La distribution reconstitue ses marges, les producteurs n'en profitent pas

Par latribune.fr  |   |  291  mots
"Les agriculteurs ont aujourd'hui la corde autour du cou ! L'observatoire montre que dans quasiment tous les secteurs, les prix payés aux producteurs ne couvrent pas les coûts de production", a réagi la FNSEA.
Les tarifs payés aux agriculteurs ont reculé de 5% en 2014, alors que le prix à la consommation a reculé de 0,7%, selon un rapport de l'Observatoire de la formation des prix produits alimentaires.

Les consommateurs sont les premiers à profiter de la baisse des prix alimentaires en 2014, après plusieurs années de hausse. C'est du moins ce qu'estime l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, dans un document élaboré élaboré avec des représentant des agriculteurs, industriels, distributeurs et consommateurs. Le rapport s'est penché sur plusieurs produits: le jambon, le pain, le yaourt, les fruits et légumes ainsi que la viande de porc ou de bœuf.

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Baisse des marges pour les producteurs

Le prix à la consommation de ce "panier" a reculé en moyenne de 0,7%.Dans le même temps, après un "pic" en 2013, les tarifs payés aux agriculteurs ont baissé de 5%, notamment sous l'influence de la baisse des matières premières. Ceux qu'obtiennent les industries agroalimentaires ont baissé de 2%.

Les producteurs de viande bovine et porcine ont notamment subi des baisses de prix à la production de 6 à 8% tandis que les prix au détail progressaient de 1%. Ainsi, le document note ainsi que la distribution a commencé à reconstituer ses marges mais que les producteurs restent dans une grande précarité.

"Les paysans ont la corde autour du cou"

Dans un communiqué publié mardi, la FNSEA a réagit vivement au rapport de l'observatoire:

"Les agriculteurs ont aujourd'hui la corde autour du cou ! L'observatoire montre que dans quasiment tous les secteurs, les prix payés aux producteurs ne couvrent pas les coûts de production. [...] La guerre des prix que se livrent les enseignes, met en difficulté les fournisseurs, est destructrice d'emplois et de pouvoir d'achat. Sur 100 euros de consommation alimentaire en 2010, seuls 8 euros rémunèrent l'agriculture et 39 euros le commerce et les services."