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JO PARIS 2024, quelles retombées économiques ?

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 07 octobre 2017 à 08:20 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:51

Arc de Triompe Jeux Olympiques 2024

Arc de Triompe Jeux Olympiques 2024

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le 13 septembre, à Lima, lors de la 130e session du Comité international olympique (CIO), Paris a été désignée ville hôte des Jeux olympiques d'été de 2024. Les enjeux sont énormes pour l'image de la France à l'international. Les JO peuvent-ils être un accélérateur pour la croissance et l'emploi ?

Depuis le 13 septembre, c'est désormais officiel. En 2024, cent ans après son dernier passage dans la capitale, la flamme olympique reviendra à Paris. Après avoir échoué face à Barcelone en 1992, face à Pékin en 2008 et face à Londres en 2012, Paris accueillera à nouveau les Jeux olympiques d'été. La compétition a été rude. Nombreux étaient les prétendants. Mais après les désistements de Boston en juillet 2015, de Hambourg en novembre de la même année, de Rome en octobre 2016 puis de Budapest en février 2017 - la plupart du temps sous la pression de l'opinion publique inquiète des sommes en jeu -, seule Los Angeles était encore en course.

Face à la mégalopole californienne, Paris a su tenter crânement sa chance, mettant à profit ses points forts - nous y reviendrons - et en conservant la même ligne de conduite : tout miser sur 2024 et laisser le monde sportif diriger le projet, ce qui a permis à la sphère politique de jouer l'union sacrée. Los Angeles était une concurrente sérieuse. Sa stratégie de communication lors des oraux organisés par le CIO à Doha, Aarhus ou Lausanne était bien réglée. Mais elle n'a pas suffi à masquer les lacunes du projet. Citons l'éclatement géographique des sites de compétition et les défauts criants des infrastructures de transport.

Los Angeles n'a pas tout perdu. Elle a obtenu du CIO l'assurance d'accueillir les Jeux dans onze ans, l'institution internationale ayant décidé en cours de route de procéder à une double attribution des Jeux en 2024 et en 2028, par crainte de manquer de candidats au cours des prochaines années. Le 13 septembre, à Lima au Pérou, lors de la 130e session du CIO, ses membres n'ont pas voté pour désigner un vainqueur, mais simplement pour valider l'accord tripartite entre l'organisation et les deux villes.

Paris est prêt, ou presque

Quels sont les atouts qui ont permis à Paris d'emporter 2024 ? Une étude réalisée par Bureau Veritas en a dressé la liste. Dans le domaine des équipements, Paris est déjà prête, ou presque, avant que les Jeux aient commencé. En effet, comme le martèle le comité de candidature, 95 % des équipements prévus pour les Jeux de 2024 sont déjà construits. Concrètement, il manque surtout un centre aquatique et le village olympique, qui sera ensuite transformé en logements, sur la commune de L'Île-Saint-Denis.

La France étant la première destination touristique mondiale, l'accueil des spectateurs et des touristes est également garanti. Selon Bureau Veritas, la France peut héberger plus d'1 million de touristes simultanément dans ses hôtels, dans 470.000 chambres. « Un tiers des 155.000 chambres d'Île-de-France seront réservées pour les JO », précise l'étude qui rappelle que 60% des hôtels français sont classés de 3 à 5 étoiles.

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La qualité des réseaux de transports est également mise en avant. Le lancement du Grand Paris Express, « l'un des plus grands chantiers au monde » selon le cabinet, avec ses 68 nouvelles gares et ses 200 kilomètres de nouvelles lignes de métro, permettra d'ici quinze ans de diviser par deux le temps de parcours entre les aéroports de Roissy et Orly. Ces infrastructures permettent de renforcer la compacité des sites, la plupart des compétitions étant organisées dans un rayon de 10 kilomètres.

Enfin, Bureau Veritas souligne la capacité du pays à organiser de grands événements. « La France a reçu 55 compétitions internationales en vingt ans dans quasi tous les sports olympiques. La France a déjà organisé 10 des 12 événements sportifs les plus populaires au monde : JO d'été et d'hiver, Mondial de football, F1... Il ne lui manque que le Superbowl et le mondial de cricket », souligne l'étude, rappelant que la France accueillera aussi en 2018 la Ryder Cup, l'épreuve de golf qui oppose les États-Unis et l'Europe. Paris vient également de remporter l'organisation des championnats d'Europe d'athlétisme en 2020 ; elle est candidate pour la coupe du monde de rugby en 2023 et pour l'Exposition universelle en 2025.

La fin de la gabegie

Parce que Paris est presque prête, elle peut espérer limiter les dégâts financiers. Ce point est important. En effet, la plupart des dernières éditions ont été des gouffres. Ce fut le cas de celle d'Athènes en 2000, de Pékin en 2008, de Londres en 2012, de Sotchi en 2014 et de Rio de Janeiro en 2016. Le coût des prochains Jeux, prévus à Tokyo en 2020, a d'ores et déjà été multiplié par quatre par rapport aux premières estimations. On comprend pourquoi le CIO peine à trouver des villes candidates... En octobre 2016, si Rome a décidé de jeter l'éponge, c'est parce que Virginia Raggi, la nouvelle maire de la cité, élue quatre mois plus tôt, avait décidé de ne pas « hypothéquer l'avenir de [sa] ville ».

A priori, le financement est bouclé et les dépenses seront maîtrisées. Précisément, l'enveloppe globale s'élèvera à environ 6,6 milliards d'euros. Un budget organisation de 3,6 milliards d'euros, dit « budget Cojo [Comité d'organisation des JO, ndlr] », permettra de « livrer » les Jeux. Il ne sera pas abondé par de l'argent public mais par les revenus provenant notamment du CIO (1,15 milliard d'euros plus 350 millions d'euros pour la production), de la billetterie (1,1 milliard d'euros) et du programme marketing (1 milliard d'euros). Ce budget doit permettre de financer l'hébergement et la restauration des athlètes ainsi que les sites de compétitions provisoires qui seront démontés après les Jeux.

Quant au budget hors Cojo, qui sert à construire tout ce qui restera après les Jeux, il est estimé à 3 milliards d'euros.

Une moitié provient de fonds privés, l'autre d'investissements publics, dont 1 milliard d'euros sera versé par l'État. Le village olympique, dont le coût est estimé à 1,2 milliard d'euros et qui deviendra un écoquartier après l'événement, sera financé grâce à ce budget. Ce sera également le cas du centre nautique (108 millions d'euros), de la construction de passerelles en SeineSaint-Denis, de l'aménagement d'échangeur sur l'A86 à Saint-Denis et de l'enfouissement de lignes à haute tension.

Largement mis en avant par le Comité Paris 2024, cet argument a, semble-t-il, convaincu les Français, même si les opposants au projet ont fait entendre leur voix0 lors de la campagne. Ainsi, un sondage réalisé par Odoxa pour RTL dévoilé en juin indiquait que 75 % des Français soutiennent la candidature parisienne. Chez les jeunes de 15 à 25 ans, le pourcentage grimpe à 82 %. Il reste maintenant à savoir si les promesses faites lors de la campagne seront tenues. Au Comité, des précautions ont été prises. Paris dispose d'une provision de 350 millions d'euros pour répondre aux imprévus.

Quel impact économique ?

Selon une étude publiée en juin 2016 par le Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges, l'impact des Jeux à Paris pourrait être de l'ordre de 5,3 à 10,7 milliards d'euros sur la capitale et la région francilienne. Comparé au PIB français, cela reste donc mesuré.

En revanche, dans le domaine de l'emploi, compte tenu du niveau actuel du marché du travail, l'effet JO semble plus prometteur. La fourchette haute du CDES estime le nombre de créations d'emplois grâce aux JO à près de 250.000 en Île-de-France et dans une moindre mesure en province - où seront organisés une partie des matchs de football - et en particulier à Marseille, où se dérouleront les épreuves de voile. Ce serait une jolie médaille d'or.

En remportant l'organisation des Jeux, Paris, et la France, pourraient bien en décrocher une autre, dans une autre compétition non homologuée par le CIO : l'attractivité. Engagée dans une lutte féroce pour attirer les investissements directs étrangers (IDE), la France est face à des concurrents sérieux. Ce n'est pas un sujet économique anodin : une personne sur huit appartenant au secteur marchand travaille pour un groupe étranger installé en France.

En ligne avec les dernières statistiques de Business France, le Baromètre de l'attractivité d'EY publié en mai témoigne à la fois de la capacité de la France à aimanter les investissements étrangers. Selon EY, bien que le nombre de projets d'investissement ait progressé de 30 % entre 2015 et 2016 pour s'élever à 779, la France se maintient au troisième rang européen, loin derrière l'Allemagne (1.063 projets, en hausse de 12% sur la période) et surtout le Royaume Uni (1144, +7%).

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Plus globalement, cette victoire de Paris est une formidable vitrine pour la France et son économie. François Hollande, qui a soutenu le projet dès 2012 lors de son déplacement au Club France pendant les Jeux de Londres, l'avait bien compris. Emmanuel Macron également. En accueillant les Jeux, tout en battant Los Angeles, Paris et la France frappent un grand coup. Cette victoire peut-elle gonfler la confiance des Français, stimuler l'activité et mettre fin au french bashing ? Le président de la République l'espère. En mai, à peine élu, il a bousculé son emploi du temps pour accueillir à l'Élysée les inspecteurs du CIO qui venaient étudier le projet parisien. Il était également présent à Lausanne, lors du dernier oral des finalistes devant le CIO. Il devait être à Lima si le vote avait dû être décisif. Il n'a pas eu besoin de se déplacer.

Fabien Piliu

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