L'héritier de l'empire Samsung condamné à 5 ans de prison pour corruption

Par latribune.fr  |   |  479  mots
L'héritier de l'empire Samsung, à la tête de facto de l'un des plus puissants conglomérats asiatiques, a été arrêté le 17 février et était jugé pour des faits de corruption et de détournement de fonds dans le cadre d'un vaste scandale qui a ébranlé le pays.
En détention provisoire depuis sept mois, Jay Y. Lee était notamment accusé d'avoir promis 35 millions à une entreprise et des fondations créées par Choi Soon-sil, amie et confidente de la présidente déchue Park Geun-hye, en échange de l'appui de la caisse publique des retraites à un projet de fusion de deux filiales de Samsung en 2015.

Dénouement du feuilleton Samsung. Le vice-président de Samsung Electronics, Jay Y. Lee, a été condamné vendredi à cinq ans de prison par un tribunal coréen ans dans l'affaire de trafic d'influence autour de l'ancienne présidente Park Geun-hye, depuis destituée.

L'héritier de l'empire Samsung, à la tête de facto de l'un des plus puissants conglomérats asiatiques, a été arrêté le 17 février et était jugé pour des faits de corruption et de détournement de fonds dans le cadre d'un vaste scandale qui a ébranlé le pays. Les juges avaient requis 12 ans de prison à son encontre.

Réforme des chaebols

Jay Y. Lee, âgé de 49 ans, était notamment accusé d'avoir promis 43 milliards de wons (35 millions d'euros) à une entreprise et des fondations créées par Choi Soon-sil, amie et confidente de Park Geun-hye, en échange de l'appui de la caisse publique des retraites à un projet de fusion de deux filiales de Samsung en 2015. Il lui était aussi reproché le transfert non justifié d'actifs à l'étranger et le recel de gains illégaux. Jay Y. Lee, qui a nié toute malversation, est en détention depuis février. Quatre autres cadres dirigeants, également reconnus coupables, ont par ailleurs été condamnés à des peines allant jusqu'à quatre ans de prison.

Depuis le scandale, les voix se sont multipliées pour demander une réforme des chaebols, comme sont appelés les conglomérats familiaux sud-coréens. Samsung a démantelé son Bureau des stratégies d'avenir (BSA), petit groupe obscur de vétérans ne répondant qu'à la famille Lee, promettant de donner plus de pouvoir aux conseils d'administration.

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Bénéfices records

Le scandale a propagé une onde de choc dans ce conglomérat qui pèse une cinquième du PIB sud-coréen mais les analystes sont partagés sur l'impact de la sentence. Pour preuve, le vice-président de Samsung Electronics est en détention provisoire depuis plusieurs mois et cela n'a pas empêché le navire-amiral du groupe d'annoncer ces derniers mois des bénéficies spectaculaires grâce aux puces mémoire utilisées dans la fabrication des ordinateurs, des serveurs et des mobiles.

Geoffrey Cain, auteur d'un livre à paraître sur Samsung, relève que Samsung Electronics a ainsi pris depuis des décisions stratégiques. "Les chaebols sont habitués à avoir leur leader en prison, ils peuvent faire avec." Mais Chung Sun-Sup, directeur du site d'analyse chaebul.com., souligne que les décisions clé sont "souvent sanctionnées par le patriarche de la famille régnante". Avec l'héritier en prison, le processus décisionnel pourrait être ralenti.

L'action, qui s'est envolée ces derniers mois à la Bourse de Séoul, reculait vendredi dans les échanges de l'après-midi (-1,5,7%).

(Avec agences)