Faute de moyens, les universités françaises se tournent vers la mutualisation

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Des discussions sont en cours avec la Caisse des dépôts afin de pouvoir financer des programmes de mutualisation d'outils et de services.

A une semaine de la présentation du budget 2012, les universités sont inquiètes. Malgré l'engagement présidentiel d'augmenter les moyens de l'enseignement supérieur et de la recherche de 9 milliards d'euros entre 2007 et 2012, et un gel des suppressions de postes pour 2011-2013, le passage à l'autonomie met les universités, qui doivent désormais gérer leur masse salariale, face à des contraintes budgétaires mal anticipées. Lors de sa conférence de presse de rentrée, ce mercredi, la conférence des présidents d'université (CPU) s'en est émue. "Les universités pourront-elles faire face à leurs dépenses d'investissements ?

Certaines sont contraintes de geler des postes et des projets de développement", constate Louis Vogel, président de la CPU. Certaines souffrent d'une pyramide des âges défavorable (ce que l'on appelle le "glissement vieillesse technicité") et doivent parfois supprimer des postes face à une masse salariale qui progresse. Rien que pour ces problèmes de pyramide des âges (la masse salariale est pus élevée si l'université doit rémunérer beaucoup d'enseignants-chercheurs ayant de l'ancienneté), il manque "entre 15 et 20 millions d'euros", estime Louis Vogel.  Quant au rattrapage prévu en matière de postes et de budget lors de la mise en place du système de financement à la performance en faveur des universités les moins bien dotées, "il est bloqué", dénonce Anne Fraïsse, vice-président de la CPU. Les ministres de l'Enseignement supérieur et du Budget se renverraient la balle. Selon les présidents d'université, Valérie Pécresse, qui était autrefois à l'Enseignement supérieur, argue auprès de Laurent Wauquiez que les universités disposent d'un fonds de roulement total de 1,5 milliard d'euros. Mais de leur côté, les recteurs ne veulent pas que les universités puisent dans leur fonds de roulement, véritable marge de sécurité qui équivaut à un voire deux mois de salaire...

Compétences élargies

Dans se contexte tendu, les universités réfléchissent à mutualiser certains outils (systèmes d'informations notamment) et services (formation des personnels en contrôle de gestion, laboratoires de recherche communs, achats...), à l'image de ce qui se fait déjà dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale. L'agence de mutualisation des universités et établissements (Amue) est en train d'élaborer un plan stratégique visant à élargir ses compétences. Il sera finalisé à la fin de l'année. "Le défi de l'autonomie ne pourra être relevé que si les universités ont les moyens techniques et de formation de ses personnels adéquats. Or l'Amue ne peut pas y faire face aujourd'hui. Elle est sousdimensionnée", insiste Louis Vogel. La CPU et l'Amue négocient donc avec l'Etat et la Caisse des Dépôts. Selon son directeur, Claude Ronceray, l'Amue, qui est un groupement d'intérêt public, pourrait créer une filiale dotée d'un capital destiné à lancer des programmes de mutualisation. Les besoins de préfinancement sont évalués entre 40 et 80 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 03/10/2012 à 15:11 :
quid sur le système mis en place par la loi LRU ?. Mon ami travaille à celle d'Evry Val d''Essonne nouveau président élu en décembre 2011 lequel ne pouvait pas voir en peinture l'ancien , conséquences : sans aucune réflexion, le nouveau efface tout et recommence : une xième réorganisation des services totalement inutile, (déjà réorganisé l'année avant pour être en conformité suite aux contraintes de l'autonomie, plus personne n'y comprend rien) ,....des cadres qui se retrouvent payés des fortunes à rien faire (ayant mis ses copains à la place voire des connaissances, certains ne viennent même plus à l'université, ils font du consulting en entreprise à droite à gauche, tout le monde s'en fiche), des projets laissés en jachère pourtant avec des dépenses déjà engagées, etc... c'est un laxisme inimaginable en termes financiers (même les congés ne sont pas gérés...)
Que fait l'Etat devant ce gaspillage ?
Ou est l'Etat dans sa mission de contrôle ?
lamentable

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