Grand ciel bleu pour l’autoconsommation d’électricité ?

Par Hugo Baudino  |   |  511  mots
Faire le choix de l'autoconsommation peut être un choix payant à long terme. (Crédits : © kalou1927 - Fotolia.com)
Dans une volonté de développer et inciter les particuliers et professionnels français à faire le choix de l’énergie renouvelable, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal vient d’instaurer un vrai cadre l’égal pour l’autoconsommation d’électricité.

Un grand pas en avant. L'ordonnance sur l'autoconsommation présentée par Ségolène Royal en conseil des ministres le 27 juillet 2016 a été publiée au Journal Officiel dans la foulée. Elle permet de définir le concept d'autoconsommation d'électricité et lui apporter un vrai cadre légal. Ainsi, l'autoconsommation est donc officiellement  "le fait pour un producteur, dit autoproducteur, de consommer lui-même toute ou partie de l'électricité produite par son installation". Si vous utilisez l'électricité fournie par les panneaux photovoltaïques installés dans votre jardin ou sur votre toit, vous êtes donc un autoproducteur.

Il est difficile d'être entièrement autonome électriquement parlant, l'énergie produite par les dispositifs installés chez les particuliers devant être stockée. Si vous ne disposez pas de système de stockage de l'électricité à votre domicile, le raccordement au réseau électrique public est donc indispensable. L'ordonnance apporte une nouveauté sur ce point car elle permet aux autoproducteurs de ne plus être obligés de conclure un accord commercial avec le gestionnaire du réseau (ERDF). Ainsi, ils peuvent consommer l'énergie nécessitée par leur logement et le surplus peut être "cédé à titre gratuit au gestionnaire du réseau public de distribution d'électricité".

Dans les faits, comme le rappelle Le Monde, 90 à 95 % des particuliers et professionnels dotés d'un système de ce type revendent ce qu'ils produisent à EDF tout en continuant à consommer l'électricité de manière classique, avec un raccordement au réseau public. La solution est pertinente car EDF est obligé d'acheter l'électricité produite à un tarif élevé grâce aux subventions de l'Etat.

Près de la moitié des Français prêts à tenter l'autoconsommation

La donne pourrait changer car désormais tous les voyants sont en train de passer au vert pour l'autoconsommation. Outre le nouveau cadre légal, les prix de rachat par EDF de l'énergie produite de cette façon ont tendance à baisser. En parallèle, des solutions pour stocker l'électricité chez soi se démocratisent. Par sa nouvelle offre Mon Soleil & Moi lancée début juin 2016, EDF ENR (filiale d'EDF) propose aux particuliers d'installer, pour 17.000 euros, un système complet d'auto consommation avec panneaux photovoltaïques et batteries, permettant aux particuliers et aux professionnels de ne plus dépendre du réseau classique.

Autre élément important à prendre en compte : les Français semblent mentalement disposés à se diriger vers l'autoconsommation. En effet, selon un sondage OpinionWay pour Enerplan (syndicat de l'énergie solaire) daté de mai 2016, 47% des personnes interrogées se déclaraient prêtes à investir dans une installation d'électricité solaire en autoconsommation, à des degrés différents (seulement 15% des sondés étaient prêts à passer à l'autonomie totale).

L'horizon s'éclaircit donc fortement pour l'autoconsommation en France, ce qui pourrait nous permettre de rattraper certains de nos camarades européens en avance sur la question. C'est le cas de l'Allemagne, qui a instauré une prime à l'auto consommation qui rémunère l'électricité consommée directement par l'autoproducteur.