Are you UBERing ?

Par Thibault Danjou, à Singapour  |   |  653  mots
A San Francisco, Uber est chez lui. Et bien loin des discussions, en Europe ou ailleurs, pour savoir si son service est une bonne innovation ou pas. (Crédits : REUTERS/Robert Galbraith)
Ici, Uber a gagné la partie. Ici, c'est la Silicon Valley, en Californie, le berceau natal de ce symbole de la disruption économico-sociale. Voyage autour d'une baie (San Francisco) où semble déferler la plus belle vague entrepreneuriale et technologique quoi soit. Thibault Danjou, chroniqueur de La Tribune des Expats, basé à SIngapour, a passé une semaine dans la Silicon Valley, pour la Startup Conference 2015. Il en est revenu ébloui.

C'est par cette question, posée par les personnes chargées, à l'aéroport de San-Francisco, de gérer les files d'attente et d'assister les personnes qui attendent soit un taxi soit une voiture Uber, que l'on réalise qu'ici Uber est chez lui (son siège social est à San-Francisco) et que l'on est bien loin des discussions, en Europe ou ailleurs, pour savoir si Uber est une bonne innovation ou pas.

A San-Francisco et dans la Silicon Valley, l'innovation est partout. L'interaction entre les universitaires, les ingénieurs, les incubateurs de startup, les entrepreneurs et les investisseurs fonctionne parfaitement. L'état d'esprit qui domine est qu'il faut créer des produits et des services pour changer le monde et améliorer la vie du plus grand nombre.

L'optimisme règne et, lorsque l'on parle de croissance, on y ajoute le mot « exponantial ». Une université a même été créée -« Singularity University »- pour éduquer et inspirer  les personnes qui veulent utiliser les  « exponantial technologies »  pour résoudre les plus grands challenges de l'humanité.

Les investisseurs conquis

Une star de la « Valley » est Elon Musk, le fondateur de TESLA mais aussi de SPACE X. Un véritable Jules Verne des temps modernes. Chez TESLA, on parle beaucoup de « pilotage automatique »,  comme chez Google avec la Google Car. Ce que l'on réalise, c'est que conduire sa voiture sera bientôt quelque chose de dépassé. Imaginons Paris, quand toutes les voitures seront électriques et sans chauffeur. Plus de pollution dans l'air, plus de bouchons, plus de bruit.

Cette capacité de San-Francisco et de la Silicon Valley à inventer l'avenir attire beaucoup d'investisseurs, du monde entier, et génère des valorisations que certains experts jugent excessives, comme UBER qui vaut aujourd'hui plus de 50 milliards d'USD alors qu'il n'y a pas si longtemps ce n'était qu'une petite startup chez Rocket Space, un incubateur au centre de San-Francisco. Ce qui n'empêche pas les meilleurs de l'université de Harvard ou de Stanford de préférer travailler pour les fonds de « Venture Capital » au lieu d'aller chez Goldman Sachs ou autres grands noms de Wall-Street. 

Si le « billion USD » est l'unité de compte la plus courante, dans la Silicon Valley » que font les milliardaires avec tout cet argent ? Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, investit dans ALT, des écoles pour jeunes enfants.

L'idée des visionnaires de la Silicon Valley est de « disrupted » toutes les industries traditionnelles comme on commence à le voir dans l'automobile, l'éducation ou la sante. On comprend donc mieux que l'avenir économique, social et politique des pays qui résistent à adopter les « exponantial technologies » est plus que problématique.

On estime à 60.000 la communauté française de San-Francisco et de la Silicon Valley. Les ingénieurs français sont très recherchés. Certains deviennent « co-founders » d'une startup et ensuite « angel investor » si leur entreprise fait une « exit » réussie.

Bienvenue dans le futur

Faut-il forcement émigrer dans la Silicon Valley pour surfer sur cette vague entrepreneuriale et technologique ? C'est toujours mieux d'y être ou au moins d'y séjourner régulièrement car l'écosystème est unique. Où, ailleurs dans le monde, peut-on, en participant à un simple BBQ, lever des fonds pour financer sa startup et trouver son « co-founder » ? Il y a également la possibilité de rejoindre des incubateurs comme « Plug and Play », « Rocket Space » ou « 500 startup » pour citer les plus connus.

En dehors de la Silicon Valley, il y a de nombreuses initiatives pour incuber sa startup. A titre d'exemple, le Founder Institute, basé à Palo Alto, a un programme de « mentoring » de 4 mois, organisé dans le monde entier, qui permet à n'importe quel candidat à l'entrepreneuriat dans les « exponantial technologies » de tester son idée dans l'esprit et avec les méthodes de la « Silicon Valley ». Bienvenue dans le monde des « exponantial technologies » pour changer le monde et améliorer la vie du plus grand nombre ! Bienvenue dans le futur !