"La mutualisation est un levier d'aide aux universités"

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Le ministre de l'Enseignement supérieur assure que la recapitalisation de l'agence de mutualisation des universités sera bouclée d'ici à quelques semaines.
Le ministre de l'Enseignement supérieur assure que la recapitalisation de l'agence de mutualisation des universités sera bouclée d'ici à quelques semaines. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les moyens des universités progressent de 1,5% en 2012, un taux bien moindre que les années précédentes. La mutualisation paraît donc plus que jamais capitale. L'agence de mutualisation des universités va bénéficier à ce titre d'un refinancement.

Laurent Wauquiez ne compte pas changer son fusil d'épaule. Après le boycott lundi dernier de la séance du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche devant examiner la répartition des moyens 2012 des universités (La Tribune du 16 janvier 2012), un nouvelle réunion se tient aujourd'hui. Face aux critiques des syndicats et de certains présidents d'université, le ministre de l'Enseignement supérieur défend dans La Tribune ses choix budgétaires et ses chantiers prioritaires.

Après le boycott de la précédente séance, une nouvelle réunion se tient ce lundi sur la répartition des moyens des universités en 2012. Les syndicats et certains présidents d'université critiquent la faible progression des budgets. Que leur objectez-vous ?
Je rappelle que nous avons privilégié le fait d'ouvrir en amont le dialogue le plus large possible avec les universités et les écoles d'ingénieurs sur ce dossier technique. Deux choix très importants ont guidé cette démarche. Tout d'abord, nous avons maintenu une progression des moyens (+ 1,5% pour les universités et + 1,4% pour les écoles d'ingénieurs), ce dont peu de domaines de l'Etat peuvent se targuer, y compris pour les universités qui ont vu leurs effectifs étudiants baisser. L'enveloppe progresse au total de 147 millions d'euros. Sur le quinquennat, les moyens de fonctionnement auront en tout progressé de 25% pour les universités et de 15% pour les écoles d'ingénieurs, soit deux fois plus qu'au cours des 10 dernières années. Ensuite, nous avons privilégié des choix objectifs de justice et d'équité en compensant pour les universités l'exonération des droits d'inscription des étudiants boursiers, et dégageant 8 millions d'euros supplémentaires pour une vingtaine d'établissements sous-dotés et dont les effectifs progressent, soit une hausse de 3,5% à 6%. Ce alors que nos voisins européens tels l'Espagne, l'Italie ou la Grande-Bretagne réduisent parfois les budgets des universités de 10 %. S'il a fallu se battre, le maximum a été fait, grâce au soutien de la ministre du Budget Valérie Pécresse, dans un cadre contraint. Certains présidents d'université, tels ceux de Saint-Etienne, Clermont 1 ou Paris 13 ont d'ailleurs salué cet effort.
Par ailleurs, je tiens à préciser qu'il est essentiel que tout le monde concoure au financement de l'enseignement supérieur. A cet égard, je constate qu'alors que certaines régions participent à l'effort collectif, d'autres affichent un budget en baisse de 7 % à 42 % pour 2012. Or l'enseignement supérieur mérite un consensus républicain.

Nombre de présidents d'universités se plaignent de ne pas connaître les critères de répartition. Comment comptez-vous faire progresser le système de financement appelé "Sympa" ?
Tout modèle de ce type est une construction qu'il faut améliorer au fur et à mesure. Sympa comporte de fait des points de faiblesse par exemple en ce qui concerne la valorisation du coût par étudiant notamment dans le domaine des sciences humaines et sociales.. C'est un travail à conduire dans les semaines qui viennent, avec les établissements.

Certains présidents d'universités disent être obligés de geler des postes, faute de moyens. Le Snesup évoque le gel d'un millier de postes...
L'Etat finance 150.000 emplois, dont certains sont en train d'être remplacés et d'autres sont en vacance. Le taux de vacance était de 1,5 % avant le passage à l'autonomie. Par conséquent, un millier de postes est une proportion déjà inférieure à ce point de départ: les universités ont faits des recrutements!. Par ailleurs, nous finançons cette année 116 millions d'euros de dépenses en plus qui relèvent de décisions de l'Etat. Après il y a ce qui relève des décisions des présidents d'université.

Justement, vous devez aborder prochainement avec les écoles d'ingénieurs et les universités la question de la masse salariale. Quelles sont vos pistes de travail, alors que l'autonomie a mis à jour une évolution plus coûteuse pour certaines universités que pour d'autre ?
Il est clair que les universités ne doivent pas payer pour des décisions qui ne sont pas de leur fait. L'objectif de ce chantier est donc d'objectiver la masse salariale afin de distinguer ce qui relève de la décision propre des universités et ce qui n'en relève pas, comme la pyramide des âges. Nous allons donc monter un groupe de travail technique chargé, d'ici à un mois et demi, de mettre en place toute une série d'outils destinés à mesure l'impact des politiques de prime, d'avancement, d'emploi....

Les présidents d'université et vous-même comptez beaucoup sur la mutualisation pour aides les universités. En quoi cela consiste-t-il exactement ?C'est mon second chantier qui va s'appuyer sur l'agence de mutualisation des universités et établissements (Amue). Or l'Amue a besoin d'un refinancement, à hauteur de 20 à 30 millions d'euros. D'ici quelques semaines, nous devrions boucler sa recapitalisation avec la Caisse des dépôts. Cette mutualisation de certains outils (systèmes d'informations notamment) et services (contrôle de gestion, achats...) est un levier d'aide aux universités. Parallèlement, je viens de lancer un chantier de simplification administrative pour les enseignants et chercheurs pour alléger leurs charges en matière de délégation globale de gestion, d'achat ou d'accès aux marchés publics.

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Commentaires
a écrit le 24/01/2012 à 13:47 :
Privatisation, indépendance, collaboration avec les entreprises, fin du monologue marxiste, constituent la seule solution pour redonner un niveau correct aux universités françaises.
a écrit le 23/01/2012 à 9:18 :
Il est à regretter de devoir constater que les propostions de ce Ministre wauquier sont particulièrement approximatives, brouillones, sans réflexion de fond. Les résultat de ce ministre Wauquier à l'emploi ont débouché sur une progression sans précédent du chômage, dans son propre département la Haute Loire, la casse industrielle est exceptionnelle et dramatique. Donc il ne faut rien attendre deson passage aux université, un autre désastre ministériel sera mesuré après son passage.
Réponse de le 23/01/2012 à 10:16 :
Nous devons aussi constater que le ministre se désintéresse totalement des étudiants exploités par les chaînes de restaurations mal bouffre en leurs imposant des horaires anormalement décalés de travail par ailleurs très mal rémunérés ... plus grave, le Ministre Wauquier ne s'occupe pas des étudiantes poussées à se prostituer pour payer leurs études, ce scandal ne semble pas l'intéresser ...

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