 1,3% sur un an c'est 130.000 barils jour.... On reste dans de très très faible pourcentage et volume physique de croissance. Record battu certes, mais d'un centimètre... :=) L'impact sur le marché est très très limité
Dans le même temps les Etats Unis, par rapport à leur maximum de production soit entre 9,5 et 9,6 millions de barils jour ont baissé leur production de 5% et vont repasser dans les prochaines semaines sous les 9 millions de barils jour.
Il y a là un impact plus significatif sur le marché mondial.
Vous avez raison sur l'impact du temps. La Russie a besoin d'une hausse prochaine des prix. Elle qui sur le plan stratégique a si souvent joué sur "le temps long" est cette fois du côté du "temps court".....
Réponse de le 04/11/2015 à 0:03 :
@gvespi: >>Elle qui sur le plan stratégique a si souvent joué sur "le temps long"
Si vous parlez de la période des dernières 15-25 années, la vision de longue terme est surement la meilleure blague du mois.

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