Entreprises : quelles ont été les principales victimes de la crise ?

Par Fabien Piliu  |   |  552  mots
Seulement 0,7 % des entreprises françaises portent 85 % des investissements globaux.
Dans son ouvrage intitulé "Les entreprises en France" édité dans la collection Insee Références, l'Institut dresse un tableau peu amène de la situation des 3,3 millions d'entreprises tricolores. Les plus petites sont celles qui ont le plus souffert, sans surprise.

La crise... et ses ravages. Dans son ouvrage intitulé "Les entreprises en France" édité dans la collection Insee Références, l'Institut détaille avec précision la situation des 3,3 millions d'entreprises françaises. En 2012, trois ans après la plus grave crise connue par l'économie tricolore depuis 1945, celle-ci était particulièrement délicate. A cette date, les entreprises privées affichaient un chiffre d'affaires hors taxe global de 3.700 milliards d'euros et une valeur ajoutée de 980 milliards d'euros, soit 52 % de la valeur ajoutée de l'ensemble de l'économie française

Si la valeur ajoutée des entreprises des secteurs principalement marchands a augmenté de 0,5% en 2012, elle a reculé pour 40 % des entreprises de 250 salariés ou plus, 45 % des petites et moyennes entreprises (PME) et 55 % des très petites entreprises (TPE).

La rentabilité recule, l'investissement aussi

On le savait, la rentabilité des entreprises a également souffert. Le taux de marge a cédé 1,2% cette année-là pour tous les secteurs et toutes les tailles d'unités légales. Il s'élevait à 22,4% de l'excédent brut d'exploitation pour les entreprises employeuses. " Cette baisse est un peu plus marquée pour les TPE [- 2,0 points pour les TPE employeuses] que pour les PME et les entreprises de 250 salariés ou plus [avec des reculs respectifs de 1,5 et 2 points]. Sur le champ des TPE employeuses, tous les secteurs sont touchés par ces baisses, les transports un peu moins que les autres et l'immobilier et la construction davantage ", détaille l'Insee.

Sans surprise, dans ce contexte, l'investissement global recule. Seules les entreprises de 250 salariés ou plus maintiennent leur taux d'investissement en 2012. L'investissement reste déterminé par une très petite minorité d'entreprises : 0,7 % d'entre elles portent 85 % du total même si plus d'un million, soit près d'une entreprise sur deux, investit.

Précisément, 23.300 entreprises ont réalisé un investissement individuel supérieur à 500.000 euros en 2012, soit au total 157 milliards, ce qui représente 85 % de l'investissement total. Au sein de ces 23.300 unités légales investissant plus de 500 000 euros, celles appartenant à des multinationales sous contrôle français réalisent la moitié de l'investissement, celles appartenant à des groupes sous contrôle français installées uniquement en France ou à des entreprises françaises indépendantes en réalisent 35 % et celles relevant de multinationales sous contrôle étranger 15 %.

Qui exporte le plus ? Les grands groupes

Si l'investissement privé est concentré, l'export l'est encore davantage constate l'Insee. En effet, seules 0,09 % des unités sont responsables à la fois de 70 % des exportations et de 30 % de l'investissement

Les deux tiers des unités légales réalisant un chiffre d'affaires à l'export supérieur à 1 million d'euros appartiennent à un groupe, autant à une multinationale sous contrôle étranger qu'à une multinationale sous contrôle français (respectivement 5.500 et 5.400) et à peine moins (4.800) à un groupe franco-français. " Les multinationales cumulent 88 % de ces exports, soit un montant de 325 milliards pour celles sous contrôle français et 186 milliards pour celles sous contrôle étranger. Les indépendantes françaises sont les plus nombreuses (8.200), mais ne réalisent que 36 milliards d'euros d'export, soit un montant proche de celui des groupes franco-français et 9 fois moins que les multinationales sous pavillon français " explique l'Insee, rappelant que l'industrie, avec 334 milliards de biens exportés et le commerce (131 milliards) représentaient 80 % des exportations de ces plus grosses exportatrices.