Les présidents d'université sonnent l'alarme sur leur situation financière

Par latribune.fr  |   |  517  mots
Dans la cour de l'université de la Sorbonne à Paris.
Les présidents d'université français publient ce vendredi une motion dans laquelle ils demandent à l’État davantage de soutien financier. "A court terme, l'ensemble des universités françaises risque de ne plus pouvoir assurer les missions de service public que l’État leur a assignées", font-ils valoir.

Les présidents des universités françaises tirent la sonnette d'alarme : la situation budgétaire des établissements n'est plus tenable selon eux. "La situation financière des universités s'aggrave inexorablement d'année en année », regrettent-ils dans une motion publiée ce vendredi.

"Il y a urgence à agir"

Surtout la Conférence des présidents d'université (CPU) estime que la situation sera "bientôt intenable pour la majorité de (ses) établissements", et qu'"il y a urgence à agir". 

Pourquoi un tel problème de finances pour les amphis français ? Ceci est la "conséquence de l'absence de compensation par l'État de l'augmentation mécanique de la masse salariale des fonctionnaires: la liste des charges transférées non compensées est longue et finit par peser lourdement", tandis que "les nouvelles missions" et "les nouveaux objectifs" assignés "sont de plus en plus nombreux", considèrent les président d'universités.

Ils assurent que, depuis quelques temps, les efforts de restrictions budgétaires touchent leur limite : "Ces dernières années, les universités se sont engagées dans des politiques responsables de saine et bonne gestion", elles "ont réalisé les économies qui pouvaient être faites, ont procédé à des mutualisations de services et d'activités ; certaines d'entre elles, de plus en plus nombreuses, ont dû effectuer des prélèvements significatifs sur leurs fonds de roulement pour assurer leur fonctionnement courant" font valoir les auteurs du texte.

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Des postes gelés faute de moyens

Mais , écrivent-ils : "les solutions utilisées et les efforts consentis atteignent leurs limites (...)A court terme, l'ensemble des universités françaises risque de ne plus pouvoir assurer les missions de service public que l'État leur a assignées".

La masse salariale des 1.000 postes créés chaque année au cours du quinquennat correspond à peine à "l'augmentation mécanique des coûts de la masse salariale existante" (glissement vieillesse technicité ou GVT). Dans ce contexte, "des universités sont amenées à geler ces postes pour équilibrer leurs comptes", souligne la motion.

Sécuriser les masses salariales et compenser les transferts de charges

"Nous ne pouvons accepter que cette pression continue sur la situation financière des universités se traduise par une dégradation des conditions d'étude de nos étudiants", ajoute-t-elle. Les universités demandent à l'État de "sécuriser les masses salariales" et de "compenser les transferts de charges", y compris le coût de l'exonération des droits d'inscription pour les étudiants boursiers, et que "les objectifs et missions nouvelles soient financés intégralement".

De même, l'objectif de faire passer à 50% d'une classe d'âge les titulaires d'une licence correspond "à une augmentation de 20%" des effectifs en licence qui "ne pourra pas se faire à budget constant".

Cela fait des années que les présidents d'université sont mécontents du budget qui leur est alloué. Il se plaignaient d'ailleurs déjà sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2010, 2011.

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