Air France constate un impact des attentats sur les réservations de vols

Par Fabrice Gliszczynski  |   |  530  mots
(Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)
Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France-KLM constate une certaine réticence à venir à Paris. Les annulations de réservations sont supérieures aux nouvelles réservations.

Les attentats du 13 novembre, le risque de nouveaux actes de terrorisme dans l'Hexagone, et la médiatisation à l'international qui en est faite ont des conséquences sur Air France sans qu'il soit possible aujourd'hui de le quantifier. La compagnie travaille sur des actions commerciales pour atténuer l'impact.

Plus d'annulations que de réservations

Interrogé ce jeudi par la chaîne de télévision américaine CNBC, Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France KLM, a en effet déclaré qu'il constatait "une certaine réticence à venir à Paris". Les annulations de réservations seraient supérieures aux prises de réservations.

"Evidemment, ce type d'événement absolument tragique a des conséquences (...) on sait qu'il y a des impacts et on sait qu'il y a des actions commerciales qui doivent être engagées, et nos commerciaux travaillent là-dessus", a par ailleurs indiqué un directeur d'Air France, précisant qu'il était "beaucoup trop tôt pour donner des indications".

Mardi, la directrice générale d'Easyjet, Carolyn McCall, avait évoqué sans fournir de chiffre une augmentation du nombre de personnes qui ne se sont pas présentées aux embarquements"vers et depuis la France". Norwegian Air Shuttle a également fait part d'une hausse des annulations pour Paris au cours du week-end, mais de manière marginale

Petit effet sur l'Asie

Selon des sources aéroportuaires, l'impact n'est pas visible. Pour autant, un "petit effet" commencerait à se faire sentir sur certains marchés asiatiques, selon une autre source à Air France. Air Berlin de son côté dit avoir observé une baisse claire des réservations en lien avec les attentats de vendredi et en Asie.

Rejoignant Carolyn McCall qui prédisait une "reprise rapide du nombre de voyages après une période de ralentissement", le PDG d'Air France-KLM s'est lui aussi déclaré confiant sur une reprise dans les semaines à venir.

Au moment des attentats à Paris en janvier dernier, l'activité avait fortement repris au bout de deux ou trois semaines.

"Le rebond est souvent très rapide, ce fut le cas en Espagne", explique un expert. "A condition qu'il n'y ait pas un autre attentat", précise-t-il.

Air France ne parle plus de plan de restructuration mais d'adaptation

Pour la direction, la situation conforte sa position de vouloir négocier des accords de productivité avec les syndicats.

"Les résultats d'Air France se sont certes améliorés, mais ils ne nous mettent pas à l'abri des soubresauts qui peuvent toucher l'aviation civile », explique le même directeur de la compagnie, qui ne parle plus d'un "plan de restructuration", mais "d'un plan d'adaptation".

Ce jeudi, lors d'un comité central d'entreprise (CCE) ordinaire, la direction a réitéré son objectif d'atteindre d'ici à 2017 un bénéfice d'exploitation à 740 millions d'euros pour pouvoir "investir davantage et financer 4 ou 5 avions supplémentaires". L'an prochain, Air France va néanmoins investir 1 milliard d'euros.

"Il nous manque toujours 300 à 400 millions d'euros", explique la même source, précisant qu'Air France avait dégagé 349 millions d'euros de résultat d'exploitation au cours des neuf premiers mois de l'année.

La compagnie espère toujours pouvoir négocier d'ici à février des accords avec les syndicats.