Le futur de l'Afghanistan est dans son sous-sol

Par latribune.fr  |   |  448  mots
C'est le New York Times qui l'affirme : l'Afghanistan pourrait receler 821,35 milliards d'euros de gisements de minerai inexploités, dont du lithium, très demandé par l'industrie électronique. Cette nouvelle pourrait augmenter l'intérêt de ce pays ravagé par des décennies de guerre.

L'Afghanistan pourrait  devenir le principal centre minier mondial. Ce pays recèlerait 1.000 milliards de dollars (821,35 milliards d'euros) de gisements de minerai inexploités, dont du lithium, très demandé par l'industrie électronique, rapporte le New York Times sur son site internet.

Ces gisements jusqu'à présent inconnus, qui comprennent également du fer, du cuivre, du cobalt et de l'or, sont si vastes qu'ils pourraient faire de ce pays très pauvre un le plus riche en ressources minières, indique le journal, qui cite des responsables américains.

Ces richesses, découvertes par une équipe de responsables du Pentagone et de géologues américains, sont réparties dans l'ensemble du pays, y compris dans le Sud et l'Est, le long de la frontière pakistanaise, là où l'insurrection des talibans est la plus forte.

"Il y a là un potentiel incroyable. Il y a beaucoup de 'si', évidemment, mais je pense que le potentiel est incroyablement important", a déclaré ce week-end le général David Petraeus, chef du commandement central américain, cité par le New York Times.

Dans une note interne, le Pentagone estime que l'Afghanistan pourrait devenir "l'Arabie saoudite du lithium", indique le journal. Ce métal est très utilisé dans la fabrication de batteries d'ordinateurs et téléphones portables. L'Afghanistan ne disposant pas d'industrie ou d'infrastructures minières, il faudrait des décennies pour que le pays puisse exploiter pleinement ces ressources, estiment les responsables américains.

Compétition internationale

Cette nouvelle pourrait intensifier la compétition entre les puissances régionales, telles que la Chine et l'Inde, voire la Russie, pour jouer un rôle plus important dans ce pays ravagé par la guerre.

Deux entreprises chinoises se sont engagées à investir quatre milliards de dollars dans la mine de cuivre d'Aynak, au sud de Kaboul, soit le plus important investissement étranger civil à ce jour dans le pays.

Un appel d'offres international est attendu cette année pour l'exploitation d'une mine contenant 1,8 milliard de tonnes de fer de haute qualité dans la région montagneuse isolée de Hajigak. Des entreprises indiennes et chinoises visent ce contrat, qui selon le ministère afghan des Mines ouvre les portes du plus grand gisement de fer inexploité de toute l'Asie.

Selon l'étude américaine, les plus grands dépôts découverts contiennent du fer et du cuivre, dans des quantités suffisantes pour faire de Kaboul un des principaux producteurs mondiaux. Parmi les autres découvertes, d'importants gisements de niobium, un métal utilisé pour produire de l'acier supraconducteur, et d'autres de minerais terreux rares ou d'or en grande quantité dans les régions pachtounes du sud de l'Afghanistan.