Le Japon, une mine d'opportunités pour les entrepreneurs français

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Le Japon manque cruellement d'entrepreneurs car les japonais préfèrent aller travailler comme salarié dans des entreprises bien établies.
Le Japon manque cruellement d'entrepreneurs car les japonais préfèrent aller travailler comme salarié dans des entreprises bien établies. (Crédits : reuters.com)
Le Japon manque d'entrepreneurs. Une formidable opportunité pour les Français - et les autres - qui souhaitent s'y installer. Le challenge ? Recruter.

Le Japon, terre d'aventure pour des français qui veulent monter leur entreprise, ce n'est pas forcement la destination à laquelle on pense en premier. Et pourtant certains le font et montent de zero des entreprises avec un potentiel de développement parfois impressionnant. Connu mondialement, particulièrement pour ses macarons, Pierre Hermé, avait commence sa carrière d'entrepreneur en ouvrant sa première boutique a Tokyo.

La possibilité techno

Si notre gastronomie a permis de nombreux succès entrepreneuriaux français au Japon, aujourd'hui nos entrepreneurs tricolores percent également dans des secteurs comme le Big Data ou le e-commerce.

Prenons le cas de Sébastien Beal, 29 ans, un brillant ingénieur diplômé de l'École Normale Supérieure de Cachan et de l'Institut des télécommunications de Paris. Envoyé au Japon par un groupe télécom français, après 3 années, il décide de se lancer dans l'aventure entrepreneuriale avec deux de ses collègues. Ils créent Locarise, une startup dans le "big data" , principalement au service des magasins, centres commerciaux, gares... Depuis l'équipe a  grandie et a été admise dans le plus prestigieux incubateur de startup du Japon, l'Open Network Lab. Parmi les 3 fondateurs, un seul parle japonais couramment mais cela ne les empêche pas d'avancer et depuis Tokyo de se préparer pour aller à la conquête des marchés mondiaux dont la France ou ils décrochent déjà des contrats.

Une chance pour les entrepreneurs étrangers

Thomas Bertrand, 34 ans, après des etudes a l'université a Kyoto il decide de rester et de faire le grand saut entrepreneurial avec juste 50,000 Yens (360 Euros) en poche.  Il monte "Bento and Co" et vend, en ligne, des boites a bentos dans le monde entier.  Sa boutique, de 50 m2, dans le centre de Kyoto, est toujours pleine, de touristes japonais et étrangers. A l'étage au dessus de la boutique les commandes en ligne sont préparées et les petits colis de boites a bento s'envolent quotidiennement vers l'Europe, l' Amérique du Nord, Singapour.... Au dernier étage, 3 jeunes français, derriere des écrans, gèrent le site de vente en ligne ainsi que les flux de commandes. Un succès qui fait de lui la coqueluche des médias japonais car ils ne s'attendaient pas de voir un entrepreneur français réussir dans un domaine aussi traditionnel que la boite à bento.

Le Japon manque cruellement d'entrepreneurs car les japonais préfèrent aller travailler comme salarié dans des entreprises bien établies. D'une certaine manière, c'est une chance, pour les entrepreneurs venus de l'étranger, car il y a moins de concurrence localement. Cependant, s'adapter à la culture des affaires et embaucher des japonais, dans un contexte ou le chômage est très faible, peut se révéler un challenge. Un challenge qui n'est pas insurmontable et qui peut se révéler payant car le Japon est encore la troisième économie mondiale.

Thibault Danjou est un entrepreneur francais opérant en Asie (Japon et Singapour) depuis 1993. Il est diplômé d'une Maîtrise de gestion de l'Université Paris-Dauphine et d'un MBA de l'Université de Chicago.

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Commentaires
a écrit le 19/09/2014 à 18:16 :
J'y ai vécu à la fin des années 90. Alors certes, le japon a certainement changé depuis.
Les japonais avaient à l'époque du mal à faire confiance aux produits étrangers et d'ailleurs il faut bien l'admettre, les standards de qualité made in japan étaient et restent toujours au-dessus des standards occidentaux. Après la culture japonaise étant ce qu'elle est, la communication avec les occidentaux et avec les etrangers en général est toujours assez difficile ( malentendus nombreux ) surtout si on considèrent la très faible immigration là bas. Donc dans un contexte d'économie stagnante et en déclin relatif, j'ai des doutes sur le fait que le japon soit une mine d'opportunités.
a écrit le 18/09/2014 à 5:45 :
Cela fait 12 ans que j'habite et travaille à Tokyo et les cas évoqués sont vraiment des exceptions à l'instar de ce français vendant des bonzaï à Shikoku! Tout comme Enzo, je crois que nous n'avons pas la même conception de "mine d'opportunités." Il est plus simple de créer une entreprise individuelle certes mais l'ouverture reste vraiment minime. Je compte sur une seule main ceux qui ont réussi à vivre de leur activité et à quel prix! La CCI de Tokyo a sûrement des chiffres collant à la réalité.
a écrit le 17/09/2014 à 13:54 :
On dit cela depuis des années et des années, j'y étais en 2011 et il n'y en était rien. Trop d'efforts pour à la fin rester dans un cercle avec une ouverture limitée à tous les segments de la société nippone. Une mine d'opportunités... est-ce que M. Danjou a-t-il déjà été sur place ? j'aimerais le savoir.
Réponse de le 18/09/2014 à 2:33 :
M. Danjou a vecu assez longtemps au Japon pour en connaitre le pays (il me semble marie à une japonaise). Je suis, moi, au Japon de puis 14, et je confirme que la pays s' ouvre. Il est bien plus simple de créer une société ici que chez nous. Les étrangers sont pris au sérieux quand ils démarchent une société nippone
a écrit le 17/09/2014 à 12:42 :
Déjà il faut se tartiner l'étude du japonais...soit 10 ans de formation linguiste pour atteindre le niveau A2 du cecrl.
Réponse de le 20/09/2014 à 17:50 :
Quel pessimisme ! Évitez de raconter n'importe quoi, certains lecteurs pourraient vous croire.

Quand on part perdant, on n'arrive jamais nulle part, vous savez.
a écrit le 17/09/2014 à 12:27 :
L'article est intéressant, mais le correcteur orthographique, il était en option ?

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